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Programme AgroEcolab : une journée prairies dans le sud Aveyron

13 mai 2021

Programme AgroEcolab : une journée prairies dans le sud Aveyron

Observation du résultat d'un sursemis de RGI - trèfles (Alexandrie + Perse + Blanc) fait à l'automne sur une prairie luzerne dactyle dégradée - photo CA 12.


Le programme AgroEcolab accompagne les agriculteurs du sud Aveyron, dans la transition agroécologique. Parmi les premières actions mises en œuvre, le partage d’expériences et d’essais sur les prairies dans un contexte de changement climatique. Une journée était consacrée à cette thématique jeudi 6 mai, sur l’exploitation du lycée La Cazotte, partenaire et lieu pivot de ce programme.

«Nos prairies face au dérèglement climatique», une thématique qui interpelle de plus en plus d’agriculteurs mais aussi de techniciens... qui cherchent des innovations agroécologiques pour s’adapter au changement en cours. Autour des sept partenaires du programme AgroEcolab, la Chambre d’agriculture, l’AVEM, UNOTEC, le Service Elevage de la Confédération générale de Roquefort, le lycée La Cazotte, l’INRAE et le Parc Naturel Régional des Grands Causses, 25 personnes environ se sont retrouvés jeudi 6 mai pour échanger sur cette problématique.
D’abord à Pastoralia en salle puis sur des parcelles de l’exploitation du lycée La Cazotte, les participants ont pris le temps de partager leurs expériences, leurs essais, leurs échecs mais aussi leurs réussites pour faire face au dérèglement climatique : sécheresses répétées, modification du rythme des saisons, gel tardif, fortes précipitations rapprochées... «AgroEcolab est un laboratoire ouvert et partagé sur les innovations agroécologiques dans le sud Aveyron», explique Mireille Lafouge, conseillère agronomie au CDASA - Chambre d’agriculture et animatrice du programme. «Agriculteurs, techniciens, chercheurs, enseignants... nous cherchons ensemble les pistes d’amélioration en nous basant sur des essais comme ici sur l’exploitation de La Cazotte», ajoute-t-elle. Ainsi, Alain Hardy, responsable de l’exploitation du lycée, a emmené le groupe dans plusieurs parcelles : «nous jouons un rôle de ferme test dans ce programme. Nous apprécions de pouvoir partager nos connaissances, il ne s’agit en aucun cas d’un modèle mais simplement d’expérimentations qui réussissent ou échouent et nous permettent d’avancer», résume-t-il. Plusieurs types de prairies ont été ainsi visitées le 6 mai, d’abord à flanc de colline  sur des terres assez difficiles exposées au sud. «Nous avons testé du sur-semis sur des prairies, dont une luzerne dactyle dégradée. Nous verrons sa pérennité sur le temps long», illustre Alain Hardy.
Autre essai en plaine cette fois sur la luzerne avec 3 luzernes du commerce (pure ou en mélange, 2 indice 4 et un indice 9) et une luzerne locale ou de pays (type indice 9). «A travers ces essais, nous voulons étudier le comportement des plantes, leur résistance aux ravageurs, leur productivité et leur pérennité. Ces dernières années, nous avons vu des luzernes disparaître brutalement et nous voulons trouver les explications en réfléchissant ensemble».
Les étudiants du CFPPA La Cazotte sont eux aussi associés à ces réflexions. Quelques-uns en BPREA participaient à cette journée. «Nous avons la chance d’avoir à portée de main, l’exploitation du lycée partie prenante dans cette réflexion autour du changement climatique, c’est un terrain pédagogique très utile pour nous», témoigne ainsi une formatrice du CFPPA. «C’est un sujet qui intéresse forcément nos jeunes qui se destinent en majorité à l’installation et d’ailleurs nous aurons bientôt une option qui va s’ouvrir sur le pâturage», poursuit-elle, satisfaite aussi que les étudiants puissent côtoyer des agriculteurs, des techniciens et des chercheurs pour en savoir plus sur cette problématique.

Expérimentation en conditions réelles

L’INRAE était justement représenté par Cyril Firmat de l’UMR AGIR Auzeville. Nouveau venu dans ce projet, il s’associe à plusieurs de ses collègues déjà impliqués dans AgroEcolab et auparavant dans le DIAL. «Je m’intéresse aux ressources génétiques et à l’agro-biodiversité, cette journée a donc été riche en enseignements pour moi», témoigne-t-il. «Pouvoir observer les expérimentations réalisées sur le terrain en conditions réelles apporte tout son intérêt pour étudier une agriculture qui se transforme». Il ajoute : «J’ai rencontré des agriculteurs qui se questionnent sur l’avenir de leur production, sur l’imprévisibilité croissante mais qui veulent garder la main sur la gestion fourragère».

Et Mireille Lafouge de conclure : «toute la difficulté est, tout en gardant les fondamentaux, c’est à dire raisonner l’équilibre entre l’assolement, le sol, le troupeau, le chargement… de réussir à s’adapter aux difficultés induites par le changement climatique et de savoir rebondir face à l’imprévu. C’est pourquoi l’ensemble des partenaires d’AgroEcolab se mobilisent aux côtés des agriculteurs pour apporter des réponses concrètes».

Les participants étaient satisfaits de cette journée d’échanges, élargie d’ailleurs au-delà de l’Aveyron puisqu’un agriculteur de l’Hérault, accompagné d’un technicien de la Chambre d’agriculture sont venus partager leur expérience dans le cadre d’un projet de GIEE. Toutes les expériences sont utiles dans l’avancée des connaissances !

AgroEcolab, un laboratoire d’innovations agroécologiques

AgroEcolab est un programme d’action sur 3 ans (2019-2022) financé par l’Etat et l’Europe. Centré sur le sud Aveyron, il s’adresse aux agriculteurs, techniciens, étudiants... et est porté par 7 partenaires : la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, l’INRAE, le lycée La Cazotte, l’AVEM, UNOTEC, le Service élevage de la Confédération générale de Roquefort et le Parc Naturel Régional des Grands Causses. Plusieurs groupes d’agriculteurs et divers autres partenaires sont également associés à la réflexion et aux actions.
Dans le prolongement de DIAL, programme centré sur l’autonomie alimentaire des élevages ovins lait dans le sud Aveyron, AgroEcolab s’ouvre sur la transition agro-écologique de l’agriculture. Les objectifs sont de repérer, générer, évaluer les innovations, de capitaliser et d’échanger les savoirs, les méthodes, les pratiques, d’accompagner le développement et la diffusion vers les agriculteurs, les techniciens et les étudiants et enfin d’aborder des dimensions sociales et territoriales.

Eva DZ