lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Pérail : une nouvelle étape vers l’IGP

08 avril 2021

Pérail : une nouvelle étape vers l’IGP

Nouvelle étape vers l’obtention de l’IGP - Indication géographique protégée - pour le Pérail qui présentait sa demande de reconnaissance au comité national des IGP jeudi 8 avril. Le dossier va de l’avant, une satisfaction pour le président de l’association Pérail, Sébastien Leclercq.

Après l’échec de l’AOP, l’association Pérail a décidé de rebondir pour solliciter une reconnaissance via l’IGP. Pourquoi cette nouvelle démarche ?

S. Leclercq : «Depuis plus de 20 ans, l’association Pérail s’était profondément investie pour obtenir une reconnaissance en AOP, une demande qui n’a pas abouti. Pour autant, l’INAO nous a suggéré de transformer cette demande d’AOP en IGP afin que notre Pérail au lait de brebis puisse bénéficier d’un système de protection. Après un temps d’incompréhension, les membres de l’association ont accepté cette proposition parce que nous sommes convaincus de la nécessaire reconnaissance par l’administration française et européenne de notre mode de production, de fabrication, de notre fromage et de son terroir. Cette protection est essentielle pour que le Pérail ne soit plus fabriqué ail- leurs et avec autre chose que du lait de brebis.

Comment vous êtes-vous organisés pour vous donner toutes les chances de décrocher l’IGP ?

S. Leclercq : En deux ans, nous avons remobilisé l’ensemble des acteurs y compris ceux qui s’étaient épuisés par la longueur de la démarche AOP. Tous adhèrent à l’association Pérail et prennent part à la rédaction du nouveau cahier des charges IGP. Nous avons modifié ensemble les statuts de l’association qui fonctionne depuis un an comme un ODG avec des représentants à la fois des producteurs et des fabricants, qui tous ont une voix. Nous montrons ainsi que notre association a gagné en maturité.

Quels points du cahier des charges avez-vous modifié ?

S. Leclercq : Nous avons adapté quelques points mais le principal concerne l’autonomie alimentaire. 60% de l’alimentation des brebis doit provenir du bassin laitier du Pérail ce qui permet à de nouveaux producteurs de nous rejoindre notamment sur le plateau plus «pauvre» du Larzac. Par ailleurs, nous bénéficions du soutien de l’INAO, nous travaillons main dans la main avec l’antenne régionale d’Aurillac qui nous apporte ses conseils.

Nous avons aussi resserré les liens entre les acteurs de la filière, tous mobilisés pour cette nouvelle page de notre histoire, nous restons dans une dynamique active.

Que va-t-il se passer le 8 avril ?

S. Leclercq : Le conseil permanent des IGP de France va étudier pour la première fois, notre cahier des charges. C’est une date importante car s’il donne suite à notre demande, une commission d’en- quête viendra à notre rencontre, sur le terrain avant l’été. Puis c’est cette commission qui sera chargée de défendre notre demande de reconnaissance en IGP auprès de la com- mission permanente de l’INAO qui vote ensuite l’obtention de l’appellation. Notre dossier avance donc bien, dans le bon sens. Tout cela contribue à maintenir une unité et notre motivation à poursuivre dans cette demande de reconnaissance. Nous avons bon espoir parce que le Pérail le mérite !».

Recueillis par Eva DZ