Aveyron | Par Jérémy Duprat

Journée filière caprine le 6 janvier à Rodez

Le 6 janvier, à la Chambre d’agriculture de Rodez, le secrétaire général de la FNEC Franck Moreau, se rend en Aveyron. L’occasion d’un point d’actualité concernant la filière caprine, tant en viande qu’en lait, avec les deux co-présidents de la section caprine de la FDSEA.

Lionel Carrière : «La conjoncture en viande à l’automne connaît du mieux par rapport au début d’année. Les chevreaux sont partis et ont été ramassés à peu près partout. Les prix sont aux alentours de 3,70 et ont atteint 4,70 pour Noël. Il faudrait que ce prix de 3,70 soit durable. Les gros enjeux vont arriver entre janvier et février : comment allons nous attaquer le marché 2023 avec les grosses mises bas du printemps. Il n’y a que 3 abatteurs, ce qui est un point d’interrogation pour l’avenir pour amener davantage de fluidité. Un autre sujet que nous aborderons le 6 janvier, grâce à Franck Moreau qui connaît extrêmement bien la filière, c’est de développer la consommation française pour éviter un scénario dévastateur comme la crise sanitaire : 80% des chevreaux arrivent au mois de mars, les frontières sont fermées vers les 3 plus gros importateurs pour nos bêtes, à savoir l’Italie, l’Espagne et le Portugal.

À cela s’ajoute le prix de la poudre qui s’est envolé. Beaucoup de pistes de solutions seront explorées lors de la journée du 6 janvier. Moins de chevreaux en lactation longue par exemple, c’est un travail qui porte ses fruits. Et puis nous pourrons parler de faire un peu d’engraissement à la ferme. Aujourd’hui, les prix sont rémunérateurs mais ce n’est pas non plus mirobolant. C’est pour cela que nous organisons cette journée, pour parler des perspectives».

Sandrine Roquefeuil : «Entre les charges et la sécheresse, la situation en lait devient compliquée. Sur presque deux ans, le prix aux mille litres a augmenté de 100 euros. Il faudrait au moins 50 de plus en début d’année pour nous permettre de sortir la tête de l’eau. D’un autre côté, la consommation est plutôt en baisse. Ce qui rend compliqué l’augmentation du prix : c’est prendre le risque que tout s’effondre. La journée du 6 janvier permettra l’intervention de Jacky Salingardes et Joël Mazars, pour aborder les sujets en filière caprine lait. Aujourd’hui, beaucoup d’éleveurs ont réformé des chèvres beaucoup plus tôt dans la saison, 2 à 3 mois avant le tarissement. Avant tout à cause de la hausse du prix des aliments. Dans notre filière, nous sommes nombreux en zéro pâturage. Donc l’augmentation du prix des aliments nous touche de plein fouet.

Un autre sujet, c’est l’installation. Chaque année, certaines laiteries cherchent un ou deux producteurs à installer. Ce qui est compliqué à cause de la conjoncture. D’un autre côté, il vaut peut-être mieux sauver les élevages en place que d’installer de nouveaux éleveurs. Surtout si la consommation dégringole : nous nous rappelons des années 2009-2010».

Propos recueillis par Jérémy Duprat

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