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Cofarming : valoriser le collectif dans l’agriculture

Le think-tank Agridées et l’association Cofarming ont récemment organisé une journée qui s’est révélée à fois festive et réflexive, sur le thème «Le beurre et l’argent du beurre… sans les agriculteurs ?».  Entre paradoxes et propositions, cette journée s’est voulue collective et positive. 

Pari réussi pour les organisateurs de la journée qui voulaient «ouvrir le débat», «proposer des thématiques clés dans la résistance au changement», ou encore «faciliter et créer des synergies entre les acteurs du monde agricole pour faire émerger de nouvelles solutions». Indéniablement c’est le collectif qui a été le fil rouge de cette journée, avec des prises de paroles très libres, à l’image de Philippe Largeau président de la Fédération nationale Entrepreneurs du territoire (FNEDT). «La France est à ce jour, le pays de l’Union européenne avec les charges de mécanisation les plus élevées». Il faut arrêter de financer le matériel et «stopper les aides à l’investissement car 80 % d’entre elles servent à acheter du matériel étranger». La FNEDT s’est d’ailleurs élevée contre «le cadeau fiscal» et la «dépense publique mal calibrée» du crédit d’impôt en faveur du recours aux coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) qui selon lui pousse à acheter plus de matériel sans que son utilisation soit véritablement optimisée. Il faudrait en effet flécher une partie du soutien fiscal à la mécanisation collective plutôt qu’à la mécanisation individuelle, a concédé la présidente de la Fédération nationale des CUMA (FNCUMA), Marine Boyer qui constate que seulement 10 % du matériel agricole est utilisé en CUMA.

Origine et Bio

C’est aussi le collectif qui a permis de faire plier l’exécutif français sur le dossier du Mercosur, a constaté Jean-Marie Séronie, agroéconomiste. «Avec ce traité, on a rejoué la même chose que la réforme de la PAC de 1992. On était totalement contre et on a mis des années à accepter le marché», a-t-il souligné. Cependant, les syndicats agricoles sont parvenus «à coincer le politique, ce qui a contraint le président de la République à dire non». Au-delà du fait qu’il existe des perdants et des gagnants dans tout accord, Jean-Marie Séronie a estimé que, sur cet accord de libre-échange, «nous aurions dû aller plus vite et plus loin sur l’affichage de l’origine». Ce à quoi Mickaël Jacquemin, agriculteur et président de la MSA Marne-Ardennes-Meuse lui a répondu qu’il «ne faut pas confondre accord et commerce, y compris dans la viticulture. La traçabilité on la demande. Le problème, c’est que les règles ne sont jamais respectées», a-t-il soutenu. 

L’appel au collectif, c’est également celui lancé par Céline Santos-Nunes, directrice du Groupement d’agriculteurs biologiques d’Ile-de-France. A la faveur de la loi Egalim, les collectivités locales, la restauration collective et les commerces spécialisés demandent plus de produits bruts et transformés biologiques. «Mais à l’horizon 2030, nous risquons de perdre 149 fermes sur les 600 fermes bio d’Ile-de-France. Aujourd’hui, on commence à carencer, à être en panne pour honorer les commandes», s’est-elle inquiétée, exhortant chacune des organisations agricoles à «parler positivement de l’agriculture» pour renouveler les générations et les embarquer dans la diversification de projets à l’image d’Antoine Dalle. Président de #CoFarming, ce dernier a développé des activités différentes sur son exploitation. En plus du bois énergie et du consulting, il a misé sur le chanvre, la cameline (qui sert à la fabrication de biocarburant), et l’agrivoltaïsme. Car jouer collectif c’est aussi prendre des risques individuellement pour que les autres puissent abandonner les mauvais choix et reproduire les meilleurs.

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