Aveyron | Par La rédaction
Dans le cadre du challenge FD CUMA – Crédit Agricole NMP, le bel élan de solidarité dont a fait preuve la CUMA de Saint-André-de-Najac a été plébiscité par les élèves de La Roque qui lui ont décerné le prix spécial des lycéens.
La CUMA ouest aveyronnaise fête ses 40 ans cette année avec un bureau rajeuni, suite à l’assemblée générale du mois de mars, dont un nouveau président, Romain Déléris, secondé par un jeune trésorier, Bastien Vergnes, installé depuis 4 ans. «En cinq ans il y a eu cinq installations sur la commune, et tous sont à la CUMA !», remarque le jeune éleveur.

Bien ancrée sur sa commune, la CUMA intervient dans l’ensemble des exploitations saint-andréennes, soit une quarantaine au total. «Le noyau dur, qui représente 90 % de l’activité de la CUMA, est composé d’une quinzaine d’adhérents», selon Romain Déléris.
Créée autour de la mutualisation du matériel de fendage et de broyage, la coopérative compte aujourd’hui de multiples services, dont 3 tracteurs, le premier étant arrivé en 1997. Au niveau des récoltes, la CUMA met à disposition 2 faucheuses conditionneuses, des presses, ainsi que des bennes et plateaux. Déchaumeur, combiné de semis et herse, composent les services proposés pour le travail du sol.
Dans un secteur dominé par l’élevage bovin, en majorité pour la viande, la CUMA dispose de 2 fourgons et d’une remorque bétaillère, ainsi que d’un parc de contention. Sans oublier des épandeurs (fumier et lisier) et un pulvérisateur. Elle adhère aussi à l’InterCUMA du Villefranchois pour le combiné bois. Comme souvent dans les CUMA qui sont restées sur un périmètre local, celle-ci sert de support pour le réseau d’entraide entre les agriculteurs de la commune. «Le groupe WhatsApp créé entre les adhérents actifs, pour gagner en efficacité dans la gestion du matériel, sert aussi à organiser le soutien en cas de coup dur chez l’un d’entre nous», explique Romain Déléris.
Mutualiser la dette
C’est donc tout naturellement que ce même groupe s’est mis en ordre de marche lorsque l’élevage de l’un d’entre eux a été frappé par une grave crise sanitaire, décimant la quasi-totalité de son cheptel en décembre 2024. «Ce drame a suscité beaucoup d’empathie au sein de notre groupe», relate Philippe Puechberty, le président précédent. «Nous nous sommes mobilisés pour l’accompagner dans cette épreuve. Pour qu’il ne soit jamais seul». A germé alors l’idée de trouver un soutien d’ordre financier. «Nous avons même envisagé d’organiser une cagnotte mais nous savions qu’il aurait eu du mal à accepter de l’argent», se souvient Bastien Vergnes.
En janvier qui a suivi, alors que les responsables de la CUMA se retrouvent pour la saisie des bons de travaux, l’idée d’effacer la facture annuelle de l’éleveur a émergé. «Ce projet a été validé de manière immédiate et unanime par le conseil d’administration de la CUMA», relate Philippe Puechberty. La FD CUMA a ensuite apporté la solution technique pour annuler comptablement cette facture, d’un montant de 12 000 €, une somme non négligeable pour la CUMA dont le chiffre d’affaires avoisine 80 000 €.
Unanimité
Au final, la moitié du montant a été prise en charge par la réserve financière liée à la fendeuse. Le reste a été reporté sur les factures d’adhérents volontaires. «Cette solution nous plaisait car, via la réserve de la fendeuse, c’est 100 % des adhérents qui a participé à ce coup de pouce», se félicite l’ancien président. Ce montage est resté secret jusqu’à l’assemblée générale du mois de mars, où l’éleveur a eu la surprise de ne pas se voir distribuer de facture. A la place, il a reçu le touchant message suivant : «On voulait que tu sois là l’année prochaine…».
Tous les responsables de la CUMA sont unanimes pour revendiquer que ce type d’action de solidarité doit se répéter dans tous les secteurs. «Quel autre fournisseur que la CUMA peut effacer une dette chez un éleveur dans le besoin ? », interroge Romain Déléris. «La solidarité c’est notre vocation». Cette entraide va aussi au-delà des frontières de la CUMA, comme en témoigne Philippe Puechberty. «Lorsque je me suis blessé, je n’arrivais pas à trouver de remplaçant. C’est la CUMA de La Fouillade qui m’a mis à disposition un de ses salariés, alors que je n’étais pas adhérent». Ça doit être cela l’esprit CUMA !
Bérangère Carel


