Aveyron | Par La rédaction
Désormais 75 éleveurs bénéficient du travail de 4 piégeurs professionnels et formés pour maintenir à un niveau supportable les populations de taupes et de campagnols dans les prairies de l’Aubrac.

Pause de piège à taupes dans une parcelle © PNR Aubrac
En Aubrac, 4 CUMA ont créé un service de piégeage des campagnols : Sainte Geneviève/Cantoin en 2022, Alpuech/La Terrisse en 2024, Soulages/Montpeyroux en 2025 et le dernier en date Laguiole.
«Nous avons commencé à imaginer embaucher un piégeur au moment où la CUMA de Sainte Geneviève créait ce nouveau service de piégeage», raconte ainsi Jérôme Ferrier, adhérent de la CUMA de Laguiole. «Nous avons facilement rassemblé 28 éleveurs partants, il ne nous manquait plus qu’à trouver un piégeur. Le fils de l’un de nous est allé tester le métier auprès du piégeur de Sainte Geneviève, ça lui a plu, alors nous avons concrétisé ce projet. Des rats, il y en a de plus en plus et nous, nous avons de moins en moins le temps de nous en occuper. Créer un emploi de piégeur, formé et qui pratique une lutte collective et coordonnée, c’est une solution».
Une lutte mécanique, collective et coordonnée
A Sainte Geneviève et Cantoin, cette méthode de lutte a été expérimentée à partir de 2022. «Inspirée d’une méthode créée pour les aires de captage des eaux de Volvic, qui a montré son efficacité, la nouveauté était surtout ce temps plein de piégeur supporté collectivement par une CUMA», explique Chloé Sillon, chargée de mission Agro-environnement au Parc naturel régional de l’Aubrac qui a accompagné cette expérimentation et trouvé les premiers financements auprès du Fonds Vert de l’État et de la Région Occitanie. Aujourd’hui, c’est le FMSE, fonds de mutualisation agricole, qui subventionne et pérennise cette solution. «Ça ne nous revient finalement pas très cher», explique Guillaume Raynal, responsable du service à Sainte Geneviève, «en moyenne 500 € par an et par exploitation, variable en fonction des surfaces piégées».
A Sainte Geneviève, après 4 années d’expérimentation, le bilan est très positif. «Il y a 4 ans, on trouvait ça bizarre, de créer un emploi de piégeur de campagnols», raconte Guillaume Raynal, amusé. «Aujourd’hui, contre les taupes, ça marche. Les 19 éleveurs sont très contents. Nous constatons que nous n’avons plus de terre dans le foin, délétère pour la rumination de nos animaux. C’est déjà très positif». D’ailleurs le matériel pour épandre le PH3 contre les taupes, n’a jamais servi et va être revendu.
Est-ce que cette méthode de piégeage permet effectivement de lutter contre les pullulations de rats taupiers ? Pour l’instant, cela n’a pas été confirmé étant donné qu’il n’y a pas eu de pullulation. «Si une pullulation revient, on pense que ça ne l’arrêtera pas, mais probablement, ça limitera le nombre de rats», pense-t-il.
Le campagnol terrestre est un rongeur souterrain des prairies d’altitude. Ses effectifs sont soumis à des variations cycliques avec des pics de pullulation, où les populations peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines d’individus par hectare. Les campagnols s’installent dans les galeries des taupes et mangent l’herbe par la racine. Dans une prairie pâturée, ses dégâts sont conséquents et impactent fortement l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage.
La méthode de lutte par l’utilisation de pièges mécaniques doit être collective et coordonnée, basée sur l’observation des populations de taupes et de campagnols et l’intervention d’un piégeur salarié. Elle est organisée en période de basse densité de populations sur des parcelles proches les unes des autres. Elle est accompagnée par la FREDON Occitanie et subventionnée par le FMSE.
La rédaction – Source PNR Aubrac


