National | Par La rédaction
Philippe Dessertine, fondateur et dirigeant de la chaire Finagri à Panthéon Sorbonne sur le Financement Alternatif au Secteur Agricole, explique que l’agriculture, plus que n’importe quel secteur, est très sensible à la crise géopolitique actuelle : « Avec des marges faibles, la production agricole prend de plein fouet l’augmentation de l’énergie et de ses dérivés. La capacité d’investissement s’enraye et mécaniquement on lève le pied. Il y a donc une vraie réflexion commune à mener entre constructeurs et concessionnaires, sur la trésorerie, sur les stocks… ». Celui qui prédit une augmentation sensible des taux d’intérêt et une explosion de l’inflation, espère que l’agriculture puisse aussi en bénéficier. «Le gouvernement aura tendance à vouloir limiter l’inflation mais prenons garde que ce ne soit pas au détriment de l’agriculture».
Dans l’évolution de la PAC, avec plus de subsidiarité donnée aux États, la France part, selon lui, avec un sérieux handicap : «le niveau de sa dette qui limite nos capacités d’accompagner l’agriculture à la hauteur des enjeux. Et pourtant, il faut investir massivement en formation, pour les agriculteurs eux-mêmes comme pour tous ceux qui gravitent autour à l’heure où nous vivons la plus grande révolution scientifique de tous les temps. L’IA générative est en train de bouleverser l’économie mondiale, elle va permettre une robotisation, des bonds sur les molécules chimiques combinant rendement et développement durable. L’exploitation de la DATA est à ce titre capitale ».
SC – PAMAC


