Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Le bois et l’entretien des haies servis par des outils performants

Grappin coupeur, débroussailleuse, lamier à scie, grue… Jeudi 1er octobre, à Villecomtal, la fédération départementale des Cuma et la Cuma de Villecomtal, en lien avec l’association Arbres, haies, paysages d’Aveyron, ont présenté de nombreux outils pour l’entretien des haies et bois qui bordent les parcelles lors d’une journée technique et de démonstration.

En présence d’une cinquantaine d’agriculteurs et d’une classe d’agro-équipement du lycée François-Marty de Monteils, démonstrations et explications techniques ont rythmé la journée.
Au-delà de l’entretien des haies, c’est aussi toute la valorisation possible du bois que la CUMA de Villecomtal et la FDCUMA se sont attachées à démontrer. Autre atout de la journée : montrer qu’il est possible de faire le travail de A à Z de l’entretien des haies, avec tout le matériel requis, en sécurité.

«La gestion dynamique d’une haie implique une sélection des arbres à couper, notamment des arbres dépérissants, reconnaissables à des branches sèches ou à une diminution du feuillage. D’autres interventions peuvent se faire au bénéfice d’autres espèces ou d’arbres voisins», a détaillé Sophie Hugonnenc, directrice de l’association Arbres, haies et paysages.

L’objectif de l’entretien est donc de ne pas prélever indistinctement, mais de choisir les interventions selon l’état des arbres et leurs effets sur le reste de la haie.
Pour comprendre comment cette journée a pu avoir lieu, il faut remonter à septembre 2025 et à l’animation menée autour de l’entretien des haies lors de la journée de mécanisation organisée par la FDCUMA.

De plus, la CUMA de Villecomtal a été lauréate d’un projet ayant permis l’acquisition d’un grappin-coupeur. Une subvention de France Nation verte a permis de finaliser l’investissement. France Nation Verte est un plan d’action gouvernemental, mis en place en 2022, qui vise à accompagner et accélérer la transition écologique.

Ce jeudi 1er octobre a aussi été l’occasion de la mise en route officielle de ce matériel, en présence d’HMS (Hydraulique Mécanique Service Rodez), entreprise ayant vendu le matériel à la CUMA, et Modularis Drive, concepteurs du matériel.

Grappin-coupeur qui va donc être proposé en service complet aux adhérents de la CUMA, dans une logique d’entretien des haies, et en complément du broyeur à plaquette déjà détenu à Villecomtal.
Lors du lancement du service, l’objectif était fixé à 80 heures ; «75 heures ont déjà été réalisées après six mois, même si l’activité est encore en phase de rodage», se satisfont les élus de la CUMA.

Du matériel haute précision pour un meilleur entretien

«Toutes les étapes liées au travail du bois et à l’exploitation de la haie peuvent être réalisées grâce à du matériel adapté, rendant ainsi les opérations plus simples et plus efficaces», a souligné Maxime Puech, responsable de la commission machinisme, secrétaire général adjoint de la FDCUMA de l’Aveyron et secrétaire de la CUMA de Villecomtal.

«La CUMA disposait déjà d’une pelle mécanique dédiée aux travaux de terrassement», explique Maxime Puech. «L’acquisition du grappin répond à une demande identifiée chez les adhérents et permet de mieux valoriser la pelle en diversifiant ses usages. De plus, le service va permettre un entretien des bords de parcelles plus sûr, tout en donnant une destination utile aux branches coupées».

Et cet achat répond aussi à un besoin de plus grande sécurité des agriculteurs, pour qu’ils puissent couper des branches sans utiliser de tronçonneuse, nacelles ou télescopiques qui peuvent être très dangereux.
Le modèle acheté par la CUMA de Villecomtal est un grappin capable de couper des branches d’environ 25 à 30 cm selon qu’il s’agit de bois tendre ou dur. Ses deux lames se referment à la manière d’un ciseau, avec l’objectif d’obtenir une coupe plus franche que de simples lames.

Ce grappin permet aussi de réaliser des coupes de qualité qui s’alignent avec une gestion durable des haies. Équipé d’un système de coupe breveté à deux lames, il assure un travail rapide et efficace, et fonctionne selon le principe de coupe dynamique inspiré de la cisaille à vigne, permettant une coupe nette en fonction du mouvement.

Outil modulaire, il est aussi susceptible de recevoir des coquilles pour déplacer des blocs d’enrochement, par exemple. Cette polyvalence est un atout supplémentaire qui a aussi emporté l’adhésion de la CUMA.
«Les branches peuvent être valorisées en bois bûche, bois de chauffage ou plaquettes, selon le choix du propriétaire.

Les plaquettes peuvent servir au chauffage dans des chaudières adaptées ou au paillage en stabulation, afin de réduire potentiellement les achats annuels de paille», souligne Maxime Puech. La capacité d’absorption des plaquettes bois est comparable à celle de la paille pour un taux de matière sèche équivalent.

Mais, rappelle le secrétaire de la CUMA de Villecomtal, attention à l’organisation du travail avant de commencer à couper arbres et haies : «une demi-journée de travail peut déjà produire un volume important de plaquettes. Il est donc nécessaire d’anticiper les besoins et les capacités de stockage avant de solliciter le service, plutôt que de produire des branches sans penser à des débouchés».

L’entretien des haies sans les abîmer

Sophie Hugonnenc, directrice de l’association Arbres, Haies et paysages, rappelle que «les haies ont aussi une fonction productive – biomasse, feuilles et bois – tout en maintenant leurs fonctions agricoles et environnementales».
L’association, créée en 2003 à l’initiative d’éleveurs autour de Réquista, promeut les haies en Aveyron, travaille aujourd’hui sur les multiples services des haies : abri des animaux, protection des sols et limitation de l’érosion. Elle souhaite également mieux faire reconnaître leur capacité à produire de la biomasse et du bois, particulièrement pertinente dans un territoire d’élevage.

Associée à l’organisation de la journée et à l’appel à projets de la CUMA de Villecomtal, dans le cadre du Pacte de la haie, la structure a pu rappeler l’importance des haies et de leur bon entretien, tout au long de la journée.
«Un bon entretien impose de respecter les contraintes biologiques des arbres : réaliser des coupes nettes, sur des branches de diamètre limité et à la bonne période. L’hiver est à privilégier pour ce type de travaux» a détaillé Sophie Hugonnenc.

Mais malgré un maillage bocager bien présent en Aveyron, les exploitations manquent souvent de temps et de main-d’œuvre pour entretenir et valoriser leurs haies.
«Les grappins-coupeurs, arrivés récemment dans le département, sont utiles pour la valorisation du bois une fois coupé, notamment sous format plaquettes», détaille la directrice d’Arbres, haies et paysages.

«Ils permettent de prélever de grosses branches en sécurité, sans travail en hauteur ou usage précaire d’une tronçonneuse, puis d’organiser directement les tas pour le broyeur. Ils peuvent donc réduire le temps consacré à la valorisation et répondre partiellement aux contraintes de main-d’œuvre».
La haie est une ressource locale et renouvelable qui, si elle est bien gérée, peut produire du bois pendant de longues années. C’est aussi l’un des messages que souhaitaient faire passer les organisateurs de cette journée à Villecomtal.

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