National | Par Actuagri
Quelle que soit leur sensibilité politique, les territoires urbains ou ruraux dans lesquels ils sont élus, les maires et les conseillers municipaux considèrent, à une écrasante majorité, que la transition écologique est une priorité et devra le rester pour le prochain mandat.

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Une écrasante majorité d’élus considère avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat. Ils sont en effet près de 90 % à avoir répondu en ce sens à l’enquête réalisée par Shift * auprès de 3 000 élus municipaux, dont près de 1 000 maires, au second semestre 2025, avant les prochaines élections municipales. Selon Emma Stokking, la responsable de la consultation, «les élus sont aux premières loges», 99 % d’entre eux ayant eu à faire à un évènement climatique exceptionnel (canicule, sécheresse, inondation, tempête…) au cours de leur mandat. Cet engagement dépasse largement les préférences partisanes. 85 % des répondants classés à gauche déclarent avoir pris en compte la transition énergétique, une proportion qui monte à 88 % pour les répondants du centre et de la droite. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les élus ruraux (86 %) et péri-urbains (87 %) font autant partie de cette dynamique que les élus urbains (91 %).
Pragmatisme
Autre résultat de la consultation, les élus locaux agissent d’abord par pragmatisme. Les deux premières motivations pour agir en faveur de la transition énergétique sont l’amélioration de la qualité de vie et la santé des habitants (77 %) ainsi que la diminution des dépenses énergétiques (75 %). Sont cités en priorité : la rénovation des bâtiments de la collectivité et des logements, le développement des infrastructures à la mobilité et les transports collectifs. Alors que la contribution à l’effort de neutralité carbone n’arrive qu’en 4ème position (55 %), le respect de la réglementation (14 %) bien plus loin, ceci démontrant que la transition est perçue avant tout comme une politique pragmatique d’amélioration du cadre de vie, de protection de la population et d’indépendance énergétique.
La principale entrave à l’action identifiée par les répondants se situe du côté de la collectivité et du manque de moyens financiers et humains (59 %), suivie par des freins plus personnels de l’élu face à l’accumulation des urgences quotidiennes (57 %), le manque de connaissances ou de compétences (41 %). Cela pour dire que le vrai obstacle n’est ni idéologique, ni électoral, mais opérationnel et aggravé par l’instabilité réglementaire. En effet, la crainte de l’impopularité et le risque électoral sont peu ou pas cités par les élus et deviennent marginaux dans les communes rurales. En outre, les maires expriment une réelle frustration et leur désarroi devant l’instabilité des textes : subventions modifiées, règles révisées, conditions d’éligibilité mouvantes.
Demande d’expertise
Les élus ne demandent qu’à en faire davantage, ils ne sont que 4 % indiquant ne pas souhaiter engager ou accélérer la transition climatique et énergétique de leur territoire. Encore faut-il surmonter les freins qu’ils identifient. Ainsi sont-ils très demandeurs de documentation, de retours d’expérience concrets, de formations courtes, d’expertise technique accessible et d’outils de communication pour convaincre la population. Néanmoins les enquêteurs ont constaté que plus les répondants estiment avoir un bon niveau de connaissances sur les enjeux climatiques et énergétiques, plus ils sont nombreux à mettre en place des actions d’adaptation ou d’atténuation.
Ce que les enquêteurs appellent le «backlash écologique», c’est-à-dire le mouvement de rejet vis-à-vis de l’écologie, n’existe pas chez les élus locaux. La transition énergétique et climatique est pour eux une question centrale. S’ils citent la préservation de l’environnement comme l’un des trois enjeux prioritaires de leur mandat (53 % des réponses), cette proportion monte à près de 70 % pour le prochain qu’ils se représentent ou non. Cet enjeu arrive devant la revitalisation des centres-bourgs (41 %), la fiscalité (34 %), la sécurité (29 %), et ce quelle que soit la préférence partisane ou le type de territoire urbain ou rural. Et cerise sur le gâteau, 89 % des répondants estiment que la transition énergétique et climatique des territoires doit faire partie des priorités du ou de la prochain(e) Président(e) de la République.
*The Shift Project, littéralement «le projet de changement», est une association d’intérêt général fondée en 2010 par Jean Marc Jancovici. Elle vise à éclairer et à influencer le débat sur la transition écologique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et notre dépendance aux énergies fossiles.
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