Aveyron | Par Eva DZ
Face aux enjeux croissants d’organisation du travail et de qualité de vie, le Service de Remplacement (SR 12), la FD CUMA, le Service Emploi et l’IRVA organisent trois réunions d’information afin d’apporter des réponses concrètes et collectives aux besoins de main-d’œuvre des agriculteurs.
Pour accompagner les éleveurs dans leurs réflexions sur le recrutement et la gestion du temps de travail, les partenaires du projet de coopération territoriale «Élevons Ensemble l’avenir du Ségala»* se mobilisent pour présenter un panorama complet des solutions existantes lors de trois rencontres locales ouvertes à tous (agriculteurs et futurs installés) :
- Sanvensa, vendredi 13 février (10h-12h), salle de réunion au-dessus de la salle des fêtes (place Roger Bedel, parking de l’école)
- Naucelle, jeudi 19 février (10h-12h), petite salle de réception, Vallon des sports.
- Rieupeyroux, jeudi 19 mars (10h-12h), Maison pour tous (salle vitrée).
Ces réunions ont pour vocation de rompre l’isolement des chefs d’exploitation face à ces problématiques en présentant des outils adaptés à chaque besoin (remplacement ponctuel, besoin régulier, partage de matériel avec chauffeur…) :
- Le Service de Remplacement pour faire face aux imprévus (accident, maladie) ou s’accorder du temps libre.
- Les Groupements d’Employeurs locaux ou départementaux, pour pérenniser un ou des emplois de salarié à plusieurs.
- Les solutions CUMA : l’emploi partagé lié à l’utilisation de matériel ou à un complément de main d’œuvre pour l’exploitation
- L’entraide : solutions de proximité et de solidarité entre voisins.
Chaque réunion fera la part belle aux témoignages d’éleveurs qui partageront leur quotidien avec ces solutions, expliquant les raisons de leur choix, les bénéfices sur leur organisation et les points de vigilance pour réussir son projet de main-d’œuvre. «Il suffit parfois de rencontrer d’autres éleveurs ayant les mêmes problématiques pour construire ensemble des solutions collectives durables», soulignent les organisateurs.
Porté par l’IRVA et la Chambre d’agriculture, ce projet fédérant une quinzaine de partenaires locaux ambitionne de redynamiser l’agriculture du Ségala en agissant sur le renouvellement des générations, la performance économique, l’amélioration de la qualité de vie des agriculteurs et la préservation des ressources naturelles.

L’exemple du Groupement d’employeurs
Philippe Cabrit est éleveur de Veau d’Aveyron et du Ségala à La Capelle Bleys. Au départ à la retraite de ses parents, avec lesquels il était associé en GAEC, la question de la main d’œuvre sur sa ferme s’est naturellement posée. «Au même moment, l’IRVA a organisé des réunions d’infos sur l’emploi et la main d’œuvre et j’ai participé à l’une d’entre elles. Là j’ai discuté avec d’autres éleveurs, de mon secteur et au-delà, qui avaient la même problématique que moi. Après cette journée, nous étions 4 agriculteurs à nous dire que ce serait dommage d’en rester là. C’est ainsi qu’est née l’idée de se regrouper pour créer un groupement d’employeurs et embaucher un salarié», raconte Philippe Cabrit.
Chacun a cherché dans son voisinage d’autres éleveurs potentiellement intéressés : «Au final, nous sommes partis à 8 éleveurs, tous en Veau d’Aveyron et du Ségala en nous disant que cette mono-production permettrait de trouver plus facilement un salarié ! Dans les faits, nous n’avons rencontré aucune difficulté de recrutement : notre premier salarié est resté un an avant de s’installer et le second, que nous avons trouvé grâce à une annonce dans la VP, est toujours là ! Ça fait bientôt 10 ans ! La spécialisation dans une production lui convient très bien, il connaît bien nos fermes et leur fonctionnement. Une relation de confiance s’est instaurée». D’ailleurs, au départ à la retraite de deux adhérents, les 6 éleveurs toujours engagés dans le GE ont réussi, par leurs besoins respectifs, à combler ces départs.
Cette bonne entente et la cohésion sont le secret de la longévité du groupe, selon Philippe Cabrit : «A la création du GE, l’Espace Emploi Service nous a accompagnés pour poser nos engagements par écrit, à savoir un minimum de 15 jours chacun par an (qui correspondaient au crédit d’impôt accordé) pour assurer le temps plein du salarié et une priorité en cas de coup dur (maladie ou accident) le temps que le remplacement se mette en place. Ainsi tout a été mis à plat dès le départ. Nous n’avons d’ailleurs jamais eu de souci, chacun a toujours tenu ses engagements et si l’un d’entre nous a des besoins plus importants à un moment, nous savons nous arranger». Le planning est réalisé à la quinzaine, un fonctionnement qui va bien à tous, salarié comme éleveurs.
Et il s’ajuste au besoin en échangeant par téléphone ou SMS. Côté administratif, le GE a délégué à l’Espace Emploi Service, la création de ses statuts, la rédaction du contrat de travail et aujourd’hui encore les fiches de paie et la gestion des congés du salarié : «La gestion quotidienne n’est franchement pas très lourde pour nous. Je transmets à chaque fin de mois, la fiche horaire remplie par le salarié et je m’occupe simplement de la refacturation à chaque adhérent selon une fiche type».
«La clé de la réussite, c’est d’avoir un groupe qui s’entend bien. Nous sommes tous différents et chacun doit faire en sorte que tout se passe bien avec le salarié. Ça fait 10 ans que ça dure et ça nous va bien !», conclut l’éleveur, qui, à titre personnel, s’engage à recevoir le salarié, 50 jours par an.
Recueillis par Eva DZ
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