Selon une étude parue dans la revue scientifique Nature le 1er juillet, les forêts représentent environ 38 % de la surface totale des terres de l’Union européenne, soit environ 2 % de moins que la surface agricole de l’Union à 28. Les rédacteurs de cette étude ont observé « une augmentation de la superficie forestière récoltée (49 %) et une augmentation de la perte de biomasse (69 %) en Europe pour la période 2016-2018 par rapport à 2011-2015, avec des pertes importantes dans la péninsule ibérique et dans les pays nordiques et baltes ». Cette surexploitation est consécutive à une demande plus importante des consommateurs pour des produits « naturels », notamment après l’application en Europe de la directive de la bioéconomie qui désigne le bois comme énergie renouvelable. Les coupes de bois (pour une grande partie des résineux) est destinée à la construction, à la papèterie et à la production d’énergie. Les chercheurs qui ont critiqué cette directive s’attendent d’ailleurs à ce que cette surexploitation se poursuive dans les années à venir. Elle pourrait avoir des effets sur la biodiversité, l’érosion des sols et la régulation de l’eau. « L’atténuation du changement climatique par la forêt pourrait être entravée, et les pertes supplémentaires de carbone dues aux forêts nécessiteraient des réductions d’émissions supplémentaires dans d’autres secteurs, afin d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 », expliquent-ils.
Didier Bouville


