Aveyron | Par Marion GHIBAUDO
Mardi 15 septembre, la CUMA DEI et la FDCuma ont convié les responsables de secteur du service pulvérisation à une séquence de mise en route et de démonstration d’un pulvérisateur de précision au GAEC de Cancerles. Un matériel acheté par la CUMA DEI, et qui bénéficiera à toutes les exploitations du département, adhérentes à une CUMA locale.
Avantage de ce pulvérisateur de précision ? «Une réduction massive de l’utilisation de produits phytosanitaires, et une diminution des coûts de main-d’œuvre», selon les concepteurs suisses de cette machine de marque Ecorobotix et distribué par Stecomat. Donc des économies non négligeables pour les trésoreries des exploitations.
Résultats probants
Daniel Thuéry, du GAEC de Cancerles, a «fait partie des premiers agriculteurs aveyronnais à penser l’utilisation de ce type de machine en Aveyron». Il y a trois ans déjà, après différentes recherches, une première démonstration avait eu lieu sur ses terres. Et quelques essais plus tard, les résultats étaient visibles sur ses prairies. «Je suis un convaincu», sourit-il.
La technologie de pulvérisation UHP™ (ultra-haute précision) alliée à un logiciel alimenté par l’intelligence artificielle permet de faire la distinction entre les mauvaises herbes et les cultures. Donc de pulvériser presque plante par plante dans les parcelles, en ciblant uniquement les adventices (principalement chardon et rumex pour le moment), tout en préservant les cultures.
Le principal atout de la machine, selon Daniel Thuéry, est sa capacité à «détruire les rumex et chardons sans abîmer la prairie. Avec les produits actuels, on peut arriver à détruire le rumex. Mais on détruit aussi le trèfle blanc, ou bien cela a un effet dépressif sur la prairie».
Daniel Thuéry compte «commencer par les prairies les plus infestées, puis d’en faire quelques-unes chaque année». Au bout de quelques années, il espère avoir passé toute son exploitation sous les roues et les caméras de ce pulvérisateur de précision. Et ainsi, diminuer la pression du rumex sur ses parcelles. «Cet outil ne résout pas tout, mais on aura déjà bien dégrossi les problèmes», se satisfait-il.
La CUMA DEI au service du département
La CUMA DEI (CUMA Départementale Énergies Innovations) a été créée en 2003, avec comme axes de travail l’énergie et le carburant. Ses premiers services ont donc logiquement été lancés autour du pressage de la déchiqueteuse de bois, l’huile végétale et la fabrication de tourteaux pour les animaux, ainsi que du carburant pour les tracteurs. Et a fait évoluer ses services au fil des demandes des CUMA adhérentes, avec le service betteraves fourragères.
Car c’est la particularité de la CUMA DEI, qui a pour adhérents les CUMA, et non les agriculteurs. Elle rayonne donc sur tout le département et dans les zones limitrophes, selon les besoins. «Cette structure permet avant tout à l’agriculture aveyronnaise d’investir dans des matériels très spécifiques, innovants et souvent coûteux, comme ce pulvérisateur de précision» détaille Gilles Brast, président de la CUMA DEI.
«Les projets qui sont pris en charge par la CUMA DEI partent toujours des besoins et demandes du terrain. C’est souvent une équipe qui porte le projet, qui s’investit au sein du conseil et s’appuie sur l’expertise de la CUMA départementale pour mener à bien le projet», note le président.
Et si ce pulvérisateur cochait toutes les cases d’un achat par la CUMA DEI, c’est aussi «parce que l’innovation de cet outil permet aux agriculteurs de réduire les coûts de leurs exploitations, en économisant, par exemple, près de 90 % de matière active sur les prairies tout en conservant la biodiversité de ces dernières», pointe Gilles Brast.
Enfin, plutôt que de faire reposer la charge d’heures sur les agriculteurs, ce sont les CUMA locales qui s’engagent auprès de la CUMA DEI qui fournit le pulvérisateur en service complet, avec tracteur et salarié formé au vu de la technicité demandée par cet outil.
Marion Ghibaudo


