National | Par Eva DZ

La sécheresse accélère la décapitalisation des troupeaux

Photo © iStock-Gabriele Grassl

La baisse des naissances de veaux laitiers et allaitants compromet, à court terme, tout redressement des effectifs des troupeaux de vaches allaitantes et de vaches laitières.

Tant que l’inflation des prix à la consommation n’affecte pas structurellement la consommation de viande bovine, les prix des gros bovins viande payés aux producteurs resteront durablement élevés car l’offre de viande est réduite. En semaine 27, la vache O cotait 4,99 €/kg de carcasse (+47% /2021 et +59% /2020) et la vache U a gagné 3 centimes au cours des quatre dernières semaines pour atteindre 5,60 €/kg de carcasse début juillet (+18 % /2021 et +24 % /2020). Pour autant, la hausse des cours ne compense pas la flambée des coûts de production. L’indice des prix des énergies et des lubrifiants a augmenté de 102 % sur deux ans et celui des engrais et amendements de 135 %. De même, les éleveurs se ruineraient s’ils nourrissaient une partie de leur cheptel avec des aliments achetés très chers afin de compenser, en cette période de sécheresse, la faible récolte de fourrages récoltés et engrangés. Aussi, les producteurs de vaches de bovins viande taillent encore ce mois-ci dans leurs effectifs, en vendant plus de vaches de réforme, alors que la conjoncture de prix reste très favorable cette année. On ne dénombre plus que 3,65 millions de vaches allaitantes, soit 250 000 en moins qu’en 2019.

Moins de veaux

« Sur les semaines 24 à 27, les abattages de vaches allaitantes ont augmenté de +3 % par rapport à 2021. Davantage de génisses de type viande sont aussi conduites à l’abattage, venant accélérer la décapitalisation », souligne l’Institut de l’élevage (Idele). Or habituellement, les ventes d’animaux en période de sécheresse déstabilisent le marché de la viande. Les cours s’effondrent car l’offre d’animaux est soudainement trop élevée. Mais cette année, le marché de la viande bovine est porté par celui des vaches laitières réformées. Or la conjoncture du marché du lait incite l’ensemble des producteurs à conserver leurs vaches plus longtemps même si les prix des aliments sont élevés. Toutefois, moins de veaux naissent chaque mois, aussi bien dans les élevages de vaches allaitantes que de vaches laitières, compromettant un redressement des effectifs des animaux dans les troupeaux. Par exemple, on dénombre 116 000 naissances en moins depuis le début de la campagne en juillet 2021. Seuls 3 279 000 veaux de mère allaitante sont nés, en net recul de -4,1% /2019-2020, rapporte l’Idele dans sa note de conjoncture.

La rédaction

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