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21 Mai 2019 | Actus nationales

Réduction des gaz à effet de serre en Nouvelle-Zélande : l’agriculture en première ligne

La Nouvelle-Zélande veut devenir climat-neutre en 2050 et ainsi contribuer à ce que le réchauffement global soit limité à 1,5 °C. Un projet de loi du gouvernement en ce sens prévoit une forte réduction des émissions de CO2.

Premier secteur visé, l’agriculture, qui serait responsable de l’émission de la moitié des gaz à effet de serre à travers le méthane, selon les sources gouvernementales. Pour les émissions de méthane dans l’agriculture, une réduction de 10 % par rapport à 2017 est prévue en 2030, et pour 2050 elle devrait être comprise entre 24 % et 47 %.

Les organisations de l’agriculture et l’opposition du Parti National s’opposent à l’ampleur des réductions exigées pour les émissions de méthane. Elles ne sont pas convaincues de la nécessité d’une réduction entre 24 et 47 %, car celle-ci va au-delà des recommandations scientifiques et aurait de graves conséquences pour les éleveurs. Ainsi, Andrew Hoggart, le président des agriculteurs de Nouvelle Zélande, indique que les diminutions de méthane obligeront à des diminutions drastiques de cheptels.

Le ministre chargé de la protection du climat, James Straw, considère l’agriculture et l’économie agricole comme importantes en Nouvelle-Zélande, mais elles doivent être également une partie importante des solutions de lutte contre le changement du climat. Ce que les agriculteurs veulent bien l’admettre, mais ils n’acceptent pas les inégalités de traitement entre secteurs, en défaveur de l’agriculture, qui serait condamnée à abandonner la pâture.

Du côté des industries de la viande, on estime qu’avec les technologies actuelles, les réductions ne peuvent pas être réalisées, et il ne resterait comme solution que la réduction des cheptels. Il y a donc un risque important de délocalisations des troupeaux vers des contrées à émissions plus élevées qui auraient des conséquences très négatives sur l’économie du pays, sachant que les exportations laitières représentent 20 % des recettes d’exportations.

 éleveurs+climat+environnement

20 Mai 2019 | Actus nationales | Actus élevage

Les marchés des viandes suspendus à l’étendue de la peste porcine en Chine

L’effondrement de l’élevage porcin chinois emporté par la peste africaine désoriente les marchés des viandes, toutes filières confondues. Les pertes portent sur des millions de tonnes. Bien plus que les volumes de viandes exportés chaque année dans le monde.

La Chine produit 55 millions de tonnes équivalent carcasse (Mtéc), soit près de 45 % de la production mondiale alors que seules 8-9 Mtéc sont échangées chaque année dans le monde. « Or l’équivalent du cheptel russe (22 millions d’animaux) ou deux fois le cheptel canadien ou français pourrait être abattu cette année », rapporte Jean-Paul Simier dans l’édition 2019 du Cyclope présentée le 15 mai dernier par Philippe Chalmin, coordinateur de l’ouvrage de plus de 800 pages. Fin avril, la baisse de la production chinoise de viande de porc représentait déjà l’équivalent du commerce mondial. Mais depuis, la situation empire.

Selon une étude de la banque agricole hollandaise Rabobank, mentionnée par le quotidien Le Monde (édition du 17 mai 2019), jusqu’à 200 millions d’animaux seraient éliminés d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, certains pays asiatiques, importateurs de viande porcine, accentuent la pénurie des marchés en constituant des stocks pour se prémunir des risques d’approvisionnement. Pour s’approvisionner en viande porcine, les choix sont restreints car la Chine boycotte le porc étasunien et même canadien. « En avril 2018, en réaction aux surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium, la puissance économique mondiale a répliqué par une surtaxe de 25 % sur le soja et le porc américain si bien que les ventes de porc en Chine, premier marché mondial, ont reculé de 52 % l’an passé », explique Jean-Paul Simier.

Aussi, seule l’Union européenne et le Brésil ont les faveurs de l’Empire du milieu à moins que nécessité fasse foi ! Même taxée, la viande de porc américaine sera attractive si les prix du marché intérieur chinois flambent ! Les choix des consommateurs chinois se portent vers d’autres viandes. Mais la Chine est le second pays importateur mondial de viande bovine (1,2 Mtéc) devant les États-Unis (1,37 Mtéc) et ce, sans compter les achats de carcasses en provenance d’Inde, qui transitent par le Vietnam.

Viande ovine...

L’Empire du milieu est aussi le premier pays importateur mondial de viande ovine (320 000 téc). Seule la filière avicole est excédentaire d’une centaine de milliers de tonnes. En fait, la crise de production chinoise modifie les fondamentaux des marchés mondiaux des viandes ovine, bovine et de volaille, aussi bien en termes de prix et de volumes.

