Aveyron | Par Eva DZ
Dans le cadre de programmes pluri-annuels de gestion des cours d’eau, l’EPAGE Viaur accompagne les agriculteurs dont les parcelles sont en bord de cours d’eau. Son équipe de techniciens rivière met en œuvre des actions dites d’intérêt général visant à maintenir le bon état écologique des masses d’eau. Ces actions sont entièrement financées grâce à l’appui de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, des Communautés de communes concernées, du syndicat d’eau potable, de la Région et du Département.
Au GAEC des Piades, à Vezins de Lévézou, chez Samuel et Gabrielle Maymard, éleveurs bovins lait, plus de 2 km de parcelles bordent ou traversent la rivière Viaur. Depuis bientôt 10 ans, ils ont réalisé divers aménagements avec l’appui des techniciens rivière de l’EPAGE Viaur. Ces aménagement permettent à leurs animaux, leurs engins et parfois eux-mêmes, de traverser sereinement le cours d’eau, sans le souiller ni le remplir de terre, et pour créer des points d’abreuvement.

Protéger la rivière et faciliter le travail des agriculteurs
«L’idée de ces aménagements est de délimiter des points en bordure de rivière pour faciliter le passage ou bien l’accès à l’abreuvement des animaux», introduit Pierre-Jean Ichard, technicien rivière à l’EPAGE Viaur qui a programmé et réalisé les travaux avec son équipe chez Samuel et Gabrielle Maymard. Ainsi la première action a été la mise en défens des berges. Cela s’est concrétisé avec l’installation de clôtures le long de la rivière et la création de passages empierrés pour permettre aux animaux, de traverser «sans se salir les tétines» ainsi qu’aux engins et aux éleveurs «les pieds au sec !». «L’équipe de l’EPAGE est très à l’écoute de nos attentes et de la situation sur le terrain. Ces opérations se sont déroulées dans un bon climat de dialogue et de compréhension», tient à souligner Samuel Maymard.
D’ailleurs, quelques ajustements ont été nécessaires dans le temps. «Nous nous sommes aperçus que l’eau du Viaur n’était pas suffisante en quantité pour abreuver les vaches, notamment l’été. Nous avons donc réfléchi avec l’équipe de techniciens à l’installation d’un puits à quelques mètres du Viaur, relié à des abreuvoirs pompe. Le problème a été vite réglé !», sourit Samuel. Et Pierre-Jean Ichard de préciser que ce puits n’est pas très profond. «Nous sommes allés simplement sous le lit de la rivière Viaur».

Abreuvement et passage empierré
Aujourd’hui, l’éleveur constate les bénéfices de ces installations au pâturage. «Indéniablement, la qualité de l’eau est préservée. Grâce à la filtration du puits, les vaches boivent une eau claire et propre et facilement accessible via les abreuvoirs pompe, y compris en période sèche. Les accès limités à la rivière garantissent aussi la propreté de l’eau et une traversée «saine» et en sécurité des animaux». Et Pierre-Jean Ichard de préciser que ces aménagements sont utiles sur tout l’aval de la rivière : «il y a une réelle solidarité amont-aval».
Depuis, Samuel a également observé un retour de la faune et de la flore de rivière. Et si ces aménagements nécessitent de respecter quelques prérogatives pour son exploitation comme l’annexion de petites surfaces en herbe planes en bord de rivière, où il ne peut plus cultiver de céréales, il estime que le sacrifice en vaut la chandelle ! «Finalement c’est une validation de pratiques que j’avais déjà sur la ferme : peu de phytos, peu d’azote compensé par l’apport de matières organiques, beaucoup de prairies naturelles… Et en plus, je participe à garder un milieu naturel propre, à préserver de l’eau en quantité et en qualité… Ce sont des réalisations utiles», résume Samuel, satisfait des échanges avec l’équipe de l’EPAGE Viaur, les remerciant pour leur écoute et leurs compétences.
Eva DZ


