Aveyron | Par Eva DZ

Concours cantonal Aubrac à Laguiole, samedi 24 octobre: Paul Laurens entre patience et passion

Depuis son installation en 2009, Paul Laurens fait son petit bonhomme de chemin dans le milieu de la sélection Aubrac. L’éleveur de Cassuéjouls a plaisir à venir chaque année, au concours cantonal à Laguiole et samedi 24 octobre, il sera au rendez-vous avec de jeunes animaux.

De l’élevage de ses oncles maternels avec lesquels il s’est installé en GAEC en 2009 puis de celui de son papa qui a pris la retraite en 2011, Paul Laurens a réuni un troupeau de 80 mères Aubrac sur la commune de Cassuéjouls. «C’est la bonne taille car il faut jouer la prudence et veiller à son autonomie», avance Paul Laurens. Ce jeune éleveur a la tête bien sur les épaules : «l’urgence pour moi a été d’aménager les parcelles avec des points d’eau accessibles, utiles cet été, de rénover la couverture des bâtiments pour le confort». Aux grands investissements dans un bâtiment qui serait peut-être plus fonctionnel, Paul préfère avancer doucement mais sûrement, assurant l’arrangement de famille avec sa sœur et la rénovation de la maison de ses grands-parents pour s’installer avec sa compagne.


Sur son élevage, Paul a maintenu la conduite de ses oncles sur le croisement avec encore un tiers de son troupeau au taureau Charolais, ainsi que celle de son père, en race pure Aubrac. «Mon père a démarré la sélection dans les années 1976. Depuis toujours j’ai été bercé dans ce milieu et ça m’a donné envie d’aller plus loin dans l’orientation génétique de mon troupeau… plutôt que dans un tracteur !», lance Paul. Il aime les «jolis produits» du croisement «sur des vaches intéressantes calmes, qui produisent du lait et qui plaisent bien sur le marché». Mais pour autant il ne veut «pas tout basculer» : «en génétique, je mise sur des vaches qui nourrissent bien leur veau, avec de bons aplombs car toutes les mères sont à l’attache dans le bâtiment en travée». La docilité est donc aussi une priorité pour Paul : «On vend davantage d’animaux de repro s’ils sont dociles. J’ai vu des acheteurs venir avec leurs enfants et ils ont choisi le veau qui les approchait pour faire une léchouille !», rigole-t-il. Déjà son père avait le souci de la docilité des bêtes, Paul a continué dans cette voie.

Un premier veau top price


Depuis son installation, Paul a mis quelques veaux à la station de La Borie : le 2ème vient d’entrer pour la vente d’hiver et le premier préparé pour la vente d’été cette année, a décroché le Top Price ! «Je ne m’y attendais pas, c’est une belle surprise dans une année particulière», a-t-il réagi. Ce veau était le plus jeune de la bande, issu d’une bonne lignée, né tardivement pour être vendu à la repro, il l’a fait progresser pendant l’hiver en gardant dans un coin de sa tête, la possibilité de le faire entrer à la station… Sa patience a porté ses fruits.

Il confie que ce succès l’a reboosté : «Cette vente a été une bonne nouvelle dans un été difficile où il a fallu gérer, au jour le jour, et ce depuis le printemps, la ration des animaux pour gérer le stock». Mais c’est surtout la dernière crise sanitaire autour de la DNC qui l’a inquiété. «La sécheresse c’est difficile, ça nécessite une attention tous les 2-3 jours pour déplacer des lots d’animaux sur de petites parcelles que je délimite mais ça se gère. En revanche, une crise sanitaire vous tombe dessus sans prévenir !».

Paul a aussi remis sur les rails la participation aux concours : «Quand j’étais encore au lycée agricole, j’ai commencé à exposer quelques animaux du troupeau que mon père a inscrit au Herd Book, sans trop me prendre la tête, avec juste un peu de préparation», heureux de pouvoir «se positionner». Fidèle du cantonal de Laguiole, présent au Départemental ou au National lorsqu’ils ne sont «pas très loin», Paul apprécie ces rendez-vous pour «conforter» ses choix d’animaux, son système d’élevage et «repérer» quelques animaux. Il est même parfois membre de jury sur certains concours pour «aiguiser» son œil d’éleveur. Cette année étant un peu plus compliquée pour préparer les bêtes, il a simplifié le nombre à quelques veaux mais sera bien présent : «C’est une belle journée avec les copains».

De quoi continuer sur la belle lancée de la fin d’été et envisager quelques aménagements pour se faciliter le travail dans le bâtiment et gagner en qualité de vie pour sa famille.


Eva DZ

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Issus d’une famille d’agriculteurs, Pierre et Vincent Miquel se sont installés hors cadre familial, à Laguiole, au sein du GAEC des trois ruisseaux. Les deux frères ont ainsi l’opportunité de se consacrer à leur passion, la sélection pour monter un troupeau Aubrac, à leur image. Pierre et Vincent Miquel devraient faire leur entrée en concours ce samedi à Laguiole, avec leur taureau, Ténor. Pierre et Vincent Miquel s’estiment chanceux d’avoir croisé la route de M. Capoulade, éleveur aux portes de Laguiole. Ces deux frères, fils d’éleveur Aubrac à quelques pas de la cité au couteau, envisageaient en effet à plus ou moins long terme de s’installer. «La ferme familiale est trop petite et puis nous sommes 6 frères dont plusieurs…