Mot-clé : Russie

Par Agra

Phosphates : importations européennes de brut russe au plus haut depuis dix ans (presse)

Dans un article du média Feed Strategy du 27 octobre, le groupe de recyclage suédois Ragn-Sells estime que les importations de phosphate brut de l’UE en provenance de Russie ont atteint un plus haut depuis 2016. À partir du traitement des données de la Commission européenne, l’entreprise évalue leur valeur à 170 M€ entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 17 % sur un an. La Russie représenterait 38 % des importations totales, suivi du Maroc (137 M€) et de l’Afrique du Sud (48 M€). Ces chiffres restent préliminaires et sont amenés à évoluer, précise Ragn-Sells.

Pour rappel, le phosphore est utilisé dans les engrais minéraux et l’alimentation animale. L’Europe importe la quasi-totalité de ses besoins, ne disposant que d’une seule mine active en Finlande, couvrant moins de 10 % de la demande agricole. « Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, la valeur des importations européennes de phosphate brut russe a augmenté plutôt que diminué », a déclaré Pär Larshans, directeur du développement durable du groupe. Ragn-Sells estime que d’autres solutions existent, dont un procédé développé par ses soins : la récupération de phosphore à partir de cendres de boues d’épuration. Mais il est nécessaire d’assouplir les règles européennes, qui interdisent son usage dans l’alimentation animale, pour développer la technologie à grande échelle.


Par Agra

Mer Noire : Bruxelles accuse Moscou de compromettre la sécurité alimentaire mondiale

À l’occasion d’un débat le 20 octobre en séance plénière du Parlement européen, à Strasbourg, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a affirmé que l’intensification des attaques russes en mer Noire pourrait compromettre la sécurité alimentaire mondiale, alors que l’épisode de super El Nino, les sécheresses et le conflit au Moyen Orient perturbent déjà les marchés. « La Russie attaque les infrastructures agricoles ukrainiennes, les ports de la mer Noire et du Danube, les points de passage frontaliers, les installations d’exportation, les navires et les voies maritimes, tout en détruisant les capacités de stockage des céréales », indique-t-elle. La cheffe de la diplomatie de l’UE appelle donc à une réponse européenne forte qui passerait notamment par un renforcement des « voies de solidarité » et de la sécurité le long de la mer Noire et du Danube. Elle plaide également pour un meilleur partage d’informations en temps réel, ainsi que pour des « mécanismes de décision collective plus rapides lorsque surviennent des incidents graves ». Enfin, la voie diplomatique ne doit pas être oubliée, soulignant la tentative d’accord avec la Turquie, l’Inde et d’autres pays importateurs nets de denrées alimentaires afin de garantir la liberté de navigation en mer Noire.


Par Agra

Engrais : la Russie engage une procédure contre l’UE à l’OMC concernant le MACF

À la suite d’une nouvelle demande de la Russie, l’Organe de règlement des différends de l’OMC a décidé, lors de sa réunion du 25 septembre, « de constituer un groupe spécial » chargé d’examiner le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) en place depuis le début de l’année. Moscou affirme que ce dispositif crée des obstacles commerciaux importants pour les marchandises concernées (engrais, acier, aluminium, ciment, électricité, hydrogène). De plus, la Russie fait valoir que l’allocation de quotas à certaines entreprises par l’UE dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE) s’apparente à une subvention à l’exportation visant à renforcer la compétitivité des industriels européens.

L’UE prévient qu’elle communiquera uniquement avec le groupe spécial et non pas directement avec la Russie, soulignant que « tant que la Fédération de Russie mène sa guerre d’agression contre l’Ukraine, elle ne peut pas s’attendre à pouvoir invoquer les règles de l’OMC pour améliorer l’accès de ses exportations au marché de l’UE ». Et elle se dit de toute façon convaincue que le MACF et le SEQE sont conformes aux règles de l’OMC. Les colégislateurs européens sont par ailleurs en train de discuter de mesures de simplification du MACF qui prévoient une clause de sauvegarde permettant de suspendre celui-ci pour les engrais en cas d’envolée des prix. Mais le Parlement européen s’oppose à ce mécanisme.


