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Par Agra

Selon une étude, sept fermes sur dix situées dans «l’agriculture du milieu»

Une étude de la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes et de VetAgro Sup, publiée en décembre par le Centre d’études et de prospective (ministère de l’agriculture), propose une typologie des exploitations définissant «huit profils de projet d’agriculture». 72 % des fermes ont «une démarche d’entrepreneuriat collectif, au sein de filières agroalimentaires auxquelles elles fournissent des matières premières agricoles». Leurs profils correspondent à une «agriculture du milieu», selon les auteurs : «trop petites pour être compétitives sur les marchés de matières premières, et trop grandes et trop génériques pour vendre sur les marchés de vente directe». Elles regroupent notamment des exploitations engagées dans des filières longues en élevage, grandes cultures et viticulture.

Cette agriculture à «entrepreneuriat collectif en filière longue» est positionnée entre deux autres logiques entrepreneuriales. D’un côté, de très petites structures de production (9 %), qui maximisent la valorisation de leurs produits différenciés en vente directe. De l’autre, l’agriculture de firme (18 %) : soit de grandes exploitations recourant au salariat, engagées dans une stratégie de compétitivité hors coûts en viticulture de caveau notamment ; soit de grandes exploitations céréalières ou porcines qui produisent des matières premières et des services agricoles dans une logique de compétitivité-coûts.

Source Agra


Par Agra

Consommation : les achats des seniors résistent à l’inflation, montre FranceAgriMer

Selon une étude de FranceAgriMer mise en ligne le 20 janvier, les dépenses alimentaires à domicile des seniors (à partir de 65 ans) ont été les seules à augmenter en 2021, année post-covid de reflux de la consommation, et elles ont davantage augmenté que celles des autres tranches d’âge les années d’inflation suivantes, « grâce notamment à un pouvoir d’achat important en moyenne ». Ces achats « résilients », selon le terme du compte-rendu, comportent davantage de viandes que la moyenne (55 kg/an vs 44 kg/an), de fruits et légumes bios (6,2 kg/an vs 3,9 kg/an), de produits frais en général ainsi que de plats préparés (11 kg/an vs 10 kg/an), et relativement peu d’alternatives aux produits animaux. La dépense moyenne des seniors se composait en 2024 à 20% de viandes et à 17% de produits laitiers. L’office justifie son étude par la progression de la part âgée de la population, les naissances déclinant, et par l’importance des dépenses alimentaires des seniors. Ainsi en 2024, les ménages de 65 ans et plus ont dépensé 40 milliards d’euros pour leur consommation alimentaire à domicile. C’est 30% de la consommation à domicile totale. FranceAgriMer a exploité pour cette étude les données Worldpanel by Numerator.


Par Agra

Glyphosate : une influente étude en faveur de son inocuité retirée après des années d’alertes

Une influente étude affirmant que le glyphosate ne présente aucun risque grave pour la santé a été récemment retirée pour suspicion de conflits d’intérêts, 25 ans après cette publication qui a entre-temps guidé nombre de décisions politiques malgré des alertes quant à la probité de ses auteurs. Si des chercheurs ont salué cette rétractation, sa lenteur interroge quant à l’intégrité de la recherche menée autour de l’ingrédient clé du Roundup, herbicide le plus vendu dans le monde. Publié en 2000 dans le journal Regulatory Toxicology and Pharmacology, l’article désormais retiré figure parmi les plus cités sur le glyphosate, notamment par de nombreuses autorités gouvernementales qui en réglementent l’usage. Dans sa note de rétractation publiée la semaine dernière, le journal cite toute une série de lacunes « critiques » : omission d’inclure certaines études sur les dangers liés au cancer, non-divulgation de la participation de salariés de Monsanto à son écriture et non-divulgation d’avantages financiers perçus par les auteurs de la part de Monsanto. Elsevier, l’éditeur du journal, a assuré à l’AFP que la procédure de réexamen de l’étude a été entamée « dès que le rédacteur en chef actuel a pris connaissance des préoccupations concernant cet article, il y a quelques mois ». Dès 2002, une lettre signée par une vingtaine de chercheurs dénonçait déjà « des conflits d’intérêts, un manque de transparence et l’absence d’indépendance éditorial » au sein de la revue scientifique, en mentionnant Monsanto.


