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Prochaine PAC, prix : l’Aveyron reste sur le qui-vive !

15 avril 2021

Prochaine PAC, prix : l’Aveyron reste sur le qui-vive !

A Argences-en-Aubrac, Belmont-sur-Rance, Millau, Montbazens, Nant, Pont-de-Salars, Réquista, St Geniez
d’Olt et d’Aubrac, Saint Affrique, Sévérac d’Aveyron et Villefranche-de-Rouergue, près de 700 agriculteurs
se sont mobilisés pour continuer à exprimer leur grande inquiétude face au projet de réforme de la PAC
que prépare le ministre de l’agriculture (photos FDSEA 12).


Vendredi 9 avril, le lendemain de la mobilisation de plus de 700 agriculteurs à travers le département pour monter des murs de pneus devant les trésoreries et centres des impôts, la FDSEA a réuni son conseil d’administration en visio-conférence.

Les premiers arbitrages de la France pour la prochaine PAC sont attendus dans les jours à venir. La FDSEA et les JA maintiennent la pression depuis le mois de février pour défendre la place de l’élevage. Car selon les premières annonces du ministre de l’agriculture, la baisse des aides couplées animales génèrerait une perte jusqu’à 15 000 euros par ferme, selon la FDSEA. Il y a donc urgence à se faire entendre, ce que les agriculteurs de l’Aveyron ont fait depuis le viaduc de Millau en février puis autour de feux à Laguiole, Rodez, Villefranche et Millau en mars, puis à Clermont-Ferrand le 25 mars et la semaine dernière devant une dizaine de trésoreries et centres des impôts dans tout l’Aveyron.

Se tenir prêts !


«Bravo pour ces diverses mobilisations !», a remercié Laurent Saint Affre, président de la FDSEA. «La voix des départements où l’élevage est la principale vocation, comme le nôtre, a été entendue au niveau national», a-t-il complété. Mais le combat continue : «les échanges avec le ministre suite à l’action de Clermont-Ferrand ne nous ont pas totalement rassurés. En effet, les systèmes naisseur-engraisseur n’étant pas suffisamment créateurs de valeur selon le ministre, il souhaite encourager la finition des animaux mais nous lui avons bien rappelé que pour engraisser des animaux, il faut les faire naître !», a argumenté Laurent Saint Affre. «Le principe d’une aide à l’UGB semble avoir été acté mais nous n’avons pas encore d’infos quant à l’âge retenu». Et des inconnues demeurent sur le taux de chargement, sur l’accessibilité aux aides protéines notamment pour les mélanges... Dominique Fayel, membre du bureau FNSEA, n’a pas caché que le climat national était «compliqué», les actions dans les départements se multiplient chacun souhaitant tirer son épingle du jeu dans ces futurs arbitrages.
«Nous devons nous tenir prêts, prêts à maintenir la pression, à réagir aux prochaines annonces. Il en va de notre intérêt collectif pour les prochaines années», ont encouragé Dominique Fayel et Laurent Saint Affre.


Un nouvel interlocuteur en lait de brebis

Jean-François Cazottes a évoqué l’arrivée dans le 4ème bassin d’un nouvel intervenant, Onetik, entreprise privée du pays basque, en recherche de producteurs de lait de brebis pour étendre sa collecte. «Cette prospection auprès des producteurs du département entraîne quelques turbulences, les interlocuteurs sur le bassin de Roquefort étant déjà nombreux», a-t-il indiqué. Justement sur le marché du Roquefort, la collecte est stable en attendant les chiffres d’ici la fin de la campagne.
En 2020, le prix moyen du Roquefort en conventionnel s’établit à 1162 euros/1 000 litres et celui des autres produits fromagers à 769 euros/1 000 litres, ce qui donne un prix moyen sur l’ensemble du bassin de Roquefort à 939 euros/1 000 litres. Le dossier du Bleu de brebis semble clos : l’INAO a confirmé que les modifications apportées par Société des Caves sur le packaging n’entraînent pas de confusion avec le Roquefort.
Enfin, lors de son assemblée générale, l’ANEOL, association nationale des éleveurs ovins laitiers, et notamment son collège producteurs, a évoqué l’arrivée d’un décret en novembre sur la contractualisation. En octobre 2022, chaque producteur de lait de brebis devra avoir proposé un contrat à son entreprise à l’image des producteurs bovins lait et caprins lait.

