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Journée technique caprine : une filière bien en place

12 novembre 2020

Journée technique caprine : une filière bien en place

Une réunion organisée en webinaire avec notamment Emmanuelle Caramelle-Holtz (Idele), Davy Hecht (Lactalis) et Mélissa Brocart (ANICAP).

La journée technique caprine qui se tient chaque année en général à Monteils, s’est déroulée cette fois sous forme de webinaire, à distance, vendredi 6 novembre.

«Comment la filière caprine s’engage-t-elle pour répondre aux attentes sociétales ?» était notamment le thème de cette visio-conférence à laquelle participait Jacky Salingardes, président de la FNEC et de l’ANICAP . Les réflexions conduites par l’ANICAP sur les sujets sociétaux ont été présentées par Mélissa Brocart (ANICAP). Le code mutuel de bonnes pratiques en élevage caprins et sa nouvelle version pour intégrer ces enjeux ont été développés par Emmanuelle Caramelle-Holtz (Idele).

«Une réflexion sur les attentes sociétales, émanant des consommateurs, a été lancée par l’ANICAP depuis trois ans», selon Davy Hecht, directeur de région appro lait Lactalis, membre de l’inter- profession Cilaisud, «celle-ci sera déclinée ensuite par le Code mutuel de bonnes pratiques en élevage caprins», qu’a ensuite résumé Emmanuelle CaramelleHoltz lors du webinaire rassemblant éleveurs et techniciens de la filière. Ce Code mutuel est lié aux travaux menés par l’ANICAP résumés par sa chargée de mission, Mélissa Brocart. C’est un travail mené en collaboration avec des ONG welfaristes, sur les méthodes d’élevage des caprins, le pâturage, les bâtiments, la gestion de l’écornage, «dans un esprit de consensus» entre les producteurs et ceux qui se présentent comme les relais des attentes sociétales. Par ailleurs, la filière travaille toujours sur le programme régional GO PEI Cap&Go visant à accompagner les élevages d’Occitanie vers une plus grande durabilité de leurs systèmes de production.

Davy Hecht a ensuite fait un point économique sur la filière régionale et nationale, impactée par la crise sanitaire, depuis mi-mars. Il a mis en avant l’action forte de l’interprofession pour aider les producteurs, solutionner les problèmes de stockage de lait et des chevreaux. «Notre objectif était d’informer au maximum les producteurs, notamment avec une newsletter».

Solidarité de la filière

La dynamique de la filière caprine nationale est bien présente, avec une production en hausse de 4,9 %, entre janvier et août, «grâce à la qualité des fourrages, le cli- mat favorable, la disponibilité des chevrettes, mais aussi des installations, notamment en Occitanie». Les importations de lait de chèvre ont baissé de 27 % durant la même période. Sur les sept premiers mois de l’année, le prix du lait de chèvre réel moyen pondéré par les volumes était de 699,13 euros/1 000 litres, soit une hausse de 2,9 %, équiva- lent à 19,90euros/1 000 litres.

Davy Hecht a loué «la solidarité de la filière, suite aux mes- sages de modération de la production», ajoutant que «la collecte avait été assurée auprès de tous les éleveurs». Pour l’Occitanie, la production a progressé de 8,4 %, entre janvier et août, boostée notamment par des nouvelles installations, initiées par une communication filière lancée il y a trois ans. «Il y a encore de la place pour de nouveaux producteurs, le marché est là !», assure Davy Hecht. S’agissant de la consommation et l’achat des ménages, «la bûchette de chèvre affiche une progression de 14 %, mais les fromages AOP à la coupe ont souffert et souffrent encore de la crise sanitaire. Le lait de consommation est lui aussi en berne, concurrencé par le lait de brebis».

L’Aveyronnais Jacky Salingardes a complété ce tableau économique par le problème des chevreaux, leurs prix dérisoires, évoquant le stock de 450 tonnes congelé «qu’il fallait dégager avec le soutien de FranceAgrimer». Il a annoncé qu’une réunion avec les abattoirs était programmée fin décembre, où sera évoquée la question de la marge des chevreaux...

Enfin, à propos des négociations commerciales avec la grande distribution, Jacky Salingardes les juge «un peu tendues», mais il reste cependant «confiant» sur le résultat final.

D.B.