Par Agra

Céréales : la Turquie propose un accord à Kiev et Moscou pour stopper les attaques en mer Noire

La Turquie, exaspérée par les frappes en mer Noire, a soumis un protocole d’accord à Kiev et à Moscou pour mettre fin aux attaques contre les navires de commerce, a affirmé le 17 septembre à l’AFP une source diplomatique turque. Selon cette dernière, le texte à l’étude s’inspire notamment de l’accord sur les céréales, conclu en juillet 2022 entre Moscou et Kiev sous l’égide de la Turquie et des Nations unies, mais qui n’a duré qu’un an. La Russie s’en était retirée, dénonçant les entraves au commerce de ses produits agricoles. Quelque 33 millions de tonnes de céréales avaient pu être exportées en un an.

Depuis, l’Ukraine exporte via un itinéraire de navigation qui longe les pays européens de la mer Noire, un trajet plus long mais loin des bâtiments de guerre russes. En vertu de ce mécanisme, les bateaux ukrainiens demeurent dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie avant de décharger les produits et de les acheminer vers l’Europe, a rappelé le diplomate turc. « Notre proposition s’inspire de ce dispositif. Nous voulons utiliser les eaux territoriales des États voisins, y compris de la Turquie, ainsi que de la Géorgie si elle disposée à y participer », a-t-il ajouté, assurant que les protagonistes étudiaient le dossier.


Par Agra

Céréales : l’Ukraine a attaqué le plus grand port céréalier de Russie

D’après un article de Reuters du 12 août repris dans plusieurs médias, le port de Novorossiysk, plus grand port d’exportation de grains de Russie, a subi une attaque ukrainienne. L’activité des deux plus grands terminaux céréaliers du site a même été suspendue, ont rapporté quatre sources industrielles anonymes à l’agence. Le premier terminal dispose d’une capacité d’export de 8,5 Mt/an, pendant que celle du second s’élève à 7,1 Mt. Des dégâts auraient été rapportés sur les deux sites, sans plus de précision. Les prix des céréales, particulièrement du blé tendre, au départ du port de Novorossiysk constituent la référence du marché physique mondial.

Les cours du blé tendre sur Euronext ont d’ailleurs progressé de 4 à 5 €/t sur la récolte 2026. Rappelons que l’Ukraine subit également, de son côté, d’importantes difficultés pour exporter ses grains, en raison des attaques russes. Les deux pays cherchent des routes alternatives à la mer Noire, qui restera de toute manière difficilement remplaçable. Illustration : dans son rapport mensuel paru hier soir, l’USDA a revu à la baisse les exportations de blé de ces deux pays pour 2026-2027. Les exportations russes sont attendues à 46 Mt, contre 47,5 Mt en juillet, et celles en provenance d’Ukraine à 13,5 Mt, contre 14,5 Mt le mois antérieur.


Par Agra

Engrais russes : le Conseil de l’UE valide formellement les droits de douane

Après l’aval du Parlement européen, le Conseil de l’UE a formellement entériné, le 12 juin, le règlement imposant de nouveaux droits de douane sur les produits agricoles restants et certains engrais en provenance de Russie et de Biélorussie. A présent, le texte va être publié au Journal officiel de l’UE et entrera en vigueur le 1er juillet. Bruxelles va donc imposer un droit ad valorem de 50 % pour les importations de produits agricoles non concernés par les mesures de 2024 à l’encontre des céréales, soit environ 15 % des importations agroalimentaires russes de 2023. Mais surtout, une augmentation progressive des droits de douane sur les engrais sera mise en place. Cette hausse débutera à 40 euros ou 45 euros par tonne (€/t), selon le type d’engrais, jusqu’à un droit additionnel prohibitif pouvant aller jusqu’à 315 € ou 430 €/t trois ans après le début de l’application des mesures. L’objectif de l’UE est de réduire sa dépendance à ces importations ainsi que les recettes d’exportation russes afin de limiter ses capacités à financer sa guerre d’agression contre l’Ukraine.


