National | Par Actuagri

Filière bovine : Deux marchés parallèles

Les prix des broutards de 350 kg, exportés depuis les zones indemnes de DNC, flambent. Mais les animaux vaccinés, de plus de 400 kg, destinés au marché français, sont décotés.

© iStock-Olivier Gros

Le marché des broutards est confronté à un dilemme : pouvoir commercer des animaux à la fois légers (350 kg vifs) et vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), pour les exporter librement. Or les animaux de 350 kg sont actuellement des bêtes nées dans des zones indemnes de DNC. Ils n’ont donc pas été vaccinés et leur commercialisation se déroule sans encombre. Alors que les broutards vaccinés sont des animaux plus lourds (+ de 400 kg vifs) et peu exportables en l’état. Mais «avec la propagation de la DNC sur le territoire, les naisseurs des zones règlementées ont dû garder leurs animaux plus longtemps», souligne l’Institut de l’élevage (Idele). Toutefois, les marchés des broutards se tiennent avec des prix de vente très élevés.

Le marché de l’export est réservé aux broutards légers non vaccinés expédiés depuis des zones indemnes de DNC. Et leurs cours amorcent timidement leur baisse saisonnière. Par exemple, les broutards Charolais U de 350 kg atteignaient 5,97 €/kg vif semaine 50 close le 14 décembre 2025 après s’être repliés de 0,13 € en quatre semaines, selon l’Idele. Mais ils demeuraient supérieurs de +1,92 €/kg à l’an passé. A contrario, les broutards vaccinés, plus lourds (+ 400 kg vifs), sont destinés au marché français où la demande est suffisante pour éviter tout engorgement, souligne l’Idele.

Décrochage saisonnier

Mais selon un éleveur périgourdin qui a souhaité rester anonyme, «ces animaux sont systématiquement décotés de 0,40 € à 0,50 € par kilogramme pour être plus abordables à l’achat. Les kilos supplémentaires ne sont pas valorisés». Dans les semaines à venir, avec l’élargissement des zones vaccinables, les broutards vaccinés contre la DNC vont progressivement devenir la norme sur les marchés. Et ils seront probablement plus légers. «Toutefois, la situation économique de la filière sera plus compliquée si des éleveurs opposés au protocole sanitaire imposé par le gouvernement, ne déclarent pas tous leurs animaux malades, redoute l’éleveur périgourdin …Des bêtes, contagieuses et asymptomatiques, issues de troupeaux contaminés, pourraient alors circuler librement». L’épidémie deviendrait alors «hors contrôle», avec à la clé la fermeture des marchés de l’export et un effondrement des cours ! Actuellement, l’achat de broutards représente une mise de fonds importante pour les engraisseurs. Mais le marché du jeune bovin est en mesure de l’amortir. Selon l’Idele, le jeune bovin U atteignait 7,80 €/kg en semaine 49 close le 7 décembre dernier en France après avoir augmenté de 28 % en un an. Les prix de ces animaux en Italie, en Espagne et en Allemagne ont crû dans les mêmes proportions, autour de 26 % en un an. Par ailleurs, le marché européen de la vache de réforme se porte toujours aussi bien. Malgré le décrochage saisonnier, les cours des vaches laitières O sont largement supérieurs à l’an passé dans toute l’Union européenne. En France semaine 49, les animaux se vendaient 6,44 €/kg de carcasse (-2 % en quatre semaines, +41 % /2024). 

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