Tension autour de la saisonnalité en bovins lait

Claude Falip, responsable de la section bovins lait FDSEA, a évoqué une conjoncture «plutôt favorable» du fait d’une baisse de la collecte sur le grand Ouest notamment. «Sur le prix, nous attendons encore un sursaut des entreprises», a-t-il avancé, annonçant un fort écart du prix de base pour les mois à venir entre Lactalis (autour de 333 euros/1 000 euros) et Sodiaal (autour de 312 euros/1 000 litres) du fait de la prise en compte de la saisonnalité. «Cet écart fait réagir chez les producteurs», a-t-il dénoncé. De son côté, Benoît Gransagne, représentant Sodiaal, a défendu le système de la saisonnalité, en place depuis plusieurs années : «les producteurs qui jouent le jeu de la saisonnalité bénéficient d’un complément de 20 euros/1000 litres pour leur lait produit hors saison. Cette régularité de la production nous permet de faire fonctionner nos outils industriels toute l’année», a-t-il justifié.
Sur la répartition de la valeur, la section bovins lait FDSEA va continuer ses relevés de prix dans plusieurs enseignes de la distribution et a prévu d’inviter les parlementaires sur une exploitation afin de les alerter sur l’application de la loi Alimentation, dans les semaines à venir.
Enfin, Claude Falip, nouvellement élu vice-président à la FRPL Sud Ouest, a annoncé un plan de communication sur la filière laitière à travers des actions de promotion du métier en vue d’encourager l’installation, la transmission et le salariat agricole.


Des rencontres avec les grossistes instructives en bovins viande

Valérie Imbert, responsable de la section bovins viande FDSEA, a fait le tour des actions en cours. En premier lieu, celles pour défendre le maintien du niveau des aides couplées animales dans la prochaine PAC (lire aussi en page 9). Et les rencontres avec les enseignes et opérateurs de la filière viande bovine : «une nouvelle rencontre est prévue avec le magasin Leclerc de Sébazac pour la valorisation de jeunes bovins. Nous avons échangé avec l’Auberge de Bruéjouls qui sert plus de 2200 repas par jour en Aveyron (ndlr lire aussi dans notre dernière édition) et dernièrement avec le responsable de Bousquet Viande. Tous deux privilégient l’approvisionnement local», avance Valérie Imbert. Quelque peu déçue de l’entretien avec Bousquet Viande, qui considère que l’éleveur doit s’organiser pour intégrer les coûts de production dans le prix de ses animaux, elle poursuit ces rencontres avec les grossistes avant de dresser un bilan général et de décider de prochaines actions pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée.  

Exonération partielle de la TFNB

La FDSEA a obtenu l’exonération partielle de la TFNB sur l’ensemble du département. Deux zones sont distinctes : les 23 communes du nord Aveyron reconnues au fonds de calamités agricoles (40% d’exonération sur les terres et 37% pour le reste) et les autres communes du département (35% d’exonération sur les terres et 30% pour le reste). Le remboursement devrait être effectué dans les 15 prochains jours.

Rendez-vous à venir

En juin se dérouleront l’assemblée générale de la FRSEA (le 11) et le congrès de la FNSEA (du 22 au 24 à Niort). «Plus que jamais alors que les arbitrages pour la prochaine PAC ne seront pas tous décidés, nous comptons sur la présence des Aveyronnais à ces deux rendez-vous pour faire entendre notre voix», a encouragé Laurent Saint Affre.  

Eva DZ