Aveyron | Par Eva DZ

Les consommateurs aiment-ils le lait de brebis ?

A l’occasion de son assemblée générale, organisée en amont de Provinlait à Réquista, France Brebis Laitière a présenté les résultats d’une étude menée en 2025 par l’IPSOS à la demande de FranceAgriMer et de la FBL sur la perception du lait de brebis par les consommateurs.

Après l’inflation consécutive à la crise du COVID, la consommation de lait de brebis en France se redresse sans toutefois retrouver son niveau d’avant 2020. «Les prix des produits au lait de brebis étaient plus élevés que ceux au lait de vache ou de chèvre. Les ménages ont donc reporté leur consommation sur les produits moins onéreux», évoque Ali Dridi de FranceAgriMer qui a présenté les conclusions de l’enquête menée avec France Brebis Laitière.
75% des Français consomment des produits au lait de brebis

En 2025, la fréquence des achats de fromages au lait de brebis a retrouvé sa dynamique, portée notamment par les consommateurs fidèles de ces produits. «Les fromages ultra frais, la feta et assimilés ont porté la croissance», note l’étude. «Difficile à ce jour de donner des perspectives quant à l’évolution de l’inflation et donc du pouvoir d’achat des ménages en raison du conflit au Moyen-Orient», nuance l’étude.
Pour ajuster sa communication sur les produits au lait de brebis et maintenir la dynamique de consommation, France Brebis Laitière s’est intéressée à la façon dont ils sont perçus par les consommateurs. Une enquête a interrogé près de 2 000 personnes sur une tranche d’âge large (18-75 ans) aux profils variés. Près de 75% d’entre eux consomment régulièrement des produits au lait de brebis… ce qui signifie donc que 30% d’entre eux n’en mangent pas ou plus !

Une confusion toujours élevée autour du Roquefort

Cette étude révèle une connaissance limitée de la filière lait de brebis auprès des consommateurs. Ils associent cette production en premier lieu, à un élevage de plein air, à taille humaine, moins intensif et respectueux de l’environnement . Toutefois 21% ne se prononcent pas car ils ne sont pas acheteurs de ces produits et n’en ont donc aucune image. D’ailleurs le même pourcentage de personnes se dit incapable de citer un type de fromage au lait de brebis ! Et souvent font la confusion avec les fromages au lait de chèvre. Pour autant le plus cité des fromages au lait de brebis reste le Roquefort… même si certains ne sont pas toujours sûrs qu’il soit au lait de brebis ! La feta et l’Ossau Iraty sont aussi bien identifiés.

A la différence des fromages au lait de vache consommés régulièrement, les achats des fromages au lait de brebis sont ponctuels. Ainsi seulement 7% des personnes interrogées en mangent tous les jours (contre 30% en vache).
Les raisons invoquées de la baisse de consommation des produits au lait de brebis (ultra-frais comme les yaourts ou fromages) sont en premier lieu le goût et la préférence gustative pour ceux au lait de vache ou de chèvre, viennent en suivant le prix et le contexte inflationniste.

Trois propositions pour relancer la consommation

A la suite de la publication de ces résultats, l’étude formule plusieurs recommandations pour relancer la consommation de produits au lait de brebis.

D’abord renforcer la communication (autour des filières, de la qualité des produits, de leur bénéfice pour la santé et la digestiblité), des arguments qui permettront de justifier le prix. «Le volet scientifique est clairement à explorer pour apporter des éléments probants», avance l’étude. Cette communication devra notamment passer par les réseaux sociaux pour toucher les jeunes consommateurs, ainsi que par les influenceurs.

La deuxième solution soulevée est de rendre les produits au lait de brebis plus visibles dans les rayons en renforçant les promotions, en mettant en avant l’origine France.

Le troisième levier pour relancer la consommation de produits au lait de brebis est le développement de la dégustation afin de briser l’idée du goût «fort» des produits, auprès des consommateurs mais aussi des personnes qui n’ont pas l’habitude d’en consommer… Et de proposer des recettes adaptées à tout type de produits.

«Cette étude nous montre les lacunes et nous oriente sur les actions à mettre en œuvre pour relancer la consommation des produits au lait de brebis. Et la priorité numéro 1 est d’occuper le terrain pour faire connaître et promouvoir notre filière et nos produits», ont résumé les responsables de France Brebis Laitière.

Eva DZ

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