Par Agra

Pac : sans elle, la production agricole de l’UE diminuerait de 11 % (étude)

Alors que les discussions sur la future Pac démarrent juste, le Centre commun de recherche (JRC, Commission européenne) a publié le 27 octobre un travail comparant trois scénarios théoriques pour l’avenir de cette politique : l’absence totale de Pac, une Pac axée sur la productivité et l’innovation, ou une autre concentrée sur les question d’environnement et de climat. Premier constat : sans Pac la production agricole de l’UE chuterait (-11 %), affectant en particulier les plus petites exploitations, les revenus reculeraient (-5 %) avec, en parallèle, un intensification des productions. Le scénario qui oriente le soutien de la Pac vers des interventions sur l’environnement et le climat permettrait, lui, des gains considérables en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (-1,7 %) ou de la pollution azotée (-2 %), mais la production agricole diminuerait de 4 % ; les prix alimentaires augmenteraient de même que les importations. Et, « en réduisant sa propre production, l’UE pourrait déplacer la demande vers des régions du monde où l’agriculture est moins efficace en carbone », soulignent les auteurs. Ils semblent pencher, dans une certaine mesure, pour le scénario « productivité et innovation » qui a certes un impact environnemental non négligeable (+0,5 % d’émissions de GES, +1,4 % d’excédent d’azote, diminution de la diversité des cultures), mais se traduirait par une augmentation de 2,7 % de la production agricole dans tous les secteurs, une baisse des prix alimentaires et une amélioration des performances commerciales.


Par Agra

Influenza aviaire : le virus toujours présent dans le lait cru au bout de 120 jours (étude)

Le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 subsiste dans les fromages au lait cru jusqu’à 120 jours d’affinage, selon une étude menée par une équipe de chercheurs de l’université américaine Cornell et publiée dans la revue Nature le 8 octobre. Toutefois, les chercheurs se sont aperçus que le niveau d’acidité du lait avait un impact sur la persistance du virus : le virus infectieux persiste « tout au long du processus de fabrication du fromage et jusqu’à 120 jours d’affinage dans les fromages fabriqués avec un lait cru à pH 6,6 et 5,8 mais pas à 5,0 ». Les chercheurs ont également étudié la transmission du virus par la voie alimentaire sur des furets. « Alors que les furets nourris avec du lait cru contaminé par le virus H5N1 ont été infectés, ceux nourris avec du fromage au lait cru ou une suspension de fromage ne l’ont pas été », ont-ils constaté. L’absence d’infection pourrait être liée « à la tendance des furets à avaler de petits morceaux de fromage entiers, limitant ainsi le contact viral avec la zone oropharyngée » ou « à des niveaux inférieurs de virus infectieux dans ces échantillons ». Aux États-Unis, le virus H5N1 a infecté environ 1 000 troupeaux bovins laitiers depuis 2024, contaminant également le lait issu de ces vaches.


Par Agra

UE/Mercosur : les quotas limitent les conséquences négatives pour l’élevage de l’UE (étude)

Les implications négatives de l’accord UE/Mercosur, dont le processus de ratification a récemment été lancé par la Commission européenne, pour les revenus du secteur de l’élevage pourraient être limitées grâce aux contingents tarifaires. C’est l’une des conclusions d’un article scientifique rédigé conjointement par Alexandre Gohin (Inrae) et Alan Matthews (Trinity College de Dublin), publié le 26 septembre. Dans ce document, les auteurs ont utilisé deux scénarios afin de « quantifier les impacts probables » : un prenant en compte une libéralisation totale et un autre simulant des offres d’ouverture de marché plus limitées dans les secteurs sensibles. Si l’élevage européen devrait subir une perte de revenus en raison des importations supplémentaires, les auteurs constatent toutefois que les contingents tarifaires additionnels ont un effet protecteur. Ainsi l’impact, notamment pour les secteurs de la viande bovine et de la volaille, est « fortement atténué ». Par ailleurs, leur analyse par Etat membre montre que les secteurs de l’élevage en France, en Italie et en Irlande, figurant parmi les pays opposés à la ratification, seraient les moins touchés, en comparaison avec l’Allemagne et la Pologne, principalement en raison des préférences de consommation.


