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Stockage de l’eau : des projets agricoles sous conditions !

07 janvier 2021

Stockage de l’eau : des projets agricoles sous conditions !

Stocker l’eau de pluie dans des retenues collinaires est une pra- tique cohérente pour sécuriser les systèmes agricoles à base de four- rages ou maraîchers. La Chambre d’agriculture accompagne les porteurs de projets, lesquels sont principalement individuels. De 10 à 20 projets se concrétisent en moyenne chaque année.

En Aveyron, 1,5 % de la SAU départementale est irriguée. Une goutte d’eau ! Cela concerne environ 8 000 ha et 700 irriguants. Et 70 % de l’irrigation se fait à partir de ces retenues d’eau existantes mises en place par les agriculteurs, et seulement 30 % en liaison avec un cours d’eau.

Christian Pouget, conseiller Environnement à la Chambre d’agriculture accompagne les agriculteurs porteurs de projets. «J’en reçois environ une quarantaine par an. Mais une quinzaine seront finalement réalisés. Ce sont des projets individuels principalement. La demande est croissante depuis 2017 et les sécheresses consécutives».

Sécuriser les systèmes de production

Irriguer, c’est donc sécuriser les systèmes de production. Plusieurs leviers sont possibles et complémentaires pour la mise en œuvre, détaille Christian Pouget : «il y a la modification de l’assolement avec des cultures adaptées aux nouvelles contraintes climatiques, l’achat ponctuel et limité des fourrages à l’extérieur, et, enfin, la création de retenues collinaires avec l’irrigation».

Dans tous les cas, la construction d’une retenue collinaire (individuelle ou collective) sera présidée par une réflexion préalable : «la démarche économique doit être cohérente avec un retour sur l’investissement adapté au système de production», poursuit le conseiller. «Le parcellaire doit être adapté à l’irrigation, avec de grands îlots regroupés (propriété, fermage...) à proximité de la retenue. Et le site doit être propice à la construction d’une retenue, avec prise en compte des contraintes environne- mentales et topographiques».

Trois options

Trois options sont alors possibles : retenue collinaire déconnectée d’un cours d’eau voisin, retenue collinaire en dérivation d’un cours d’eau, ou retenue collinaire en barrage sur le cours d’eau (voir dessin). «Dans tous les cas, la création d’une retenue relève d’un régime de police, avec déclaration ou autorisation, selon plusieurs critères, mode d’alimentation, emplacement, superficie, caractéristiques géométriques», détaille encore Christian Pouget.

La plupart des projets concrétisés aujourd’hui sont des retenues collinaires de 10 000 à 30 000 m3, permettant d’irriguer entre 10 et 15 ha de cultures. En cas de liaison avec un cours d’eau, le stockage se fait réglementairement de novembre à mai, en dehors donc de la période dite sèche, d’étiage, de juin à octobre. L’impact est ainsi très limité sur l’environnement en période estivale.

Environ 30-40 % des projets concrétisés sont des petites retenues avec un miroir d’eau inférieures à 1 000 m2. Ce sont souvent des réalisations destinées au maraîchage, aux cultures spécialisées, et nécessitant moins de contraintes réglementaires.

A noter que le dernier programme d’aides de la Région (mesure 414 du PDR Midi-Pyrénées 2014- 2020), devrait être reconduit en 2021... Quant au plan de relance du gouvernement, il prévoirait, pour le volet agricole, un accompagnement financier sur le stockage de l’eau dont les conditions n’étaient pas encore connues fin 2020...