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Lait de chèvre : de légères améliorations de revenus en France

Après une année 2024 catastrophique, les producteurs de lait de chèvre du sud voient leurs marges retrouver des couleurs et leurs revenus se redresser. Les résultats courants des systèmes « livreurs et bovins viande » (94 ha ; 308 chèvres ; 289 800 l ; 51 vaches allaitantes) battent tous les records.

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6 systèmes représentatifs

Dans son « Dossier annuel – Caprins », l’Institut de l’élevage présente les résultats courants par unité de main d’œuvre (RC/UMO) des éleveurs caprins des 128 exploitations agricoles membres du réseau Inosys réparties en six systèmes, représentatifs de l’élevage caprin en France.

En 2025, les systèmes « Fromagers spécialisés sud méditerranée » (11 ha ; 2,6 UMO ; 75 chèvres ; 37 400 litres) à dynamique pastorale et les éleveurs « Fromagers spécialisés autres régions » (36 ha ; 3,2 UMO ; 100 chèvres ; 82 300 litres) ont réalisé un RC/UMO de 27 200 € pour les premiers et de 27 700 € pour les seconds. Depuis quelques années, ces éleveurs-producteurs de fromage dégagent un RC/UMO stable. Il dépend des prix de vente des fromages commercialisés en circuits courts et des performances zootechniques de leurs troupeaux. Surtout, les producteurs ont la possibilité de répercuter plus facilement l’évolution des coûts des intrants sur les prix de vente de leurs fromages.

En ayant dégagé un RC/UMO de 15 500 €, les systèmes « Livreurs du sud-est » (50 ha; 1,7 UMO ; 231 chèvres, 175 200 l) se sont partiellement remis de l’hécatombe vécue en 2024. Leur RC/UMO n’avait pas excédé 10 600 €/UMO alors que le RC/UMO voisinait autour de 20 000 €/UMO les années passées, l’année 2023 mise à part (27 000 €/UMO). Ces éleveurs du sud-est ont pleinement profité de la qualité des fourrages récoltés l’an passé, d’une baisse modérée des charges et d’une timide augmentation du prix du lait. Toutefois, l’ensemble n’a pas permis de compenser le manque à gagner de 2024 et la chute du RC de 17 000 €/UMO.

Humeur des marchés

Cette année-là, le RC/UMO des systèmes « Livreurs spécialités centre-ouest et sud-ouest » (86 ha ; 2,6 UMO ; 346 chèvres ; 294 000 l) avait aussi plongé. Mais les pertes étaient plus importantes compte tenu de la dimension des fermes. Puis en 2025, leur RC/UMO s’est redressé de près 6 200 € pour atteindre 22 700 €/UMO grâce notamment à une collecte plus élevée. Mais la conjoncture laitière plus favorable n’a pas permis à ces producteurs, là encore, de retrouver un RC/UMO équivalent à celui de 2021 (33 600 €/UMO) et des années passées.

Les « Livreurs et grandes cultures » (175 ha dont 134 ha de cultures; 2,6 UMO; 343 chèvres; 288 500 l) et les « Livreurs et bovins viande » (94 ha ; 308 chèvres ; 289 800 l ; 51 VA) sont très exposés aux humeurs des marchés des céréales et de la viande bovine, très éloignés de leur activité « Lait de chèvre ». Certaines années, même les éleveurs les plus performants voyaient leurs résultats caprins annihilés par la conjoncture très défavorable de ces marchés céréaliers et de la viande.

En 2025, c’était le cas des « Livreurs et grandes cultures » pour la deuxième année consécutive. Malgré des rendements céréaliers satisfaisants, ils ne sont pas parvenus à retrouver le RC/UMO d’avant 2022 (28 000<€/ULMO) en raison de la faiblesse des prix des grains. C’était aussi le cas jusqu’en 2023, des systèmes « Livreurs et bovins viande », systématiquement pénalisés par les cours de la viande bovine qui ne couvraient pas leurs coûts de production. Mais en 2025, ces derniers ne doivent la hausse de 19 300 €/UMO de leur RC (55 900 €/UMO) qu’à ce marché de la viande. Ce résultat courant record est même supérieur à celui atteint par leurs collègues « Livreurs grandes cultures » en 2022 et 2023 (>49 000 €/UMO).

Produire 30 à 60 ML de plus d’ici 2035

La campagne laitière 2026 a bien démarré avec des stocks de caillés très faibles. Une hausse significative du prix du lait permettrait un nouveau redressement des revenus des éleveurs et rendrait la filière plus attractive auprès des candidats à l’installation. L’interprofession caprine (Anicap) a lancé un plan de relance de la production de lait de chèvre horizon de 30 à 60 millions de litres de lait horizon 2035. En Espagne, la production décline irréversiblement.

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