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Les vautours continuent de faire des victimes dans les élevages

20 mai 2021

Les vautours continuent de faire des victimes dans les élevages

 


Le directeur de la DDT et le directeur de la DDCSPP ont reçu une délégation FDSEA - JA ainsi que l’agricultrice dont la jument a été attaquée vivante par les vautours.


Alors que la saison de pâturage débute, les éleveurs devraient être heureux et soulagés de laisser leurs animaux profiter des vertes pâtures. Mais c’est plutôt l’inquiétude qui les gagne en raison d’une recrudescence des attaques de vautours, en particulier dans le nord et le sud du département et sur le Lévézou.

Depuis quelques semaines, les attaques de vautours s’amplifient : veaux, vaches, brebis, chevaux en sont les victimes. Face à cette recrudescence et pour relayer l’inquiétude grandissante des éleveurs, la FDSEA et les JA ont participé le 12 mai à un comité départemental vautour sous l’égide de la préfète de l’Aveyron. Un comité qui a débouché sur plusieurs annonces de l’administration : la mise à disposition d’un médiateur, d’un vétérinaire expert et d’un numéro téléphonique d’alerte dédié aux attaques de vautours.
De premières avancées que les éleveurs jugent insuffisantes : «ce que nous voulons, c’est zéro attaque, une régulation de la population des vautours et la possibilité de pratiquer des tirs d’effarouchement en cas d’attaques...» Et l’avenir leur a malheureusement donné raison puisque le lendemain, une agricultrice du Lévézou a assisté impuissante à l’attaque d’une de ses juments en train de pâturer. «C’est l’attaque de trop !», ont dénoncé la FDSEA et les JA qui ont tout de suite témoigné leur soutien à l’agricultrice.


Rapidement, ils ont décidé de déposer le cadavre de la jument lundi 17 mai devant le siège de la DDT à Rodez, juste après la visite de l’agent de l’OFB venu constater l’attaque... «Cet agent a osé déclarer à l’agricultrice que les vautours lui avaient rendu service puisqu’elle n’aurait pas à payer l’équarrissage de sa jument âgée de 25 ans. Ce discours n’est pas entendable dans une telle situation, surtout que l’agricultrice, son compagnon et sa fille de 5 ans ont tenté, à bord d’un téléscopique, de faire échapper les 250 à 300 vautours venus s’attaquer à leur jument. Ils ont vécu un drame !», ne décolère pas Laurent Saint Affre, président de la FDSEA.

La solution n’est plus tenable

«C’était la moindre des choses que le directeur de la DDT constate par lui-même les dégâts causés par cette attaque, qu’il reçoive cette agricultrice et entende son témoignage. C’est pour cette raison que nous avons pris la décision de venir déposer le cadavre de la jument devant la DDT», complète Romain Déléris, président de JA12. La propriétaire de la jument entourée de ses voisins agriculteurs était accompagnée de quelques autres éleveurs de tout le département ainsi que du conseiller départemental, Vincent Alazard, dont le troupeau a été également attaqué par des vautours au printemps dernier. Une délégation d’agriculteurs a été reçue par Joël Fraysse, directeur de la DDT et Dominique Chabanet, directeur de la DDCSPP.


«Nous n’attendions pas d’annonces et de décisions prises lors de cette rencontre, nous voulions surtout être écoutés et que nos demandes puissent être relayées», avance Laurent Saint Affre. «Les éleveurs sont responsables du bien-être de leurs animaux, c’est notre devoir de prendre soin d’eux mais nous devons avoir les moyens de les protéger», poursuit-il rappelant les demandes portées par la profession : «la régulation doit se faire. Les éleveurs ne peuvent pas assumer seuls les pertes sur leur troupeau ! L’Etat doit prendre ses responsabilités parce qu’il laisse se développer des populations qui portent atteinte à nos troupeaux. Leurs attaques effraient nos animaux et les mettent dans un état de stress et de peur qui a des conséquences sur leur bien-être». FDSEA et JA dénoncent en effet les nouveaux comportements de cette espèce : «les vautours sont de plus en plus nombreux et de fait, leurs besoins d’alimentation sont plus importants, ils s’attaquent ainsi à des animaux vivants». La présence de tant de vautours pose aussi la question du sanitaire, ces charognards peuvent en effet être porteurs de bactéries pathogènes et viennent boire aux points d’eau fréquentés par les troupeaux.


Face au changement de comportement des vautours, les agriculteurs soulèvent la question de la sécurité des humains : «que peut-il se passer si un groupe de 250 à 300 vautours, comme ce fut le cas pour cette jument, survole les chemins de randonnée ?...».
La profession agricole demande donc aux pouvoirs publics d’agir ensemble pour réguler sans attendre la population des vautours afin que cessent les attaques.

Une population croissante


En Aveyron, la LPO recense 750 couples vautour.
Les couples font 0,7 petit par an, de l’âge de 5 à 19 ans.
Ils vivent en moyenne jusqu’à 30 ans.
On estime que 500 vautours naissent chaque année.
La population ne cesse donc de croître amplifiant de fait, les besoins en nourriture.


Eva DZ    

La DDT a mis en place un numéro d’appel unique :
05 65 73 50 89, accesssible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 afin de recueillir les premiers éléments lors d’interaction entre vautours et animaux d’élevage. L’OFB recueille les témoignages, un déplacement est réalisé dans les 48h suivant le signalement pour faire les premiers constats en présence d’un vétérinaire.