Aveyron | Par Jérémy Duprat

Une race Aubrac qui maintient le cap dans la tempête

Une assemblée générale forte de symbolique avec l’ensemble de la filière Aubrac représentée vendredi 5 mai.

D’abord, par le lieu choisi, le lycée agricole de La Roque. «Au fil du temps, les établissements de Louis Mallet à Saint Flour et celui de La Roque, tous deux représentés aujourd’hui, ont fait un choix fort en inscrivant le cheptel Aubrac au sein de leur ferme. Ce partenariat est pour nous, l’OS Aubrac, une envie de répondre au défi de demain qu’est l’installation et le renouvellement des générations. Les lycées agricoles sont au cœur de ces enjeux et nous avons envie de prendre notre part. Le travail de sélection fait partie de la réponse à ces thématiques d’avenir de l’élevage et des attentes sociétales», introduit Yves Chassany, président de l’OS Aubrac.

La Région était également représentée par Christine Sahuet et le Département a été mis en avant par le président de l’OS Aubrac. «Tous deux sont très engagés en faveur de l’agriculture et particulièrement des races emblématiques de l’Aveyron et des départements limitrophes que sont la Lacaune et l’Aubrac», affirme Yves Chassany. Le nombre de bêtes dans l’effectif de la race Aubrac continue sa progression. Une augmentation de 1,9% en 2022 pour passer de 245 295 animaux à 249 984 en 2022. Un chiffre impressionnant sur 10 ans : 80 000 vaches en plus soit quasiment une augmentation de 50% du cheptel. Alors certes, l’augmentation est moins marquée depuis deux ans mais est à replacer dans un fort contexte de décapitalisation des troupeaux allaitants.

«Nous vivons tout de même dans un contexte largement défavorable à l’élevage avec 110 000 vaches allaitantes perdues rien qu’en 2022 et 500 000 sur la période 2017-2022. Nous pouvons tout de même nous réjouir du maintien de la race Aubrac à la fois en nombre d’animaux et d’adhérents, de plus en plus nombreux, 675 en 2022 avec une augmentation de 12% en 10 ans, et une forte demande d’adhésion sur le terrain. Du côté de l’activité export des reproducteurs,  GIE Aubrac et la SARL Nolorgues essentiellement, il y a du mieux avec une hausse des pedigrees vendus. Face à l’inflation galopante, les augmentations de tarifs pour les bovins maigres et les animaux de boucherie ont été salutaires. Ceci dit, la situation est très compliquée pour les animaux sous signes officiels de qualité, le Label Rouge Bœuf fermier Aubrac et l’IGP Génisse Fleur d’Aubrac, à cause des écarts de prix insuffisants avec la viande conventionnelle», prévient Yves Chassany.

Au niveau des comptes de l’organisme, le chantier le plus important cette année est la stabilisation du résultat déficitaire. «2022 est tout sauf une année de croisière. Entre la reprise de l’ensemble de nos manifestations d’élevage ainsi que des activités de promotions et la vague inflationniste sur des postes comme les frais d’hébergement et de déplacement, nous lançons des pistes pour redresser la barre. Notamment lors du SIA et du Sommet de l’élevage. Mais globalement ce sont l’ensemble de nos manifestations qui sont dans le viseur pour faire face à ce déficit. Cela passera notamment par une augmentation de nos cotisations sur le prochain exercice», annonce Yves Chassany.

Quant au National Aubrac, du 12 au 14 octobre prochain en Lozère, les préparatifs sont lancés. Le fil rouge de l’événement : la race Aubrac au service du renouvellement des générations. Les lycées agricoles sont d’ores et déjà impliqués et une retransmission de la manifestation est prévue.

Jérémy Duprat

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