L’offre mondiale de viande bovine et ovine est limitée et rigide. Le commerce mondial de viande ovine est dominé par deux pays, la Nouvelle Zélande et l’Australie (880 000 t) alors que la planète produit 15 Mt (dont 4,75 Mt en Chine). La Chine produit 7,2 Mt de viande de bœuf tandis que les exportations mondiales des principaux pays producteurs représentent 10 Mtéc. Soit des volumes bien inférieurs aux pertes de viande de porc en Chine. L’accroissement de la production de bovins et d’ovins est lié aux cycles de reproduction de ces espèces et les élevages australiens sont pénalisés par les périodes de sécheresse récurrentes.

Cette conjoncture de crise profitera pleinement aux éleveurs de porcs français et à leurs voisins européens tant qu’aucun cas de peste n’aura été détecté. Les cours de la viande de porc augmentent depuis quelques semaines (1,47 /kg sur le marché de Plérin le 16 mai dernier). « Après dix-sept ans d’embargo lié à la crise de la vache folle, le bœuf français (très apprécié) a fait son retour en Chine en novembre 2018 », rappelle Jean-Paul Simier. Mais seules 30 000 t de viande seraient exportées en Chine !

Par ricochet, le marché européen perd un certain intérêt pour les pays océaniens et sud-américains, exportateurs de viande ovine, bovine et de volailles. Ils réorientent déjà leurs ventes vers la Chine, plus proche. Mais tous les éleveurs de la planète pourraient profiter d’une conjoncture de prix favorable.

 éleveurs+viande+bovins

17 Mai 2019 | Actus nationales

«Le glyphosate reste incontournable» [point de vue]

Éric Thirouin, président de l’AGPB.

Depuis deux ans, le glyphosate est au centre des débats, concentrant les critiques dans le débat plus large sur l’utilisation des phytos. Le gouvernement déclare vouloir interdire l’utilisation d’ici 2021, et prépare déjà l’après glyphosate. Dans ce cadre Eric Thirouin, président de l’AGPB, a été auditionné par l’Assemblée Nationale le 2 mai.

Croyez-vous en l’avenir du glyphosate en France ?

Eric Thirouin : «Oui il demeure incontournable, à ce jour, mais il est clair que les perspectives ne sont pas idéales. Les récentes déclarations du ministre de l’agriculture et du Président de la République annoncent la fin du glyphosate pour 2021 sauf là où il n’existe pas de solutions. J’ai réaffirmé à l’audition du 2 mai toutes les impasses auxquelles nous sommes confrontées.

Comment expliquez-vous que les arguments, qui plaident tous pour le glyphosate, n’arrivent pas à infléchir la position du gouvernement ?

E.T : Le débat sur le glyphosate et plus généralement sur les phytos n’est plus d’ordre technique ou économique mais sociétal et politique. Pire c’est devenu un marqueur emblématique des pros et des antis. Force est de constater que les arguments scientifiques et économiques ont peu de prise sur nos concitoyens. Dans ce contexte plus que défavorable, les travaux conjoints de l’AGPB et de la FNSEA portent tout de même leurs fruits. Le gouvernement entend, comprend et reprend nos éléments de langage : pas d’interdictions sans solutions ! Il s’agit maintenant de transformer le discours en actes.

De quelles solutions disposent les agriculteurs pour se passer du glyphosate ?

E.T : Les seules valables à ce jour sont mécaniques, à travers deux techniques : le travail répété du sol, ou le labour, mais sont incomplètes, coûteuses et partielles. Cela occasionne un triple coût : économique bien sûr, mais également énergétique et environnemental ! Des impasses existent, notamment sur le chiendent, les chardons, le liseron et les plantes toxiques allergisantes. Le travail du sol est alors inefficace, et peut même empirer la situation. Et que dire du coup d’arrêt dans les systèmes en agriculture de conservation et TCS. A moyen terme, de nouvelles solutions peuvent émerger, à condition que des moyens financiers importants soient investis dans la recherche.

A combien chiffrez-vous l’impact économique d’une sortie du glyphosate à l’heure actuelle ?

E.T : La sortie pure et simple du glyphosate est à ce jour inenvisageable. Les seules solutions accessibles aujourd’hui en terme de réduction de dose ou de destruction mécanique d’intercultures généreraient, rien que pour le secteur des grandes cultures, un surcoût colossal de 950 millions d’euros par an. Mais ce sera notamment un surcoût de main d’œuvre avec 12,7 millions d’heures supplémentaires à financer et une surconsommation avec 87 millions de litres de carburant supplémentaires ! Sans un accompagnement des pouvoirs publics, ce serait insupportable. Et quid des distorsions sur nos marchés car nos concurrents continueront bien entendu de l’utiliser.

