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Gentiane jaune : une marque collective est née

24 septembre 2020

Gentiane jaune : une marque collective est née

 

Les membres de l’association interprofessionnelle de la gentiane jaune ont annoncé à Laguiole, la création d’une marque collective.

L’association interprofessionnelle de la gentiane jaune, réu- nie en septembre à Laguiole, a annoncé la création d’une marque collective visant à améliorer les pratiques de production en vue de gérer cette ressource de façon durable, encourager la transparence et la traçabilité de cette racine sauvage et bien sûr mieux la valoriser.

Propriétaires et gestionnaires de foncier, arracheurs et collecteurs, négociants, grossistes et transformateurs mais aussi chercheurs, botanistes..., tous les maillons de la filière gentiane jaune se sont engagés pour la gestion durable de cette plante utilisée essentiellement pour sa racine (fraîche ou sèche) dans la distillerie, la pharmaceutique, l’industrie agroalimentaire comme exhausteur de goût dans l’alimentation humaine et animale.

Sur la base d’une démarche participative et volontaire, tous ont affiché leur soutien à travers un engagement dans un guide des bonnes pratiques. «Nous avons besoin de transparence autour de cette plante», reconnaît Ines Chaud Ullrich, membre de l’association interprofessionnelle de la gentiane jaune.?Elle fait en effet allusion au «travail souterrain» autour de l’arrachage de gentiane. «Nous sommes inquiets sur la durabilité de la ressource de cette plante sauvage que nous avons souhaité préserver en créant une marque collective soumise à un guide de bonnes pratiques, un plan de contrôle», poursuit Stéphanie Flahaut, animatrice de l’association. «Notre force c’est que tous les acteurs de la filière sont impliqués pour mettre en place ce?guide et encadrer les pratiques à travers des contrats écrits, un statut du cueilleur …», complète Inès Chaud-Ullrich.

Dans certaines régions comme le Massif central, où environ 1 000 tonnes de gentiane sont arrachées chaque année, la mise en place sera plus facile car l’arrachage de la gentiane est interdit sans l’autorisation du propriétaire, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions, laissant libre cours aux abus ! «Malgré tout, la gentiane est fragilisée, les cueilleurs ont du mal à trouver des sites en raison des sécheresses récurrentes car cette plante a besoin d’eau», avance Ines Chaud-Ullrich, qui évoque aussi des projets de réintroduction de la gentiane en lien avec les transformateurs.

L’association souhaiterait d’ailleurs que davantage de propriétaires fonciers la rejoignent dans sa démarche. A l’image de Johan Bouges, éleveur Aubrac en Aveyron, qui vient de rejoindre l’association : «Je suis content que l’Aubrac soit représenté au sein de l’association et partie prenante dans ce projet car la gentiane est un emblème de notre dans mon système herbager mais c’est aussi un engagement dans la préservation de cette ressource, une démarche collective à valeur patrimoniale», témoigne l’agriculteur. La gentiane est un produit recherché qui se valorise autour de 45 centimes/kg net au champ (coût de l’arracheur entre 1,20 et 1,40 euro/kg).

«J’apprécie que nous puissions travailler ensemble à la transparence de la filière en respectant un guide de bonnes pratiques, des conditions d’arrachage, des contrats de cueillette... Je suis heureux aussi de voir l’engagement de l’aval avec plusieurs distilleries coopératives et privées (Pernod, Avèze) et des locaux (Marius Bonal)...», assure Johan Bouges.

Le projet de marque collective sera déposé à l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi) à l’automne. Une nouvelle étape dans la préservation et la valorisation de la gentiane jaune, perle jaune des massifs de montagne !

Eva DZ