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Par Agra

Lait de chèvre : l’OP livrant Triballat ne s’inquiète pas de la probable arrivée de Lactalis

Bien que la vente de Triballat à Lactalis ne soit pas actée – les deux parties étant en négociations exclusives depuis fin juillet –, les éleveurs de chèvres livrant à Triballat ne semblent pas inquiets de cette opération. Sylvain Boiron, président de l’OP Caprins Rians Centre (OPCRC), ne se dit « pas inquiet, pas affolé » de l’arrivée prévue de Lactalis en remplacement de la famille Triballat, estimant que le numéro un mondial du lait est doté d’une force commerciale à même de bien vendre les produits tout en disposant d’un large portefeuille de fromages AOP. Triballat est un acteur important des fromages de chèvre AOP en tant que producteur de selles-sur-cher, valençay, pouligny-saint-pierre et affineur de crottin de chavignol.

De son côté, la FNPL (éleveurs, FNSEA) « sera attentive à la place réservée aux éleveurs dans cette nouvelle étape et aux perspectives qui leur sont offertes », selon un post LinkedIn. « Cette opération doit préserver durablement les volumes collectés, les producteurs engagés avec Triballat dans les différentes zones ainsi que les conditions de valorisation de leur lait ». Pour rappel, Lactalis a annoncé en octobre 2025 une réduction de sa collecte de lait à l’échelle nationale de 450 millions de litres, soit 9 % de sa collecte nationale.


Par Agra

Lait : la concentration des centrales d’achat explique la vente de Triballat, selon son président

Hugues Triballat, président de la laiterie Triballat à Rians (Cher), s’est expliqué au sujet de l’entrée en négociations exclusives avec Lactalis annoncée le 23 juillet. Selon lui, il est très difficile de continuer à se développer lorsqu’on n’a « pas la taille suffisante pour rivaliser avec des centrales d’achats si peu nombreuses », soulignant que « quatre centrales d’achat achètent 80% de la crèmerie en France » dans une déclaration à Agra Presse.

« La grande distribution refuse parfois 1% de hausse que nous demandons, ou impose des baisses, ce qui affaiblit l’entreprise sur le long terme », selon lui. En intégrant le groupe Lactalis, Triballat va pouvoir bénéficier de la force de frappe d’un acteur de poids dans les négociations avec la distribution. Lactalis de son côté va compléter son portefeuille dans l’ultra-frais avec la marque Rians et dans les fromages AOP avec des produits tels que l’époisses, le crottin de chavignol et le selles-sur-cher. Triballat a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025, selon la société, en incluant ses filiales en Espagne et aux États-Unis, mais sans dévoiler sa rentabilité. Elle détient 17 sites industriels dont 14 en France, et emploie 1600 salariés.