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Transhumance à Aubrac Les troupeaux ont repris la route

03 juin 2021

Transhumance à Aubrac Les troupeaux ont repris la route

Ambiance bon enfant autour de la montée à pied des troupeaux jusqu’aux estives en passant par Aubrac.

La Fête de la Vache Aubrac en Transhumance devait fêter ses 40 ans le week-end dernier. La crise sanitaire, comme l’année dernière, a empêché tout rassemblement. Il n’empêche, les troupeaux et les élevages fidèles au rendez-vous, ont pris la route à pied pour rejoindre les estives avec une courte halte à Aubrac.

Pour la deuxième année, les troupeaux ont transhumé sans la traditionnelle foule qui les accompagne jusqu’aux estives. Mais cette année, qui devait célébrer les 40 ans de la Fête de la Vache Aubrac en Transhumance, les éleveurs ont tenu tout de même à marquer le coup. Six des sept troupeaux qui participent traditionnellement à la Fête sont montés à pied et ont traversé le village d’Aubrac. «Chacun a joué le jeu. Les troupeaux étaient accompagnés d’un cercle très restreint, famille et amis proches, et au fil du chemin, nous avons croisé quelques visiteurs, c’était très sympathique et bon enfant», sourit Serge Niel, éleveur transhumant et président de l’association Traditions en Aubrac qui pilote la Fête. L’association avait installé un petit stand sur la place d’Aubrac où des infos sur la race Aubrac, les produits du territoire dont le label rouge Bœuf Fermier Aubrac mais aussi sur le tourisme étaient mises à disposition des visiteurs. Des visiteurs contents de trouver cette animation en ce week-end de Pentecôte. «Même si la fête n’a pu se tenir dans les mêmes conditions que d’habitude, on s’aperçoit qu’elle attire toujours autant le public», avance ravi Serge Niel. Ainsi que les média, puisque le président de l’association Traditions en Aubrac a reçu une équipe TF1, que de nombreux journalistes ont sollicité l’association pour des reportages chez les éleveurs transhumants.

Un livre à sortir pour l’été

Pour autant, ces deux années compliquées vont laisser quelques traces : «Les choses ont changé ! Nous ne pourrons plus faire la fête comme nous la faisions jusqu’à présent», confie Serge Niel, qui craint une démobilisation des bénévoles. «A travers les associations locales, la Fête de la Vache Aubrac en Transhumance nécessite la mobilisation de plus de 500 bénévoles pendant l’événement mais aussi plusieurs jours avant pour la préparation et quelques jours après pour le rangement parce qu’à Aubrac nous devons tout amener sur place, monter les chapiteaux, aménager les parkings... C’est un travail de fou».


Serge Niel voit dans ce changement, l’opportunité d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de la Transhumance. «Il ne s’agit pas de tout changer ! Mais il ne faut pas avoir peur de se remettre en question, d’adapter notre événement en conservant bien sûr la tradition ancestrale de la Transhumance». D’ailleurs au fil des 40 ans, la fête a su évoluer, son histoire sera retracée dans un livre sous forme d’album souvenir, publié par Le Bulletin d’Espalion, d’ici cet été. L’association Traditions en Aubrac prévoit de renouveler son bureau cet automne : «Ce sera l’occasion de renouveler aussi les idées, les envies...». Et déjà quelques projets se dessinent. L’association Traditions en Aubrac avait envisagé pour cette édition 2021 de proposer des randonnées parallèles à la montée des troupeaux. La fête ne pouvant se tenir, elle a décidé de reporter l’animation cet été avec des rencontres d’éleveurs en estives. «Le public est de plus en plus demandeur de contact direct avec les éleveurs. Et nous aussi avons envie de leur expliquer notre métier, de partager notre passion pour notre pays, pour la race Aubrac... Ces rencontres sont une belle occasion de créer du lien», avance Serge Niel. A l’image des échanges qui se créent au Salon du terroir pendant la fête. Un produit qui plaira sûrement à la clientèle de groupe, amatrice de ce type de rendez-vous : «La Transhumance est une destination touristique. Elle profite à l’ensemble des acteurs du territoire, tous motivés pour la faire perdurer», assure Serge Niel. Les éleveurs étaient, eux aussi, contents de pouvoir retrouver l’ambiance de la montée à pied. «Cet événement se veut fédérateur de tout le plateau de l’Aubrac autour d’une pratique certes ancestrale, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO mais toujours d’actualité dans nos élevages», poursuit Serge Niel. La clé pour les organisateurs sera de savoir rebondir après ces deux années «sans». Les prémices entrevues lors du week-end de Pentecôte et les rendez-vous attendus de cet été autour de marchés de producteurs fin juillet - début août, de la sortie du livre sur 40 ans de Transhumance et des randonnées en estives laissent bon espoir pour la suite !

Eva DZ