Mot-clé : NGT (Nouvelles Techniques Génomiques)

Par Actuagri

Innovation : création d’une tomate à l’arôme de pop-corn

Selon le site 24horas.cl*, des chercheurs internationaux ont récemment mis au point une lignée de tomate au parfum inédit de pop-corn grâce à la technologie d’édition génomique CRISPR/Cas9. Pour instaurer ce goût sans sacrifier la résistance et la fermeté, l’équipe a ciblé une molécule responsable de la note de pop-corn également présente dans le riz aromatique : la 2-acétyl-1-pyrroline (2-AP). En procédant à l’inactivation ciblée des gènes SlBADH1 et SlBADH2 chez la variété ‘Alisa Craig’, les scientifiques ont obtenu des lignées doubles dont la concentration en 2-AP est plus de quatre fois supérieure au témoin. Fait crucial pour la filière : cette modification n’altère aucun paramètre agronomique majeur. La précocité de floraison, le calibre, le poids des fruits, ainsi que les teneurs en sucre et en vitamine C restent inchangés. Les chercheurs ont ainsi montré qu’il est possible d’enrichir le profil sensoriel sans pénaliser la productivité. Cette avancée ouvre de nouvelles opportunités pour les segments premium et gastronomiques. L’étape suivante consiste à transférer ce caractère vers des semences et plants commerciaux pour évaluer sa stabilité à l’échelle productive. Il faudra aussi que le consommateur veuille bien acheter ce type de produit…

(*) www.24horas.cl/conciencia-24-7/ciencia/edicion-genetica-logra-tomate-aroma-palomitas


Par La rédaction

NGT : les Etats membres adoptent leur position

Après des mois de débats, les représentants des États membres de l’UE (Coreper) ont finalement convenu, le 14 mars, d’un mandat de négociation concernant les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT) ouvrant la voie aux discussions avec le Parlement européen. Les Vingt-sept ont donné leur feu vert, à la majorité qualifiée, au texte préparé ces dernières semaines par la présidence polonaise qui prévoit notamment d’autoriser l’octroi de brevets à ces plantes y compris celles de catégorie 1, c’est-à-dire considérées comme équivalentes à des variétés issues de la sélection conventionnelle. Les obtenteurs demandant une approbation seraient seulement tenus de divulguer tous les brevets connexes dont ils ont connaissance. Et un an après l’entrée en vigueur du règlement, la Commission européenne sera tenue de publier une étude sur l’impact des brevets sur l’innovation, la disponibilité des semences pour les agriculteurs et la compétitivité du secteur européen de la sélection végétale et si besoin proposera des mesures correctives. Les NGT de catégorie 2 (présentant des modifications plus importantes de leur génome ou des caractéristiques de résistance aux herbicides) seraient traitées comme des OGM classiques. Le Conseil précise également que, pour éviter la présence involontaire de plantes NGT-1 en agriculture biologique sur leur territoire, les États membres pourraient adopter des mesures, notamment dans les zones présentant des conditions géographiques spécifiques (îles par exemple). Le Parlement européen avait, de son côté, adopté sa position il y a un an. Il s’était prononcé pour imposer une traçabilité et un étiquetage tout au long de la chaîne alimentaire (y compris aux NGT-1) et pour interdire l’octroi de brevets à tous les NGT.

«Un accord historique». C’est ainsi que pour les semenciers européens (Euroseeds) décrivent le compromis trouvé le 14 mars entre les Etats membres de l’UE sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT). Même enthousiasme pour le think tank Farm Europe qui salue chaleureusement l’accord et appelle toutefois à rejeter les exigences d’étiquetage inutiles pour les NGT de catégorie NGT1 voulue par le Parlement européen. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) tout comme les jeunes agriculteurs européens (CEJA) se félicitent de l’annonce mais s’inquiètent des brevets qui pourront être accordés à tous les NGT. Les deux organisations agricoles demandent, en vue des négociations qui vont s’engager avec le Parlement européen, à interdire la brevetabilité des plantes NGT-1. Une inquiétude qui rejoint celles (beaucoup plus nombreuses) des ONG et du secteur bio. Les Amis de la Terre ainsi que TestBiotech dénoncent une vaste déréglementation qui exempte les NGT de toute exigence d’étiquetage, de contrôle de sécurité et de surveillance. IFOAM estime, pour sa part, que la position du Conseil ne donne pas au secteur du bio les moyens de se préserver des NGT. En refusant de mettre en place un système d’étiquetage complet les Etats membres font peser la charge de la preuve sur les opérateurs biologiques, déplore le lobby du secteur qui compte sur le Parlement européen pour redresser la barre.

Source Agra