Alors que le gouvernement prépare un «plan souveraineté azote», l’interprofession porcine Inaporc demande, dans un communiqué du 17 mars, à y inclure «la valorisation des lisiers et fumiers bruts riches en azote pour faire face au manque de certains engrais». Le recours à ces effluents supposerait «une dérogation au seuil d’obligation de traitement pour les exploitations qui actuellement doivent détruire la valeur fertilisante de leurs lisiers». D’après Inaporc, la réglementation (directive nitrates, arrêtés préfectoraux et arrêté ministériel du 27 décembre 2013 sur les ICPE, installations classées pour l’environnement) oblige certains élevages à traiter leurs effluents pour en abaisser la valeur fertilisante. Spécifiques aux zones d’excédent structurel du point de vue des nitrates, ces règles occasionneraient la perte de «10 millions d’unités d’azote», car «entre 10 et 20% du lisier est traité en Bretagne». «Ces lisiers pourraient (…) être dirigés vers les surfaces d’autres exploitations agricoles qui ont des besoins en engrais», propose Inaporc. À titre de comparaison, selon les chiffres 2020 de l’Unifa (fabricants de fertilisants), les effluents des élevages français contiennent 1,25 million de tonnes d’azote, soit 1,25 milliard d’unités d’azote.
Didier Bouville


