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Par Agra

Maïs : le ministère table sur une production française 2026 au plus bas depuis « au moins 1980 »

Dans une note d’Agreste publiée le 7 août, le ministère de l’Agriculture projette la production française de maïs grain cette année à un niveau jamais observé depuis « au moins 1980 », à 9 Mt, incluant les semences. Hors semences, elle tomberait même à 8,821 Mt. Si ce volume se confirmait, il s’agirait d’une chute annuelle de la production nationale de 35,5 % par rapport à l’an dernier, et de 34,1 % par rapport à la moyenne quinquennale.

La baisse attendue de la production s’explique par le repli annuel des surfaces et surtout par la sécheresse, accompagnée de températures caniculaires, survenue à un stade de développement sensible des plantes, rappelle le ministère. Le rendement moyen tomberait à 70,3 q/ha, un plus bas depuis 2003, et en recul de 16 q/ha par rapport à 2025.

De leur côté, les surfaces sont estimées à 1,281 Mha, contre 1,613 Mha l’an dernier. Quant au tournesol, sa production se stabiliserait autour de 1,4 Mt, grâce à la nette hausse des assolements. Les rendements décrocheraient, passant de 20,7 q/ha à 18,1 q/ha. Les récoltes de ces deux cultures n’ayant pas encore commencé, les chiffres sont amenés à évoluer, prévient le ministère.


Par Actuagri

Maïs 2026 : une chute brutale des surfaces qui alarme la filière

Malgré des conditions de semis agronomiquement favorables et un excellent niveau de recharge hydrique des sols, l’Association générale des producteurs de maïs et l’Institut du végétal (Arvalis) tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué commun du 17 avril. Leurs premières estimations pour la campagne 2026 laissent apparaître une « baisse très préoccupante » de 10 à 15 % des surfaces de maïs grain au niveau national, désormais estimées à 1,33 Mha. Si le maïs fourrage (1,20 Mha) et le maïs semence (63 000 ha) restent stables, le maïs doux poursuit sa chute avec un recul de 40 % depuis 2023. Les baisses sont particulièrement marquées, dépassant les -15 %, dans les bassins du Sud-Ouest, du Centre et de Poitou-Charentes, souligne le communiqué. Ce décrochage massif n’est pas lié au climat mais à une véritable « asphyxie économique » des producteurs, précisent les deux organisations. Pour elles, les agriculteurs ont clairement arbitré en faveur des céréales d’hiver (+300 000 ha), compte tenu de leur trésorerie exsangue face à des coûts d’implantation très élevés (engrais, gaz, GNR). Franck Laborde, président de l’AGPM, dénonce une « déprise des grandes cultures » menaçant directement la souveraineté agricole française.