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Coopérative CELIA André Veyrac : «Sérénité et confiance en l’avenir»

03 juin 2021

Coopérative CELIA André Veyrac : «Sérénité et confiance en l’avenir»

Comme l’année dernière, le contexte sanitaire contraint la coopérative CELIA à tenir ses assemblées générales à huis clos. André Veyrac, président et Hervé Chapelle, directeur général, sont revenus sur l’activité de l’année 2020 si particulière.

C’est avec sérénité que les responsables de CELIA ont fait le point sur leur activité. «La relation de confiance tissée avec nos éleveurs nous encourage à poursuivre nos efforts et à engager de nouveaux projets», explique ainsi le président André Veyrac. De plus en plus d’éleveurs font en effet confiance à CELIA pour commercialiser leur production. «Notre activité est en progression de 4,5% en bovins et 8% en ovins et un peu plus de 2 000 éleveurs ont eu recours à nos services», confirme le directeur général, Hervé Chapelle. Une progression des volumes qui s’explique notamment par l’activité soutenue sur les broutards : «Via notre union de coopératives BEVIMAC en charge de l’export, nous avons fortement développé les échanges avec l’Algérie (+ 1 000 bovins par rapport à 2019 ; soit un broutard sur deux en 2020 destiné à l’Algérie). Nous récoltons les fruits de la stratégie engagée depuis plusieurs années sur les pays tiers», explique satisfait André Veyrac. Et l’attractivité semble se poursuivre en 2021. «Ce débouché vers l’Algérie permet au commerce de bénéficier d’un appel d’air bienvenu alors que les cours n’étaient pas élevés depuis l’été», complète Hervé Chapelle. Sur le 2ème semestre 2020, 60% des Aubrac de CELIA, 15% des Limousins et 10% des croisés ont été expédiés vers l’Algérie. Le travail avec l’Italie, qui reste le principal débouché (65% des broutards) reste très offensif pour maintenir voire gagner de nouvelles places.

Le souffle d’air des pays tiers


Sur le prix des broutards, la baisse des cotations dans le berceau Charolais a entraîné le prix de toutes les races rustiques, dont l’Aubrac, à la baisse. «Nous avons fait le choix, conformément à notre cadre de référence, d’orienter les animaux des adhérents OP vers les marchés les plus rémunérateurs. Ils ont ainsi bénéficié de meilleurs prix d’achat de 13 à 78 euros de plus sur les broutards mâles ou femelles», avance André Veyrac.
Du côté du marché du gras, le prix des veaux s’est maintenu et le poids plus élevé des animaux a permis de compenser la baisse du prix. La conjoncture a en revanche, été plus difficile pour les veaux de plus de 1 an. En gros bovins, une fois de plus, les filières de qualité ont permis aux éleveurs de tirer leur épingle du jeu.
Pour la première fois, CELIA a dépassé les 100 000 ovins commercialisés avec une conjoncture plutôt favorable à la consommation de viande ovine. Le développement doit se poursuivre pour répondre à la demande de la filiale Languedoc Lozère Viande.
De ces activités résulte un chiffre d’affaires qui dépasse les 87 millions d’euros. «La progression d’activité couplée à une bonne maîtrise des charges laisse à nouveau, un résultat net équilibré», se réjouit André Veyrac. «Nous nous devons de maintenir cette performance tout en apportant une juste rémunération à nos éleveurs», poursuit le président qui mise sur la constance.
Cette capacité d’autofinancement permet à la coopérative d’envisager quelques projets dont une nouvelle tranche de travaux sur le centre du Pontet (bâtiment d’élevage et de stockage) et sur le centre de Saint Rémy (agrandissement de la surface de travail). «Les voyants sont au vert. Nous voulons oser collectivement ce que seuls nous ne pourrions pas faire !», affirme André Veyrac.

Des projets d’investissements

Cette dynamique se ressent en effet aussi sur les filiales : avec BEVIMAC d’abord pour l’activité maigre dont l’export pays tiers a généré la majorité du résultat de l’exercice, avec Languedoc Lozère Viande, dont l’activité est en pleine croissance. Une série de travaux ont ainsi été engagés sur Antrenas pour écouler une part toujours plus importante de la production des adhérents de CELIA. Un nouveau bâtiment devrait être fonctionnel d’ici novembre grâce à l’appui des collectivités locales et territoriales. «Languedoc Lozère Viande a su rebondir pendant la crise sanitaire, en développant l’activité de cheville traditionnelle et en profitant de la période estivale pour se faire connaître auprès des consommateurs. Nous disposons d’un très bel outil, dans l’air du temps puisqu’il répond aux attentes d’une production locale, transformée au plus près des consommateurs», explique André Veyrac.
Ces belles perspectives ne doivent pas pour autant cacher les enjeux pour les années à venir. Enjeux dont sont totalement conscients les responsables de la coopérative : «Nous espérons que les prix notamment en maigre, vont remonter parce que les éleveurs sont aussi confrontés à une envolée des charges. Il en va de l’attractivité de notre métier», souligne André Veyrac. «Chacun peut choisir son outil mais sachons garder nos outils performants et efficaces», conclut-il.

Eva DZ