Aveyron | Par Eva DZ

Pensez à vérifier la qualité de l’eau !

Le laboratoire d’analyses, Aveyron Labo, est spécialisé dans 4 domaines dont l’eau et l’environnement (en plus de l’agroalimentaire, la santé animale et la génomique). Fort de plus de 30 ans d’expérience, il fait figure de référence sur ces sujets. Et son équipe d’une centaine d’ETP assure un accompagnement nécessaire au suivi de la qualité des eaux et au contrôle de sa potabilité pour les Hommes comme pour les animaux.

En conformité avec la réglementation en vigueur, Aveyron Labo est spécialisé dans les analyses bactériologiques de l’eau. «Notre rôle est de vérifier la qualité microbiologique de l’eau», introduit Roland Brugidou, directeur depuis 2003. Et pour se faire, le laboratoire compte sur une équipe spécialisée et formée, dirigée par Laureen Legoff, responsable du service hydrologique depuis 2012.

Les techniciens d’Aveyron Labo réalisent les prélèvements en rivière.

Prévention


Sur la qualité des eaux destinées à l’abreuvement des animaux d’élevage, elle s’appuie sur l’expertise technique de Charlette Fontaneil, vétérinaire, qui, en interprétant les résultats, peut poser un diagnostic et rediriger vers le vétérinaire de l’élevage ou le GDS Aveyron, particulièrement au fait de la situation de l’élevage.

Agréé et indépendant, Aveyron Labo assure les prélèvements et réalise les analyses : «Les analyses permettent de livrer une photographie à l’instant T de la qualité de l’eau prélevée. Le suivi doit donc être régulier et s’adapter en fonction des aléas comme les crues, les sécheresses… Chaque exploitant est maître des analyses de l’eau donnée à ses animaux, il n’y a pas d’obligation en la matière», indique Laureen Legoff, qui préconise la réalisation d’une analyse par an : avant que les animaux aient accès à l’eau au pâturage, lors de la mise en eau d’une nouvelle source et selon la saisonnalité (basses ou hautes eaux)…

«En élevage laitier, le timing est différent car en salle de traite, l’eau provient du réseau et des analyses sont effectuées régulièrement», note Charlette Fontaneil. «Souvent il y a deux réseaux dans ces élevages, public pour la salle de traite et privé pour l’abreuvement», complète Laureen Legoff. Si les analyses sont réglementées sur le réseau d’eau potable et les eaux de milieu naturel (rivières, lacs, eaux souterraines) déjà bien surveillés (et Aveyron Labo bénéficie justement d’accréditations pour les réaliser à l’échelon départemental), les spécialistes recommandent des analyses régulières : «au pâturage par exemple, si l’eau du ruisseau est la première source d’alimentation pour les animaux. Il faut faire des prélèvements réguliers, comme dans tout point d’eau au pâturage, de façon à vérifier le niveau de bactérie et le parasitisme», conseille Laureen Legoff. «Si l’eau n’est pas de bonne qualité, il vaut mieux la stocker et la traiter».

Le comptage d’une colonie, dans une analyse bactériologique de l’eau.

Etat des lieux et suivi

L’équipe concède qu’elle est davantage sollicitée lorsqu’il y a un souci, de diarrhées notamment des animaux. «L’idéal serait d’intervenir en prévention pour se prémunir d’éventuelles contaminations de l’eau et par effet de chaîne, des animaux. Mais nous ne sommes pas sollicités en premier réflexe pour analyser l’eau…», observe Charlette Fontaneil. Elle recommande également de veiller à la propreté des équipements. «Une eau peut être tout à fait potable mais si elle est stockée dans des abreuvoirs qui ne sont pas nettoyés régulièrement, la qualité de l’eau peut être altérée !», évoquant aussi des analyses «pédagogiques» y compris pour l’eau du puits utilisée pour l’arrosage du jardin. «Les réserves d’eau doivent être à l’abri de la lumière pour éviter le développement de bactéries et l’eau de pluie n’étant pas potable. Il faut penser à bien laver ses légumes du jardin !», recommande l’équipe d’Aveyron Labo.

La première analyse peut être complète : bactériologique et physico-chimique. Puis un suivi annuel peut être assuré simplement au niveau bactériologique. «Le risque n’est pas inexistant, surtout en bactério», note Laureen Legoff. Les prélèvements sont réalisés soit par les techniciens d’Aveyron Labo, soit pas le client «à condition d’avoir un contenant stérile et de suivre des modalités précises pour ne pas altérer la qualité du prélèvement et induire de mauvais résultats».

L’analyse bactériologique consiste en un comptage manuel. «Nous filtrons l’eau prélevée sur une membrane, puis elle est mise à l’étude, en boîte et incubée à une température définie puis nous dénombrons à la loupe les colonies… En bactério le seuil doit être à 0», détaille Laureen Legoff.
Pour une analyse physico-chimique, le volume d’eau prélevée est plus important. «Le laboratoire s’est équipé de façon à approfondir les recherches et proposer des analyses plus fines, correspondantes à l’évolution des réglementations. Une grande partie est automatisée», avance Roland Brugidou. «Il peut exister jusqu’à 30 méthodes différentes d’analyse».

De façon générale, l’équipe d’Aveyron Labo estime que la qualité de l’eau dans le département est plutôt préservée. «La première préoccupation souvent est l’accès à l’eau en quantité suffisante, la qualité vient après», avance Roland Brugidou.

Eva DZ

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Dans le cadre de programmes pluri-annuels de gestion des cours d’eau, l’EPAGE Viaur accompagne les agriculteurs dont les parcelles sont en bord de cours d’eau. Son équipe de techniciens rivière met en œuvre des actions dites d’intérêt général visant à maintenir le bon état écologique des masses d’eau. Ces actions sont entièrement financées grâce à l’appui de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, des Communautés de communes concernées, du syndicat d’eau potable, de la Région et du Département. Au GAEC des Piades, à Vezins de Lévézou, chez Samuel et Gabrielle Maymard, éleveurs bovins lait, plus de 2 km de parcelles bordent ou traversent la rivière Viaur. Depuis bientôt 10 ans, ils ont réalisé divers aménagements avec l’appui des techniciens rivière de l’EPAGE…