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Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud, le souffle d’air de l’Algérie

17 juin 2021

Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud, le souffle d’air de l’Algérie

Pierre Terral, président de l’union de coopératives BEVIMAC (photo d'archive)


Comme l’année dernière en raison du contexte sanitaire, l’Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud n’a pu tenir son assemblée générale en présentiel. Son président, Pierre Terral, fait le point sur l’année écoulée.

Comment s’est passée l’année 2020 pour BEVIMAC ?
P. Terral : «L’année a été plutôt satisfaisante car l’activité a été soutenue. BEVIMAC a commercialisé 107 700 têtes, soit une hausse de 1 940 animaux (+1,8%). Le volume d’activité de notre union de coopératives est en progression chaque année.
En revanche, nous avons subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire : notre chiffre d’affaires est en baisse de 5 millions d’euros (-3,8%). La raison principale est la chute des cours du broutard notamment à partir du début de 2ème semestre.

Comment se portent les marchés à l’export ?
P. Terral : En 2020, BEVIMAC a accentué sa conquête de parts de marchés sur les pays tiers et notamment l’Algérie qui représente 50% des parts de marché. Il y a encore 5 ans, ce marché n’existait pas pour nous !
Néanmoins l’année a été compliquée. Nous avons clairement ressenti les conséquences de la crise sanitaire sur l’économie notamment en Italie, qui reste notre principal débouché. Là-bas aussi, les restaurants étaient fermés, les flux touristiques étaient quasi nuls et les consommateurs ont privilégié les achats de viande en GMS, moins chère. Par ailleurs, d’autres pays comme l’Espagne, la Pologne sont venus en Italie concurrencer nos animaux français avec des prix au plus bas en raison de la réduction du marché turc où ils sont bien présents.
De même, l’Algérie a subi une baisse de sa monnaie de l’ordre de 18% en 2020, ce qui a maintenu des prix resserrés et un tassement des cours de façon générale.   

Quelles sont les perspectives pour 2021 ?
P. Terral : A l’heure où les restaurants réouvrent, où les circuits commerciaux reprennent peu à peu, nous espérons une remontée des cours du broutard. Nous avons ressenti une légère embellie sur le mois de mai même si le prix du jeune bovin en Italie n’est pas au niveau espéré. Il est néanmoins difficile de se prononcer sur la conjoncture des prochains mois. Nous espérons tous ne pas subir la même baisse que l’année dernière en début d’été. La visibilité va dépendre de la reprise économique. A ce jour, nous continuons de remplir nos bateaux !

Quelle est la stratégie de Bevimac pour redresser les prix ?
P. Terral : Notre challenge 2021 est de conserver nos parts de marché. BEVIMAC est le premier opérateur qui exporte vers l’Algérie. Et sans cette diversification des débouchés, la chute des cours aurait été encore plus catastrophique en 2020. Retrouver de la valeur pour nos éleveurs, pour nos coopératives passe par la diversification. Nous sommes aussi à l’affût de nouveaux marchés sur le Proche et le Moyen-Orient même si ce n’est pas simple parce qu’il faut pouvoir faire sa place. Se pose aussi la question du poids des animaux. Notre commercial travaille sur l’adéquation de l’offre à la demande du marché. Certains clients sont en attente d’animaux plus légers que nous encourageons via une grille de prix. Si nous voulons garder ces marchés, nous nous devons de nous adapter. Bien sûr, l’Italie reste notre marché prioritaire avec 73% d’animaux exportés. Ce pays est en capacité d’absorber de gros volumes, c’est un marché mature, sûr et BEVIMAC en a besoin. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’avoir plusieurs cordes à notre arc pour faire tenir les prix !


Valoriser au mieux les animaux de nos adhérents, conserver nos parts de marchés sur les pays tiers sont nos ambitions pour les années à venir. Tout en continuant de prospecter mais cela prend du temps. Mais ce temps passé n’est pas perdu, nous en avons la preuve aujourd’hui avec l’Algérie, un marché resté solide malgré la dévaluation de sa monnaie. C’est aussi un marché de proximité.
BEVIMAC a su au fil des années consolider sa réputation d’export par bateau, son efficacité dans les réseaux commerciaux, ce qui nécessite de mobiliser des fonds importants. L’union de coopératives reverse la quasi totalité de ce qu’elle gagne aux coopératives adhérentes tout en confortant ses fonds propres pour se positionner sur de nouveaux marchés et pour passer les moments de crise comme celle que nous connaissons».

Recueillis par Eva DZ