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21 Octobre 2021 | Actus nationales

Conférence des enjeux : Quelle agriculture pour 2035 ?

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) organisait le 12 octobre une conférence des enjeux pour «identifier les grands défis qui attendent notre pays». Parmi ces derniers, la transition écologique, l’agriculture et l’alimentation.


Quel futur souhaitable pour la France à l’horizon 2035 ? Quels enjeux prioritaires pour les cinq prochaines années ? Quels leviers pour y parvenir ? Et naturellement quelle agriculture pour 2035 ? C’est à quelques-unes de ces questions que de nombreux spécialistes (syndicalistes, ONG, etc.) ont apporté quelques réponses, en particulier lors de deux tables-rondes plus axées sur la transition écologique et l’agriculture.


Sacrifier la souveraineté alimentaire ?

«Il faut jeter les bases d’une stratégie durable» a plaidé Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité conscient que «l’on mettra des décennies à retrouver la biodiversité qu’on a perdue». Prônant une sensibilisation dès le plus jeune âge aux enjeux du climat et de la biodiversité, il invite aussi les politiques à être plus cohérents dans leurs politiques publiques et à rechercher une meilleure gouvernance de la transition.
Il a aussi demandé à  inverser le schéma en matière de fiscalité afin de rendre, à terme, positive, «une rentabilité fiscale des espaces naturels» aujourd’hui négative. «Il faut surtout ne pas s’enfermer dans les faux dilemmes comme croissance/décroissance, écologie positive/écologie punitive, etc.», a-t-il lancé. Le président de la CPME, François Asselin s’est lui-même interrogé sur la stratégie à adopter. «Il faudrait changer le modèle agricole en sacrifiant notre souveraineté alimentaire ? Il faudrait décarboner en fermant nos centrales nucléaires ? Je m’interroge», a-t-il laché, souhaitant que l’on «intègre la transition écologique dans le modèle économique».


«Métier générateur de sens»

En écho, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a plaidé pour que l’agriculture soit traitée de façon offensive et positive, «car c’est un secteur qui peut apporter des innovations par des solutions de rupture», a-t-elle affirmé. Favorable à une reconnexion entre l’innovation et la production, elle milite aussi pour une «croissance verte et durable» qui s’appuie sur le bien-être animal et le strict respect des règles sanitaires. «Il faut accélérer le biocontrôle ainsi que les autorisations de mise en marché de ces nouveaux produits», a-t-elle insisté.
Mais elle reconnaît qu’il est parfois difficile d’entraîner le consommateur souvent versatile. Elle reconnait d’ailleurs faire siens les propos du ministre «citoyen le matin ; consommateur dans le quart d’heure». Le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot l’a aussi souligné : «Les transitions agroécologiques ne se feront pas sans le consommateur ni contre lui». Prenant l’exemple du lait biologique qui peine aujourd’hui à se vendre, il reconnaît que cette difficulté  «l’interpelle», expliquant cette mévente par «l’enjeu du pouvoir d’achat» qui reste toujours un point déterminant.
S’il existe une alliance objective entre agriculteurs et consommateurs, encore faut-il que «les efforts premiums qui nous sont demandés soient reconnus», a souligné Christiane Lambert «car nos produits ne peuvent pas être au même tarif que le bœuf argentin ou le poulet ukrainien».
Réclamant plus de transparence et d’équité tout le long de la chaîne alimentaire, elle a aussi milité pour que les jeunes s’accaparent le goût de s’engager et d’entreprendre et qu’ils rejoignent l’agriculture car c’est un «métier générateur de sens».

La rédaction