Par Agra

Guerre en Ukraine : Washington soutient les exigences agricoles russes en mer Noire

Dans un communiqué publié le 25 mars à l’issue de discussions bilatérales avec la Russie et l’Ukraine à Ryad (Arabie Saoudite), l’administration américaine du Président Donald Trump a annoncé avoir convenu avec ses homologues russes et ukrainiens « de garantir une navigation sûre, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires dans la mer Noire ». Dans cette perspective, Washington s’engage également à aider Moscou à rétablir son accès au marché mondial des exportations de produits agricoles et d’engrais. Rien de tel avec Kiev. L’assouplissement des restrictions sur ses exportations agricoles était une des conditions préalables de la Russie à un accord. Au cœur des discussions, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a notamment réclamé des « garanties claires » qui « peuvent être uniquement le résultat d’un ordre de Washington » au président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour arriver à un accord sur la navigation commerciale en mer Noire, selon l’AFP. En outre, le chef de la diplomatie russe aurait demandé que personne n’essaie « d’écarter » la Russie du marché mondial des engrais et des céréales, en référence aux sanctions occidentales.


Par La rédaction

Engrais russes : le Conseil de l’UE valide sa position sans amendement

Les représentants permanents des Etats membres de l’UE (Coreper II) ont validé, lors de leur réunion du 14 mars, la position du Conseil de l’UE concernant la mise en place de droits de douane pour les importations d’engrais azotés en provenance de Russie et du Belarus. Le mandat des Etats membres ne propose aucun amendement à la proposition initiale de Bruxelles. C’est à présent au Parlement européen de valider sa position (probablement en mai) avant que ne soient entamées des négociations interinstitutionnelles afin de parvenir à un compromis. La mise en place de droits de douane progressifs sur les engrais russes fait l’objet de controverses dans le secteur agricole, certains craignant des hausses massives de prix et un manque de disponibilités pour les agriculteurs. Mais, assure le ministre polonais du Développement et de la Technologie, Krzysztof Paszyk, dont le pays assure la présidence du Conseil de l’UE, « nous surveillerons attentivement la mise en œuvre de ces droits afin de garantir que l’industrie des engrais et les agriculteurs de l’UE soient protégés, tout en réduisant simultanément les dépendances de l’UE, en préservant la sécurité alimentaire mondiale et en affaiblissant davantage l’économie de guerre de la Russie ».

 

Source Agra


Par La rédaction

Céréales : blé et maïs ne profitent pas de la flambée des matières premières

Les cours du blé et du maïs piétinent des deux côtés de l’Atlantique, toujours pénalisés par une offre abondante, qui ne leur permet pas de bénéficier de l’essor d’autres matières premières (métaux et pétrole). Après avoir rebondi durant la seconde quinzaine de mars, «le marché hésite vraiment», a précisé Damien Vercambre, courtier pour le cabinet Inter-Courtage, à l’AFP le 10 avril. Il existe pourtant des «éléments» susceptibles de relancer les prix du blé, relève Gautier Le Molgat, p.-d.g. du cabinet de conseil Argus Media France, qui mentionne «un peu de stress en matière de sec en Russie, beaucoup d’eau en France, le doute concernant les perspectives de production en Inde». Malgré ces possibles risques, l’Ukraine et la Russie «continuent à exporter davantage que l’an dernier», nuance toutefois Rich Nelson, courtier agricole pour le cabinet Allendale. Pire, «tous les analystes sont en train de remonter leurs chiffres de production» de blé russe pour la prochaine campagne, souligne M. Vercambre. Le blé a également été affaibli par le rapport hebdomadaire sur la qualité des cultures aux États-Unis publié le 8 avril, selon lequel 56% des surfaces de blé sont en «bon» ou «excellent» état, contre seulement 27% au même stade en 2023. Quant au maïs, les volumes ukrainiens et brésiliens inondent le marché et sapent les cours européens et américains.