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30 Septembre 2021 | Actus nationales

SAFER Occitanie, quels enjeux pour l’agriculture de demain ?

Dans son webinaire mensuel Parlons foncier, la SAFER Occitanie a invité Florent Guhl, directeur régional de l’agriculture et de la forêt et Frédéric André, directeur général de la SAFER Occitanie, à évoquer les enjeux de l’agriculture et du foncier, en particulier autour de l’eau et de l’alimentation.

Comment se porte l’agriculture en Occitanie ?
F. Guhl : «L’agriculture est partagée entre un contexte de crises (sanitaire, climatique...) et une rentrée plutôt sous de bons signes. On note ainsi un réel engouement pour l’enseignement agricole en formation initiale comme en formation continue et en apprentissage. L’agriculture en Occitanie a par ailleurs, bien tiré partie du plan de relance du gouvernement qui est en cohérence avec la création de valeur ajoutée sur le territoire et l’élan collectif suscité autour de ce soutien.  

Eau et alimentation


Quels défis attendent l’agriculture en Occitanie ?
F. André : L’un des sujets majeurs est le renouvellement des générations. C’est une priorité pour la SAFER qui traite chaque année, environ 400 dossiers installation. L’accès au foncier est bien sûr l’une des clés du succès pour réussir son installation. Et nous nous efforçons de le faciliter en donnant un coup de pouce aux porteurs de projet à travers un fonds d’aide à l’installation. Depuis 2019, la SAFER a accompagné via ce fonds, 120 jeunes (en prenant en charge les frais notariés).
Nous avons également ouvert un fonds d’aide à l’assurance récolte pour accompagner les agriculteurs victimes d’aléas, c’est un autre enjeu fort pour notre agriculture demain. L’un des autres défis est d’être à l’écoute des attentes sociétales : accompagner les porteurs de projet sur l’eau, l’environnement, la transition énergétique...

F. Guhl : L’eau est un enjeu majeur pour l’avenir. Les travaux issus du Varenne de l’eau, bâtis à partir de connaissances scientifiques solides, vont permettre de mettre en œuvre rapidement trois chantiers : celui de l’assurance en cours qui fait appel à une mobilisation de l’assurance privée et à la solidarité nationale, celui de l’évolution du modèle agricole (les filières et les Chambres d’agriculture s’engagent à accompagner les agriculteurs) et celui de l’accès à l’eau en trouvant de nouvelles ressources (récupération des eaux usées, utilisation des barrages hydroélectriques...).

F. André : La première préoccupation sur le dossier de l’eau est de préserver la ressource. En partenariat avec les Agences de l’eau, une trentaine de conventions ont été signées pour protéger les captages.  Un travail avec les collectivités est en place. Heureusement la SAFER Occitanie a gardé sa mission de maîtrise d’œuvre et peut ainsi accompagner les porteurs de projet de A à Z (mobiliser les financements, piloter le projet...). Je lance d’ailleurs une alerte : la SAFER est sollicitée pour son stock de foncier sur la mise en place de retenues collinaires. Mais nous manquons de porteurs de projet. C’est dommage car il en va de l’avenir de la disponibilité en eau potable.


Une quarantaine de projets alimentaires territorialisés


L’alimentation est aussi le défi de demain. Comment vous positionnez-vous ?
F. Guhl : La question alimentaire passionne tout le monde et c’est une bonne nouvelle qu’on s’intéresse à ce que l’on a dans nos assiettes ! Cela permet aussi de mieux faire connaître et reconnaître le milieu agricole. Nos signes officiels de qualité sont une force, particulièrement en Occitanie, pour communiquer positivement.
Les collectivités, avec les agriculteurs, les élus, la restauration hors foyer, la distribution... se sont saisis collectivement de l’enjeu alimentaire. Leurs efforts se concrétisent par une quarantaine de PAT (projet alimentaire territorialisé) en Occitanie. Nous croyons beaucoup dans ces dispositifs inscrits dans le contrat de plan Etat - Région.   

F. André : L’alimentation passe par la mobilisation du foncier. Nous avons signé plusieurs conventions avec des Communautés de communes pour permettre l’installation d’agriculteurs, de pépinières en nous chargeant de la gestion temporaire du foncier. J’en profite pour passer le message à toutes les intercommununalités. La SAFER Occitanie est en capacité de les accompagner sur la gestion du foncier. Nous avons tous les outils en main. Et je le dis : oui il y a du  foncier disponible en Occitanie !

La région Occitanie attire de nouvelles populations. Comment préserver le foncier agricole face à cet afflux ?
F. Guhl : En effet, la région Occitanie attire ! Il ne faut pas opposer l’urbanisation et la préservation des terres agricoles y compris en zone péri-urbaine. D’ailleurs le renouvellement des générations en agriculture ne sera possible qu’à la condition où les terres seront accessibles financièrement. L’installation des jeunes sur des exploitations à taille plus abordable doit être priorisée : elles sont plus faciles d’accès et plus faciles à transmettre.

F. André : A la SAFER, nous avons un outil, Vigifoncier qui permet d’informer sur les mutations du foncier. Les Communautés de communes peuvent ainsi aller consulter les projets de vente sur leur territoire. A ce jour, 40% des communes d’Occitanie sont couvertes par ce dispositif et bien d’autres vont les rejoindre, nous l’espérons».

Recueillis par Eva DZ