Par Agra

Elevage : les effets de plafonds de densité d’animaux sur le cheptel de l’UE (étude)

Dans un article publié dans le numéro de mai 2025 d’Agricultural Systems, des chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission européenne étudient des scénarios de plafonnement de la densité d’animaux d’élevage en UE qui aboutissent à une réduction nette du cheptel européen, entre -3,4 % et -15,6 %. Les chercheurs ont réalisé une modélisation des effets d’un plafonnement de la densité du cheptel sur les productions animales en prenant en compte deux seuils de densité : 2 unités de gros bétail/ha, correspondant à la directive Nitrates de 1991, et 1,4 unités de gros bétail /ha, utilisé dans des mesures agro-environnementales. « L’impact est plus important pour les granivores que pour les animaux d’élevage pâturant », notent les auteurs. Autres conséquences : une baisse de la production de céréales car moins d’animaux à nourrir, une réduction des excédents d’azote de 4 à 10 %, mais une augmentation de l’utilisation du phosphore et du potassium, car moins de fumier. Et une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 2 à 9%, mais une part importante de cette réduction pourrait être compensée par une hausse des émissions dans les pays tiers.


Par Agra

Elevage : le fumier, important réservoir de gènes résistants aux antibiotiques (étude)

« Le fumier d’élevage constitue un important réservoir de gènes de résistance aux antibiotiques, dont certains peuvent potentiellement être transférés à des bactéries pathogènes pour l’humain », souligne une étude menée par l’Université d’État du Michigan (MSU) et publiée dans Science Advances le 27 juin. La présence de ces gènes trouve son origine dans l’usage excessif des antibiotiques pour soigner les animaux ou stimuler leur croissance.L’étude menée sur 14 ans constitue « le sondage le plus complet à ce jour concernant les gènes de résistance issus du bétail. L’équipe a analysé plus de 4 000 échantillons de fumier de porcs, de poulets et de bovins provenant de 26 pays », peut-on lire. Parmi eux, l’étude distingue les États-Unis, premier producteur mondial de bœuf, qui présentent une abondance et une diversité particulièrement élevées de gènes résistants dans le fumier bovin. La Chine, premier producteur mondial de porc, affiche quant à elle les niveaux les plus élevés de résistance bactérienne dans le fumier porcin. L’étude démontre par ailleurs que les gènes résistants circulent entre les pays via le commerce, les voyages et les processus naturels.


Par Agra

Salariés et chaleur : les trois objectifs de la future étude de Santé Publique France

Santé publique France a apporté des précisions sur l’étude qu’elle a récemment lancée sur les accidents du travail en lien avec la chaleur dans le régime général et agricole. « Les impacts de la température sur la sinistralité au travail sont décrits dans la littérature internationale mais n’ont pas été étudiés à ce jour pour la France », explique l’organisme. L’étude se donne trois objectifs. Il s’agira en premier lieu de construire une base de données des accidents du travail inter-régimes. Elle devrait permettre aussi de construire une relation température-sinistralité au travail et estimer la relation entre le nombre d’accidents du travail toutes causes attribuables à la chaleur et au froid. Enfin il s’agira d’identifier « les perspectives possibles à partir des données pour caractériser les travailleurs les plus affectés par les températures extrêmes et selon les causes d’accidents du travail ». Un décret est paru le 1er juin, qui renforce la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Plusieurs décès lors des vendanges 2023 avaient engendré des travaux de réflexion sur l’aménagement du travail en cas de forte de chaleur.


Par Agra

Viande : la transition agroécologique menacerait un tiers des abattoirs de l’Ouest (étude)

Dans une étude publiée dans le Journal of Agricultural Economics, des chercheurs de l’Iddri et de l’Inrae ont évalué l’impact économique de la transition agroécologique sur l’industrie de la viande (porcs, volailles et bovins). Résultat : les abattoirs de l’Ouest « sont les principaux perdants » et « plus d’un tiers » d’entre eux fermeraient. La transition étudiée consiste en une réduction et une relocalisation des productions animales : celles-ci seraient adaptées à un seuil de 29 % de prairies permanentes par petite région agricole (minimum pour maintenir la surface en herbe française), ainsi qu’aux surfaces en légumineuses pour le porc et les volailles. Ce scénario baptisé « Ambition élevée » provoquerait une chute de la production nationale de 37 % pour la viande bovine, 36 % pour le porc et autant pour la volaille. L’Ouest, qui concentre ces trois filières, subirait des pertes quasi doublées (-65 %, -81 % et -78 % respectivement). Avec le transfert de la production, d’autres sites ouvriraient ailleurs en France ; en tout, le nombre d’entreprises d’abattage-découpe augmenterait de 7 % en volailles, et reculerait de 4 % en porcs et de 9 % en bovins. Face à ce « changement significatif pour l’industrie de la viande », l’étude plaide pour des soutiens aux abattoirs (notamment les plus petits), ainsi qu’aux salariés, aux éleveurs, et aux financeurs.