National | Par La rédaction

Le premier ministre s’adresse aux agriculteurs : «le bon sens doit redevenir la règle»

Dans une lettre ouverte adressée aux agriculteurs de France, le premier ministre, Sébastien Lecornu a présenté le cap du gouvernement pour son agriculture. Il a tenu à «dire les choses clairement» sans pour autant rassurer.

«Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures. Rétablir la justice économique. Supprimer ou adapter des règles qui pénalisent notre agriculture sans pour autant toujours protéger efficacement l’environnement ou la santé», a écrit Sébastien Lecornu. Une stratégie que le premier ministre a tenu à rappeler avant les rendez-vous ce lundi 5 janvier, avec l’ensemble des syndicats agricoles.

«Mettre fin aux deux poids deux mesures»

Face à la sur-administration, Sébastien Lecornu affirme que «les règles ont commencé à être simplifiées», évoquant notamment un contrôle administratif unique, des délais de recours raccourcis, un allégement des obligations de la PAC et de ses charges administratives, la reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs, la fin des sanctions automatiques et disproportionnées…
Le premier ministre assure encore que «face aux crises, l’État a répondu systématiquement et continuera à le faire» citant notamment les soutiens déployés lors des crises sanitaires, intempéries, tensions de trésorerie.
Enfin sur l’Europe, le gouvernement français défend «une ligne claire» : «Le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain : il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole. Quant aux accords commerciaux, ils seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés».

«Ferme et offensif»

Dans cette lettre ouverte, le premier ministre indique la volonté du gouvernement d’entrer «dans une phase plus ferme, plus offensive».
Il évoque plusieurs exemples dont les importations : «Il n’est plus acceptable que l’on tolère la présence de substances interdites en France dans les produits importés qui entrent sur notre marché», invoquant «le bon sens». Pour lui, «le principe sera simple : les mêmes normes pour tous, les mêmes contrôles pour tous».
Sur le dossier de l’eau, il entend «revenir au terrain» : «il est temps de sortir de toutes les idéologies. Il y a urgence à renforcer notre souveraineté alimentaire et nos intérêts supérieurs».
Au-delà des mots, le premier ministre invite les agriculteurs à «regarder les actes» : Les arrêtés et les décrets seront publiés, y compris sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Les projets seront débloqués. Les règles seront revues. Le dialogue avec vos organisations professionnelles aura lieu. Le Parlement pourra se saisir souverainement. La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, y veillera en lien avec ses collègues. L’État prendra ses responsabilités», a-t-il assuré.

Sa lettre s’achève sur la conviction que «le bon sens doit redevenir la règle» : «Parce qu’il n’y a pas de souveraineté sans agriculture forte. Parce qu’il n’y a pas de Nation sans agriculteurs fiers de la nourrir. Parce que sans agriculture, il n’y a pas de protection de nos paysages, de notre patrimoine naturel, pas de vitalité dans nos campagnes. Parce que nos jeunes doivent retrouver l’envie de produire et de s’investir dans ce noble métier qu’est celui d’agriculteur. Parce qu’il n’y a pas de transition écologique réussie sans engagement de tous les maillons de la chaîne : producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs. Parce que nous tous, Français, savons ce que nous devons à celles et ceux qui chaque jour nous nourrissent. Nous sommes tous acteurs de notre souveraineté alimentaire, consommateurs en tête !».

La rédaction

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Selon une projection réalisée par le «think-tank» Farm Europe, plus de 50 % des agriculteurs français percevant plus de 5 000€ par an seraient touchés par la réduction des aides proposée par la Commission. Les taux de dégressivité et de plafonnement de l’aide au revenu de base proposés dans le cadre du projet de réforme du budget de PAC «toucheront plus durement les agriculteurs qui constituent actuellement l’épine dorsale de la production européenne», selon une analyse publiée par le «think-tank» Farm Europe. Plus de la moitié de la surface agricole utilisée de l’UE serait affectée par la réduction des aides, et cette proportion atteindrait les deux tiers en excluant les plus petites exploitations (recevant moins de 5 000 € d’aides), qui…