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Filière maraîchère bio : installations et débouchés

10 décembre 2020

Filière maraîchère bio : installations et débouchés

Le rythme des installations reste soutenu en filière maraîchère bio, avec de nombreux projets portés par des personnes qui ne sont pas originaires d’Aveyron et des reconversions professionnelles.

Ces projets sont parfois collectifs et avec des ateliers autres que le maraîchage. Une des difficultés principales pour les personnes qui s’installent est de trouver un circuit de commercialisation, surtout dans les secteurs qui sont déjà très bien pourvus en maraîchers (l’ouest, le sud et le nord du département). Alors que les débouchés historiques (marchés, paniers, vente à la ferme) pâtissent depuis un certain temps d’un excès d’offre par rapport à la demande, les personnes qui s’ins- tallent s’orientent de plus en plus vers des circuits en «demi-gros» (c’est-à-dire des acheteurs qui sont des entreprises).

Malgré des avancées dans la possibilité de fournir le marché du demi-gros, avec notamment la création du groupement de maraîchers Jardin Bio d’Aveyron, l’accès des maraîchers à ces débouchés n’est pas aisé. Ce sont des débouchés qui demandent une certaine technicité et rigueur. D’autre part, les clients potentiels (restauration hors domicile) n’ont pas l’habitude de travailler avec des maraîchers et doivent faire preuve d’adaptation dans leurs habitudes de commandes.

L’APABA a, depuis plusieurs années, entamé un travail de facilitation pour que le demi-gros puisse être un débouché intéressant pour les maraîchers aveyronnais. Signe positif, dans le sud-Aveyron, les magasins Biocoop soutiennent les maraîchers qui sont dans une démarche collective, si bien que la demande en légumes excède l’offre pour l’instant. Il y a donc de la place pour de nouveaux maraîchers dans ce secteur. Il y a des maraîchers pionniers qui se «frottent» aux circuits longs, mais pour l’instant, ce n’est pas un débouché envisagé pour une écrasante majorité des maraîchers du département.

Quelques chiffres-clés

Aujourd’hui, il y a environ 150 maraîchères et maraîchers prati- quant la bio en Aveyron (chiffre à prendre avec précaution car il n’y a pas de base de données fiable à ce sujet). Généralement ce sont des structures qui ont 1 ha de SAU ou moins. Le maraîchage a la particularité de permettre de dégager du chiffre d’affaires sur peu de sur- face. On peut trouver des fermes de moins de 4 000 m2 permettant de dégager l’équivalent d’un SMIC pour le ou la paysanne.

Défis pour l’avenir

Le réchauffement climatique est un enjeu majeur pour la filière maraîchère. Ses effets sont déjà ressentis par les producteurs et productrices. On peut citer le problème des températures extrêmes, que ce soit pour les cultures de plein champ ou sous serre (surtout si celles-ci ne sont pas blanchies). Ou encore l’assèchement des sols, qui requiert des changements de pratiques en terme d’irrigation, voire la mise en place de mesures pour limiter l’évaporation (paillages et mulchs). Les dérèglements climatiques font également que la pression des ravageurs change radicalement d’une année à l’autre. En 2019, la pression en punaises était très forte alors qu’en 2020 nettement moins. Par contre, on parle énormément des campagnols.

Florian Denard et Nathalie Raitière (APABA)