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63 000 propriétaires forestiers privés en Aveyron

18 février 2021

63 000 propriétaires forestiers privés en Aveyron

 

La forêt aveyronnaise, c’est 80 % de feuillus et 20 % de résineux. Mais ces 20 % de résineux générent 80 % de la production...

Le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) Occitanie-Aveyron, travaille pour un potentiel de 63 000 propriétaires forestiers privés sur un départe- ment couvert par 31 % de surface boisée.

Le CRPF Occitanie est une délégation régionale du CNPF, établis- sement public sous tutelle du minis- tère chargé des forêts. Il a pour mission d’orienter et de développer la gestion des bois, forêts et terrains à boiser des propriétaires privés. Il propose notamment un appui aux structures de regroupement foncier, conseil, formation, intégration de la forêt à la lutte contre l’effet de serre, actions pour la protection de la santé des forêts, encouragement à l’adoption de méthodes de sylviculture conduisant à une gestion durable des forêts, agrément des plans simples de gestion, etc. L’Aveyron compte 63 000 propriétaires forestiers privés, détenteurs d’une parcelle dite forestière à partir d’au moins 10 % de couvert forestier, d’arbres.

Morcellement parcellaire

La forêt aveyronnaise s’étend sur une superficie de 277 000 ha. 85 % constituent de la forêt privée et 15 % de la forêt publique (Etat, Département, communes), gérée alors par l’Office national des forêts (ONF). Selon Stéphane Serieye, technicien au CRPF Occitanie Aveyron, «63 000 propriétaires privés, c’est en effet beaucoup. C’est en réalité un frein à la gestion de ce milieu, à cause du nombre de micro-par- celles, d’un morcellement qui s’accentue au fil des successions patrimoniales».

2 126 propriétaires privés aveyronnais possèdent plus de 25 ha de forêts. Ils doivent disposer de par la loi d’un PSG (Plan Simple de Gestion), mais tous n’en ont pas. Ils sont alors sous régime administratif et doivent faire des demandes à l’administration pour leurs coupes. Il y a seulement 242 PSG en vigueur sur le département. Le PSG rédigé par le propriétaire ou son gestionnaire, analyse la forêt, ses équipements, les enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Le PSG est donc obligatoire, imposé par le code fores- tier. Les propriétaires de moins de 25 ha peuvent appliquer un code de bonnes pratiques sylvicoles, ou faire une demande d’autorisation pour faire des coupes.

Une forêt qui souffre des sécheresses

L’évolution climatique impacte la forêt aveyronnaise : «c’est une réalité constatée depuis la sécheresse de 2003», affirme Stéphane Serieye. «Nous sommes dans un département méridional. Conséquences de ces sécheresses, des essences souffrent. Le douglas est ainsi de moins en moins planté, au profit du cèdre ou du pin. En Aveyron, des arbres comme le châtaignier, le hêtre (sur l’Aubrac), souffrent des saisons sèches et chaudes répétées. Certains chênes finissent par disparaître, pour les espèces exigeantes en eau. Face à cela, nous plantons de plus en plus d’essences résistantes à la sécheresse, avec des mélanges, en utilisant des graines issues de régions sèches».

La forêt française, en termes de récolte et production, est en effet composée de 80 % de résineux, des essences qui ne couvrent que 20 % de la forêt aveyronnaise. La forêt aveyronnaise est couverte par 80 % de feuillus, peu utilisés en production. Autre précision, environ 60 % de la forêt départementale est difficile à exploiter à cause de la topo- graphie du territoire, laquelle fait cependant la richesse des remarquables paysages aveyronnais !

D.B.