National | Par Didier Bouville

Régulation des prix : « Il est urgent d’agir » alerte la FNSEA

« C’est bien. C’est un geste à saluer », a commenté Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, à la suite de la proposition, le 16 août, du président de Système U de l’organisation de la rencontre entre les producteurs et la distribution en vue d’une régulation des prix (lire ci-dessous). « Cela rejoint complètement l’accord du 3 mai 2011 », a-t-elle poursuivi.

La FNSEA et la Confédération française de l’aviculture (CFA) ont demandé le 20 juillet une revalorisation des prix de vente de la volaille et du porc face à la flambée des cours des céréales qui pèse de plus en plus sur les coûts des éleveurs, en s’appuyant sur l’accord du 3 mai 2011 qui prévoit l’ouverture de négociations en cas notamment de forte volatilité des matières premières. Seul Auchan avait alors répondu favorablement au syndicat, a indiqué Christiane Lambert. « Les fluctuations sont très néfastes pour tout le monde, il est urgent d’agir, a-t-elle ajouté. Pour nous, c’est dés lundi (20 août) que cela doit se faire ».

Selon le ministère de l’Agriculture, la proposition est conforme à ce que Stéphane Le Foll a déclaré lors de son audition, le 24 juillet, au Sénat : « J’ai rencontré les organisations professionnelles pour débattre des conditions de l’application de l’accord signé le 3 mai 2011 avec la grande distribution. Même si celle-ci considère que ce n’est pas l’heure, nous comptons exercer les pressions nécessaires pour qu’elle applique ces accords », avait-il déclaré. Le ministre de l’Agriculture sera de retour de vacances ce lundi 20 août.

Système U demande l’organisation d’une table ronde

Le président du groupement coopératif Système U, Serge Papin, a proposé le 16 août une discussion entre distributeurs et producteurs de céréales autour d’une « régulation » des prix, alors que les cours mondiaux des matières premières agricoles se sont envolés ces dernières semaines.

« On est sur un prix (des matières premières agricoles) qui est déconnecté du prix de revient, puisqu’il s’agit d’un prix international, qui est basé sur une pénurie aux États-Unis et sur de la spéculation », a souligné Serge Papin sur BFM TV. « Nous (en France), nous n’avons pas ces inconvénients, on n’a pas eu d’inconvénient climatique, on a fait une bonne récolte. Est-ce qu’on ne devrait pas en France mettre tout le monde autour de la table ? (…) Est-ce qu’on ne pourrait pas amener un peu de régulation ? », a-t-il ajouté. Serge Papin a proposé dans ce sens que « les filières agricoles, les producteurs céréaliers et la distribution » se retrouvent sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de la Consommation, a-t-il précisé.

Lire aussi l’éditorial de Dominique Fayel, président de la FDSEA de l’Aveyron, dans la Volonté Paysanne datée du jeudi 16 août 2012.

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