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Fédération départementale des CUMA Frédéric Carrière : «Notre plus bel atout : l’humain !»

06 mai 2021

Fédération départementale des CUMA Frédéric Carrière : «Notre plus bel atout : l’humain !»

 

Contexte sanitaire oblige, la FD CUMA n’a pu tenir son assemblée générale comme à l’habitude en réunissant l’ensemble des responsables de CUMA et ses partenaires. Pour autant le réseau n’est pas resté inactif pendant la crise sanitaire et continue d’innover, d’investir ensemble... Une preuve de plus du dynamisme des CUMA en Aveyron que souligne son président, Frédéric Carrière.



Quels ont été les temps forts en 2020 du réseau CUMA ?

F. Carrière : «En 2020, les administrateurs de la FD CUMA, dont quelques-uns ont été renouvelés, se sont réunis en séminaire afin d’élaborer ensemble la feuille de route pour les trois ans à venir. Ce qu’il ressort de ce temps de réflexion collective est fort pour le réseau CUMA en Aveyron. Nous pouvons être fiers de notre réseau au sein du département mais aussi dans le mouvement CUMA en France. Il ne faut pas sous-estimer notre rôle ainsi que celui de nos administrateurs dans l’évolution de l’agriculture aveyronnaise. Nous sommes sortis de ces échanges, reboostés dans nos missions à savoir la mécanisation, l’organisation du travail, nous sommes aussi des facilitateurs dans l’installation...


Une dynamique d’emplois locaux


Quels sont les points forts du réseau CUMA ?

F. Carrière : Bien sûr il y a l’investissement collectif dans le matériel mais les CUMA ce n’est pas que ça ! Nos CUMA ont aussi toute leur place en matière d’emplois. La reconnaissance en tant que Groupement d’employeurs (dont nous sommes complémentaires) nous a permis de faciliter les embauches à temps plein et de développer des services complets. Pour l’exemple, l’année dernière le nombre de salariés en CUMA a doublé !
Les CUMA offrent aussi de belles expériences de mutualisation de chantiers et donc des risques : en fenaison, en pressage, en enrubannage... dans un objectif partagé de réduction des coûts de mécanisation.
L’ADN de notre réseau ce sont les Hommes qui s’entendent. Chez nous, il n’y a pas de petite ou de grosse CUMA : il y a du dynamisme chez chacune d’elles pour répondre aux besoins de leurs adhérents. Et l’humain c’est ce qui fait ce dynamisme.

La vie des CUMA a repris, comment le réseau CUMA a-t-il vécu la crise sanitaire ?

F. Carrière : Depuis plus d’un an, nous sommes tous un peu frustrés de ne pas avoir pu nous retrouver en réunions de secteur et cette année, en assemblée générale. Le premier confinement au printemps 2020 a été terrible parce que nous étions vraiment isolés. Nous avons été très malheureux car les équipes de CUMA ont l’habitude de partager leurs expériences, d’échanger sur le matériel, sur leurs animaux, sur leur famille aussi... Depuis elles se sont adaptées au contexte, les groupes se sont organisés et la vie des CUMA a repris, les projets d’investissement ont pu se réaliser d’ailleurs 2020 a été une très belle année (meilleure que 2019). Elles ont su rebondir grâce à l’intelligence du groupe, comme d’habitude je dirai !
Nous en avons profité pour travailler sur notre communication en créant du lien autrement : une newsletter a été créée, nous sommes aussi présents sur les réseaux sociaux.

Quels sont les projets du réseau ?

F. Carrière : L’Aveyron est un département d’élevage et notre préoccupation première sont nos animaux. Il est donc plus facile de déléguer les travaux des champs à des salariés spécialisés sur les machines.  Nous voulons mettre l’accent sur les services complets. Nous voulons aussi promouvoir le métier de chauffeur en CUMA, qui ne consiste pas simplement dans de la conduite, c’est aussi une implication dans le choix du matériel, l’échange avec les responsables CUMA et les adhérents... C’est un métier à part entière avec des responsabilités. Il y a de beaux exemples de longévité dans ce métier en Aveyron qu’il faut mettre en avant.


Les CUMA sont aussi des exemples d’innovation. Quelles sont celles à venir ?

F. Carrière : Bien sûr nous sommes à l’affût des dernières innovations en agriculture, elles ont trait à la notion d’agro-écologie et se traduisent notamment par de nouvelles techniques sur le semis, les couverts... Cela ouvre les discussions, les réflexions, les collaborations entre CUMA aussi. Du fait de la baisse du nombre d’agriculteurs, quelques CUMA fusionnent ou s’organisent ensemble pour mutualiser les services, se spécialisent dans leurs activités... Mais l’objectif reste bien de continuer à travailler en groupe au plus près des agriculteurs. Et la fédération départementale est à leur côté pour continuer à apporter ce service de proximité.


Le renouvellement des responsables est aussi une préoccupation au sein des CUMA. Comment l’abordez-vous ?

