Mot-clé : agriculture urbaine

Par Actuagri

L’agriculture urbaine : un potentiel de 28 % des besoins européens

Une récente étude de l’Institut Leibniz* révèle que l’agriculture urbaine pourrait couvrir jusqu’à 28 % des besoins en fruits et légumes de 190 millions d’Européens. En analysant 840 villes, les chercheurs estiment que 4 500 à 7 500 km² de toitures et de terrains vagues pourraient être convertis, soit l’équivalent de deux fois la surface de Majorque. Ce gisement représenterait une production annuelle de 11,8 à 19,8 millions de tonnes de fruits et légumes. L’étude privilégie une approche traditionnelle en pleine terre, excluant la haute technologie, sur des toits dont la pente n’excède pas 2°. Si Berlin pourrait s’auto-suffire à 45 %, des contraintes climatiques persistent : pénurie d’eau au sud et faible luminosité au nord. Ce modèle favorise la « ville du quart d’heure » en supprimant le transport sur le dernier kilomètre et réduit les îlots de chaleur urbains. Les auteurs soulignent toutefois des défis techniques comme l’érosion et des risques sanitaires liés aux métaux lourds en centre-ville. Malgré ces freins, le bénéfice environnemental et social semble l’emporter pour la résilience alimentaire des territoires.

(*) L’étude a été publiée dans la revue Sustainable Cities and Society

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2210670726003094?via%3Dihub


Par Agra

Maraîchage : l’agriculture urbaine atteint un «plateau» en France (observatoire)

D’après les premiers résultats de son observatoire de l’agriculture urbaine, publié en 2025, l’Afaup constate un ralentissement des nouvelles installations. Après avoir connu un pic de nouveaux projets en 2022 avec 74 créations, le rythme a baissé, à seulement 13 projets en 2025. Le secteur a connu une décennie d’euphorie, marquée par le développement de politiques publiques (voir notre enquête). C’est ainsi que le nombre de «fermes participatives» est passé de 200 à 440 sur la période entre 2015 et 2025. «Ce comptage n’est pas exhaustif, précise Marie Fiers, coordinatrice de projet à l’Afaup. En revanche, on est certainement arrivé à un plateau en termes de nouvelles installations». Au total, l’Afaup a recensé 4545 sites, couvrant un peu moins de 600 hectares, dont une très grande majorité de jardins et potagers collectifs (3683, 80%), qui se situent hors des circuits commerciaux. L’Afaup recense aussi 862 fermes commerciales (20% du total), dont la moitié (422) de «fermes spécialisées» et l’autre moitié (440) de «fermes participatives» (moins de 50% des revenus tirés des ventes de légumes). Selon l’observatoire, une ferme urbaine couvre 0,5 ha en moyenne, contre 24,7 ha pour une exploitation maraîchère moyenne en France. Mais les résultats sont à prendre avec prudence. Sur l’ensemble des lieux sélectionnés, 11% ont des données complètes (surfaces, surface cultivées, production…).


Par Elisa LLop

Agriculture urbaine: l’Inrae mets en place une UMT dédiée aux fermes professionnelles

L’Inrae a annoncé début décembre la création d’une nouvelle Unité mixte technologique (UMT) dédiée aux fermes urbaines professionnelles, baptisée UMT FUP. Elle aura pour objectif de les accompagner dans leur développement durable et de les aider à s’adapter aux enjeux écologiques et sociétaux. Elle sera portée par l’institut des professionnels du végétal (Astredhor) et co-pilotée par l’UMR SadApt (Inrae, AgroParisTech, université Paris-Saclay), en partenariat avec l’Itavi (institut technique de l’aviculture) et l’École nationale supérieure de paysage. Quatre axes de travail ont été choisis: fonctionnalités éco-sociologiques des fermes urbaines professionnelles; ancrage dans l’économie circulaire; modèles économiques et gouvernance; adaptation des modèles de production végétale et animale. «Les fermes urbaines professionnelles sont des structures intégrées au cœur des villes, contribuant au système alimentaire urbain sur des productions ciblées, mais aussi et surtout, jouant un rôle dans la régulation thermique, la gestion des ressources, la préservation de la biodiversité et la sensibilisation des citadins à l’alimentation durable», justifie l’Inrae.