Aveyron | Par La rédaction
L’autoguidage qui équipe les automoteurs tels que les tracteurs, les ensileuses ou les moissonneuses batteuses est un dispositif qui permet aux engins de suivre une trajectoire très précise dans les parcelles de façon autonome, sans que le conducteur n’ait à agir sur le volant et corriger la direction.
Selon les systèmes, la précision peut presque atteindre le centimètre. Un signal GPS ajouté à des informations provenant de capteurs sont envoyés à un calculateur qui traite les données ainsi reçues et agit sur les actionneurs qui mettent en rotation le volant.
L’autoguidage rassemble de nombreux avantages : éviter les chevauchements et les zones non traitées, améliorer le confort du conducteur en limitant la concentration et la pénibilité, économiser des intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires) et réduire la quantité de carburant consommée pour un chantier donné.

Le dispositif est très efficace lors des chantiers de semis, d’épandage d’engrais, de pulvérisation, de travail du sol ou encore de fauche. L’autoguidage, par sa grande précision, est particulièrement bien adapté pour les semis de céréales, de maïs ou de tournesol ainsi que lors des chantiers de désherbage. Il est également d’une grande efficacité lors des opérations de binage grâce à l’enregistrement de l’emplacement des rangs fournis par un signal GPS.
Les principaux composants du dispositif sont un récepteur GPS qui reçoit les signaux des satellites et évalue la position exacte du tracteur dans le champ, un calculateur qui compare en permanence la position réelle de l’engin et la trajectoire programmée, un actionneur placé sur la direction qui va assurer la rotation du volant ainsi qu’un écran placé en cabine qui permet au conducteur de créer les lignes de guidage et contrôler ainsi le travail réalisé. Si dans la majorité des cas, les agriculteurs font le choix d’acquérir un tracteur doté de l’autoguidage intégré, il est aussi envisageable d’installer un kit universel qui peut s’adapter sur tous les tracteurs indépendamment de la marque et du modèle.
Des économies jusqu’à 20 €/ha
«Pour l’épandage d’engrais par exemple, le conducteur crée une première ligne et renseigne la largeur d’épandage. Après le premier demi-tour en bout de champ, l’ensemble tracteur/outil va se positionner bien parallèlement à la première ligne ainsi créée. Tous les autres passages seront eux aussi rigoureusement parallèles et l’épandage sera parfaitement homogène sur l’ensemble de la parcelle», explique Louis Rouquette, apprenti des établissements Agripole à Calmont et ancien élève de l’Agricampus La Roque. «Lors de ces chantiers, le dispositif peut amener des économies de produits pouvant atteindre 20 euros par hectare», ajoute le futur technicien supérieur.
Les dispositifs actuels les plus aboutis permettent également d’organiser les demi-tours automatiquement en bout de parcelles, couper automatiquement les tronçons de rampes du pulvérisateur, contrôler la dose d’engrais apportée selon des cartes de rendement ou encore permettre un dialogue entre plusieurs machines.
Lors de l’apparition de ces dispositifs d’autoguidage, les ETA et les CUMA ont été les premières séduites compte tenu des surfaces importantes travaillées. Aujourd’hui, les exploitations en polyculture/élevage souhaitant gagner en efficacité dans leurs pratiques culturales s’équipent, elles aussi, de plus en plus.
Pascal Gilhodes


