Aveyron | Par Eva DZ
En novembre, Loïc Christophe a succédé à Bernard Lacombe à la présidence de FODSA – GDS Aveyron. Ce vendredi 3 avril, l’éleveur de Montbazens présidera sa première assemblée générale. Rencontre.

Loïc Christophe a succédé à Bernard Lacombe à la présidence de FODSA GDS Aveyron.
Pouvez-vous vous présenter ?
L. Christophe : «J’ai repris en 1998 la petite exploitation de mes parents, sur le secteur de Montbazens et j’ai pu concrétiser ce projet d’installation grâce à la reprise d’une ferme voisine en bovin lait et viande. J’ai toujours été passionné d’agriculture d’ailleurs j’ai passé un bac à La Vinadie dans le Lot puis un BTS Acse à Aurillac. Mes beaux-parents avaient eu aussi une exploitation laitière : j’ai toujours baigné dans ce milieu !
Avant de m’installer, et après l’Armée, j’ai travaillé au Service de remplacement puis 2 ans dans la scierie de mes parents ce qui m’a permis de passer mon permis poids lourds.
Pouvez-vous présenter votre exploitation ?
L. Christophe : J’ai repris comme je le disais l’exploitation familiale, une petite structure et une structure voisine en bovin lait et viande. En 2010, j’ai décidé de transformer le bâtiment des taurillons pour les vaches laitières et j’ai eu l’opportunité d’augmenter mon quota à 140 000 litres de lait. J’y ai adossé un petit atelier de 40 veaux de boucherie.
Mais en 2013-2015, la crise laitière m’a interrogé sur la suite de ma structure… En 2016, j’ai entendu parler d’une nouvelle opportunité : la production de canards prêts à gaver avec La Quercynoise. J’ai donc choisi d’arrêter la production laitière et de créer un bâtiment spécialement pour le canard prêt à gaver. Et pour valoriser mes surfaces, j’ai créé un atelier d’engraissement de génisses et de mâles à la repousse via la coopérative natera.
De plus, je savais qu’à terme, j’aurai de moins en moins le soutien de mon père et mon beau-père, il me fallait aussi penser à la notion de main d’œuvre sur la ferme. Le canard gras comme l’engraissement sont des productions planifiées, qui offrent de la souplesse dans l’organisation du travail et me permettent de travailler seul avec une astreinte moins lourde.
Quels ont été vos premiers contacts avec le GDS Aveyron ?
L. Christophe : Je me suis impliqué progressivement dans mon parcours : d’abord auprès de mon GDS local à Montbazens puis j’ai participé à la commission bovine du GDS. Elu à la présidence du GDS local, j’ai intégré le conseil d’administration de FODSA GDS Aveyron. Via ma production de canards gras, j’ai été accompagné par la structure sur le volet biosécurité. Ma première implication a concerné un projet d’organisation à l’échelle régionale de la production avicole mais qui n’a pu aboutir faute de fonds. Ça a été pour moi, le début de mon implication. J’ai intégré le bureau de FODSA GDS Aveyron sous la présidence de Bernard Lacombe, puis j’ai succédé à Sylvain Fraysse au poste de secrétaire général.
Qu’est-ce qui vous motive dans cet engagement à FODSA GDS Aveyron ?
L. Christophe : Je me sens à l’aise, dans mon élément, dans cette organisation neutre. J’ai eu envie de m’impliquer sur le sanitaire parce que c’est une cause importante, qui touche tous les éleveurs, et il y a beaucoup à y faire ! L’approche collective de l’équipe à la FODSA me plaît beaucoup, en toute indépendance. Elle est source d’informations précieuses pour tous et son action, ses projets de recherche font avancer le cheptel aveyronnais. La FODSA est une organisation créée par les éleveurs, pour les éleveurs. Elle est à l’écoute et en soutien quand des difficultés surviennent.
Comment s’est passée la transition avec Bernard Lacombe ?
L. Christophe : Depuis 2 ans, nous travaillons ensemble au passage de relais à l’échelon départemental mais aussi régional et national. Comme lui je participerai au conseil d’administration de la FRGDS et de GDS France, c’est une fonction importante pour aller recueillir les informations et défendre ce que l’on vit sur nos territoires. Chaque région a ses spécificités et il est important de faire entendre notre voix.
J’avoue que j’ai démarré la présidence dans un contexte compliqué avec l’émergence de la DNC, ce fut très formateur ! Mais j’ai apprécié de pouvoir rencontrer l’ensemble des parties prenantes de l’élevage et du monde agricole, les services de l’Etat. Cela m’a permis de mieux m’impliquer et d’être reconnu aussi à l’échelle départementale.
Une nouvelle équipe vous entoure. Comment l’avez-vous constitué ?
L. Christophe : En effet, le bureau du GDS Aveyron a été renouvelé avec beaucoup de jeunesse et également des agricultrices bien présentes. Nous sommes porteurs de nouveaux projets et d’une nouvelle vision pour le sanitaire. Dès les premières réunions, chacun a apporté son expérience, sa façon de voir les choses. Nous avons aussi chacun, participé à des réunions locales de GDS cet hiver qui nous ont permis d’aller au contact des éleveurs, d’écouter leurs besoins et de les informer. Je tenais à leur participation parce que je pense c’est important que les membres de notre bureau soient reconnus localement».
Recueillis par Eva DZ


