Hormis l’Iran, le quatrième pays exportateur au monde de poudre écrémé de lait, les autres pays du Golfe persique importent massivement une vaste gamme de produits laitiers, en grande partie d’Union européenne.

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«13 %, c’est la part du Moyen-Orient en 2025 dans les exportations européennes de produits laitiers, soit 3,88 milliards euros sur les 29,63 milliards exportés», rapporte l’Institut de l’élevage (Idele)*. Les échanges commerciaux se sont fortement développés depuis la crise du Covid. L’Union européenne (UE) vend des produits laitiers à tous les pays du Golfe persique, l’Iran mis à part. Elle en expédie aussi avec l’Egypte, le Liban, la Jordanie et Israël. Mais parmi eux, l’Arabie saoudite est le premier client européen (29 % des envois de produits laitiers en valeur) et les Émirats Arabes Unis (16 %), le deuxième. Les fromages (23 %) et les poudres de lait infantile (16 %) sont les deux principales gammes de produits exportés à forte valeur ajoutée. Le reste des envois sont des commodités (diverses catégories de poudres et de beurres). «La prolongation du conflit pourrait avoir des effets sur le commerce mondial de produits laitiers», estime l’Idele. Le blocage du détroit d’Ormuz empêche les navires d’accéder au golfe Persique, la seule voie maritime possible pour livrer aux pays arabes les denrées exportées depuis l’UE mais aussi de Nouvelle Zélande ou encore d’Australie. L’Arabie saoudite ne peut plus compter sur ses ports de la mer Rouge puisqu’ils sont la proie des attaques houthistes.
Iran : 4e exportateur de poudre
Le conflit au Moyen Orient complique aussi le commerce maritime entre l’UE, l’Asie et l’Océanie. Les cargos sont déroutés par le canal de Bonne espérance puisque la mer Rouge n’est pas sûre. Mais l’Idele rapporte que la compagnie maritime CMA- CGM pourrait acheminer, par voie terrestre et ferroviaire, les denrées qu’elle ne parvient plus à livrer aux pays du Golfe persique par la mer. Le conflit en cours, malgré les annonces de cessez-le-feu, complique aussi les exportations iraniennes de produits laitiers vers les pays du Golfe persique, en Asie centrale (Pakistan, Azerbaïdjan) et même en Russie. En effet, l’Iran est le 4e exportateur mondial de poudre maigre (182 000 t) derrière l’UE, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, souligne l’Idele. «D’après les douanes iraniennes, il aurait aussi exporté 44 500 t de beurre (+37 % /2024)», ajoute l’Institut. En fait, l’Iran se distingue de ses voisins arabes par sa propension à produire une grande partie des produits agricoles qu’il consomme. Au nord du pays, le climat est propice à l’élevage laitier. «Selon la FAO, le pays comptait 5,60 millions de bovins en 2024 et ils lui avaient permis de produire 7,70 millions de tonnes de lait». En 2023, l’Iran aurait aussi fabriqué environ 300 000 tonnes de fromages et 200 000 tonnes de beurre, ainsi que 4,8 millions de tonnes de lait écrémé. Une partie de cette production transformée est destinée à l’export.
(*)Tendances N°381 – mars 2026
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