Aveyron | Par Jérémy Duprat

La transhumance attire la France entière

Un soleil de plomb. Une marche éprouvante. Un village en fête. La transhumance des vaches Aubrac a attiré des gens de la France entière dimanche 22 mai.

Sur la route qui relie St-Côme-d’Olt à Aubrac, les marcheurs se succèdent dimanche 22 mai. Chaussures de randonnée solidement vissées aux chevilles et bâtons de pèlerin fermement empoignés, des randonneurs de la France entière marchent sur les pas des troupeaux d’Aubrac. Les plaques d’immatriculation des camping-cars, garés aux endroits les plus stratégiques le long du parcours, bien souvent à l’ombre, permettent de s’en convaincre. Avant même d’atteindre le village d’Aubrac, une certitude : la transhumance est un événement qui rayonne bien au-delà des frontières aveyronnaises. Une grande messe organisée autour de ce que la France et l’Occitanie ont produit de plus authentique.

Même si la température est encore relativement agréable en début de matinée, le mercure grimpe plus rapidement que les promeneurs. Une fois les attroupements de randonneurs dépassés, les premiers troupeaux de quadrupèdes se substituent aux bipèdes. De magnifiques vaches Aubrac, parées de leurs plus beaux atouts : bouquets de fleurs bleues, rouges ou encore blanches dressés sur la tête pour certaines, drapeaux aux couleurs de la France ou de l’Occitanie pour d’autres. Et cloches vacillantes sous le cou pour tout le monde ! Dans un agréable vacarme, sept troupeaux se sont ainsi succédé, menés par éleveurs et bénévoles, bâtons à la main, jusqu’à leur lieu d’estive.

Évidemment, une fois arrivées au village d’Aubrac, les vaches vont profiter d’une courte halte bien méritée, le moment parfait pour se désaltérer, avant de terminer leur périple quelques kilomètres plus loin. Au centre du village, une animation est mise en place. Les éleveurs témoignent, les élus locaux se réjouissent de ce rendez-vous, et les visiteurs observent les animaux au centre de la place. C’est ici, à Aubrac, que le voyage prend une autre tournure pour les marcheurs ou pour ceux qui ont rallié Aubrac en voiture ou en bus. Producteurs et artisans de l’Aubrac proposent leurs produits typiques, qu’ils soient décoratifs, utilitaires ou culinaires. À plusieurs endroits, cornemuses et accordéons jouent la cabrette, accompagnés par des danseurs et leur bourrée, les hommes faisant résonner en rythme leurs chaussures sur les planches de la scène. Chacun peut se restaurer à sa faim. Ou plutôt selon sa gourmandise, tant les plats proposés mettent l’eau à la bouche. Et même sous ce soleil de plomb, quand l’astre culmine au plus haut, bières et vins coulent à flots.

Après un gros quart d’heure de halte au centre du village, les troupeaux repartent jusqu’à leur prochain arrêt. Pour la plupart, il s’agit de l’estive de Fontanilles, à deux kilomètres d’ici. Les marcheurs peuvent suivre les troupeaux, profiter d’un repas là-bas et d’échanges avec les éleveurs présents. Au-delà de la rencontre avec les animaux, c’est aussi cela la transhumance : un rendez-vous avec les paysans. Avant qu’ils ne repartent avec les bêtes rejoindre l’estive pour l’été. La grande fête au village, elle, se déroule toute la journée dans une ambiance festive. D’autant plus que le pèlerinage n’avait pas eu lieu depuis deux ans, la faute aux mesures sanitaires. Une chose est sûre : cette année, une épidémie de coups de soleil est à prévoir.

Jérémy Duprat

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Les adhérents d’APO – Alliance Porci d’Oc étaient réunis en assemblée générale, vendredi 14 juin. Lionel Tauriac, le président et Mikaël Le Gallic, directeur général, ont fait le point sur l’activité et sur les projets de la coopérative. La coopérative APO était en assemblée générale vendredi 14 juin à Rodez © APO Malgré une année 2023 plus compliquée, hausse des énergies et des charges en général, baisse de la production porcine, la coopérative APO «s’en sort très bien» selon ses responsables. «Que nous dégagions un résultat positif après cette année difficile est une vraie satisfaction», résume Lionel Tauriac.Appuyé de son directeur, Mikaël Le Gallic, le président de la coopérative explique cette bonne santé par la complémentarité entre les différentes activités…