Si demain des solutions techniques alternatives viables agronomiquement et économiquement sont disponibles, elles seront utilisées naturellement. Si un accompagnement financier de l’Etat est nécessaire, c’est donc avant tout dans la recherche de ces solutions alternatives».

Source : Actuagri

Lire aussi dans la Volonté Paysanne datée du jeudi 16 mai 2019.

 éleveurs+glyphosate+environnement

14 Mai 2019 | Actus élevage | Actus nationales

Commission européenne, Cour de justice européenne : le loup sur la sellette

A la Commission Européenne comme à la Cour de justice européenne et même en Allemagne, la multiplication des loups commence à inquiéter. Parmi les mesures proposées, un zonage strict des populations de loups et des abattages dérogatoires à la directive Faune, Flore et Habitat.

Les commissaires européens à l’Environnement, Karmenu Vella, et à l’Agriculture, Phil Hogan, ont adressé une lettre commune à tous les ministres compétents de Etats membres pour leur demander de renforcer les mesures de protection contre les loups par l’utilisation des financements du développement rural. En Allemagne, le problème du loup est devenu « une affaire d’Etat », soumise à l’arbitrage de la chancelière, Angela Merkel, car les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture, de couleurs politiques différentes, restent en désaccord sur les mesures à prendre.

Pendant ce temps, ces carnassiers se multiplient. Dans toute l’Europe, on les compte maintenant en milliers, avec des taux de multiplication de 30 %, et les attaques en conséquence. On estime que le nombre de loups se multiplie par deux en trois ans environ ! Jusqu’à présent, les mesures de protection contre les loups (recours massif aux chiens, déploiement de clôtures…) ne sont guère convaincantes et ne sécurisent pas les animaux d’élevage. En outre, les indemnisations prévues sont insuffisantes et compliquées à obtenir, du moins en Allemagne. D’où la proposition de mettre en place un zonage limité du loup et son élimination partout ailleurs. Les anti-loups en Allemagne ne voient pas d’autres solutions valables de cohabitation qu’un zonage européen. Bref, l’abattage des loups peut être admissible comme mesure de gestion nécessaire.

Dérogations à la directive

Parallèlement, la Finlande a saisi la Cour européenne de justice (CEJ) pour savoir dans quelles conditions elle pourrait déroger aux règles strictes de la directive Faune, Flore et Habitat et autoriser la chasse au loup. Heureuse surprise, l’avocat général auprès de la CEJ considère que l’abattage des loups n’est pas en contradiction avec la directive. Ainsi se prononce-t-il pour l’autorisation de chasse dans des cas exceptionnels. La position de l’avocat général ne lie pas le tribunal, mais celui-ci le suit en général. Le jugement tombera au second semestre de l’année.

Pour revendiquer des dérogations à la directive, la Finlande a invoqué la nécessité de freiner les tirs de braconnage, la protection des chiens et surtout l’amélioration du sentiment de sécurité des populations vivant dans les zones de présence des loups. L’avocat général considère que ces motifs peuvent être retenus pour des décisions d’exceptions. Ainsi, les Etats membres auraient donc la possibilité de prendre en compte des motifs économiques, sociaux, culturels, et des conditions locales, pour prendre des décisions exceptionnelles de chasse au loup.

L’avocat général confirme en outre les décisions précédentes de la CEJ, disant que des décisions d’exception sont possibles pour des espèces en situation défavorable, si les décisions n’empirent pas leur situation, ou n’empêchent pas une amélioration de leur situation.

 éleveurs+europe+loup

14 Mai 2019 | Actus nationales

Statut du fermage : certains points toujours «en discussion» entre bailleurs et fermiers

Les discussions entre les bailleurs et fermiers de la FNSEA pour aboutir à une proposition commune sur la réforme du fermage restent bloquées «sur certains points», ont indiqué la 19 mai les représentants de la SNPR (bailleurs ruraux).

Les propriétaires refusent deux propositions des fermiers : l’autorisation, pour l'exploitant, de transmettre son droit de préemption à un tiers en cas de vente et l'obligation, pour le bailleur, d'indemniser son fermier lorsqu'il refuse, sans un «motif justifié», le repreneur qu'il lui propose.

Les propriétaires ruraux bloquent toute mesure en faveur d'une plus grande cessibilité du bail rural, préférant travailler à «l'amélioration» du bail cessible, «basé sur le volontariat». La SNPR appelle par ailleurs à une indexation des loyers sur «l'augmentation du coût de la vie», plutôt que sur le revenu agricole.

Les réunions devraient reprendre «à la fin de l'année», pour trouver un consensus avant la loi foncière. La SNPR reviendra sur ces questions lors de son congrès annuel les 23 et 24 mai à Amiens.

 éleveurs+fermage+foncier

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