F. Carrière : En effet l’engagement dans nos CUMA est une question importante et une préoccupation pour nos responsables. La fédération départementale peut les accompagner grâce à des formations notamment pour évoquer le rôle des élus au sein d’un conseil d’administration, leurs différentes missions, la gestion du groupe... Nous donnons quelques clés mais nous misons aussi et surtout sur le partage d’expériences entre les participants. Nous avons donc envie de développer ce type d’accompagnement auprès des responsables CUMA, au plus près d’eux. Une fois encore nous en revenons à l’humain parce que c’est la base de la réussite d’un groupe quel qu’il soit.
Au niveau départemental, je tiens à remercier les administrateurs de la FD CUMA pour leur participation, leur engagement dans la prise de décision, la réflexion autour des orientations, des projets... Notre groupe, très hétérogène dans les productions, dans les systèmes d’exploitation... à l’image de la diversité de l’agriculture aveyronnaise, est soudé et a plaisir à se retrouver. Nous sommes là aussi pour préparer la suite et notamment ma succession puisqu’à l’issue de mon troisième mandat de président au printemps 2022, je souhaite passer le relais.



«Nous avons hâte de nous retrouver !»


Quels sont vos prochains rendez-vous ?


F. Carrière : Nous prévoyons d’organiser notre traditionnelle journée mécanisation le 18 juin sur le secteur de Durenque. Nous avons vraiment hâte de pouvoir nous retrouver ! Cette journée sera l’occasion de renouer tout simplement, de parler d’innovation sur le matériel bien sûr, sur l’agronomie, les nouvelles pratiques culturales mais aussi sur l’organisation des chantiers... C’est tout à fait dans l’air du temps et nos CUMA y travaillent ! Il faut être percutant sur les innovations et les adapter à nos spécificités.
Depuis le 1er avril, nos CUMA employeurs sont aussi concernées par la mise en œuvre de la nouvelle convention collective nationale. Nous avons noué un partenariat avec la FDSEA pour accompagner nos employeurs dans ce gros chantier, fondamental pour le réseau et pour l’agriculture aveyronnaise.
Notre rôle au sein de la fédération départementale est aussi d’accompagner nos CUMA dans leurs projets. Des projets qui évoluent sans cesse. Certaines se lancent dans des projets collectifs de transformation, de commercialisation dans le contexte général de «consommer local». Les CUMA y ont toute leur place. Des projets d’investissement collectif en maraîchage naissent aussi... Notre agriculture évolue et notre réseau est prêt à accompagner ces changements.
J’en profite d’ailleurs pour saluer et remercier l’engagement de l’équipe de salariés de la FD CUMA. Dans le contexte difficile, elle s’est montrée à l’écoute, elle est restée disponible, réactive aux attentes et besoins des CUMA locales».

Journée mécanisation : Rendez-vous le 18 juin à Durenque


La Fédération départementale des CUMA organise sa traditionnelle journée mécanisation vendredi 18 juin sur le secteur de Durenque. Qualité des récoltes en lien avec l’agronomie et le machinisme, l’organisation des chantiers seront notamment au programme de la journée.
La matinée se déroulera sous la forme d’ateliers en extérieur :

  • Quelles espèces fourragères et variétés à privilégier pour les stocks et la récolte, en mélange ou pures ? En partenariat avec la Chambre d’agriculture
  • Évolutions climatiques : quelles incidences sur les stocks et les conditions de récolte ? Comment gérer les prairies ? Quelles stratégies : une coupe plus fournie ou deux coupes plus légères ? En partenariat avec la Chambre d’agriculture
  • Qualité de récolte : impacts des stades et des conditions de récolte sur la valeur des fourrages, MAT, production laitière... résultats d’essais... en partenariat avec les techniciens d’UNOTEC et du Contrôle laitier
  • Organisation des chantiers : comment faire du foin à plusieurs ? Comment partager le matériel ? Quelles formes d’organisation pour concilier efficacité des chantiers, maîtrise des coûts et qualité de travail ? Mise en avant d’expériences, atelier animé par la FD CUMA

L’après-midi, des démonstrations de matériels innovants seront proposées sur une parcelle préparée.   
Cette action bénéficie du soutien financier de l’Agence de l’Eau Adour Garonne, de l’Union européenne, de la région Occitanie, de la préfecture de région Occitanie et de l’Etat.

Les CUMA en Aveyron

  • 269 CUMA dont 248 CUMA locales ; 17 InterCUMA ; 4 CUMA départementales ou inter-départementales
  • 11 000 matériels
  • 7 600 adhérents
  • 18,52 millions d’euros de chiffres d’affaires
  • Taux de pénétration dans les exploitations de 75 %
  • En 2019 : 216 CUMA ont investi en 2019 pour un montant de 14,86 millions d’euros
  • Chiffre d’affaires moyen des CUMA : 68 857 €
  • 66 CUMA employeurs
  • 138 salariés, dont 99 dans le cadre d’un CDI pour un total de 68,7 équivalents temps plein (ETP)

Recueillis par Eva DZ