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Nouvelles normes bio : les députés aveyronnais face aux éleveurs

De nouvelles normes bio qui font jaser. Jeudi 3 juin, le syndicat des Jeunes agriculteurs, la FDSEA12 (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de l'Aveyron) et la Chambre d'agriculture ont rencontré les députés d'Aveyron. Au centre de la rencontre : des mesures jugées «déconnectées» concernant le nouveau cahier des charges de l'Agriculture biologique (AB). Ce nouveau règlement entrera en vigueur au 1er janvier puisque déjà voté par l'Union Européenne en 2018. C'est donc à l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) de rédiger un guide de lecture sur l'application des règles.

Le président de la FDSEA 12 Laurent Saint-Affre, le membre de la mission AB de la Chambre d'agriculture David Argentier et le maire de la commune de Saint-André-de-Najac Nicolas Bosc étaient présents au GAEC des Belles Vaches, lieu de la rencontre. Éleveurs de métier avant tout, ils ont détaillé aux députés les raisons de leurs doutes concernant les nouvelles mesures AB, manquant de clarté à 6 mois de leur application. Ces dernières prévoient par exemple qu'un veau soit en extérieur dès sa naissance. «Si on met des veaux de 6 mois dehors entre octobre et avril, ce que préconise le cahier des charges, cela peut avoir des conséquences très néfastes sur leur bien-être comme des maladies. Ce n'est pas du tout pragmatique, pas du tout concret», estime Laurent Saint-Affre.

Le même raisonnement est appliqué pour l'engraissement des bovins en bâtiment, interdit en fin de période de pâture par les nouvelles mesures. «Mettre les bêtes en extérieur l'été quand il fait 35 degrés, ce n'est pas concevable. Ces mesures ne répondent à aucun besoin de bien-être des animaux. Ce n'est pas leur rendre service. Et il faut aussi ajouter que plus les conditions sont régulières et stables pour les animaux, plus la qualité de la viande n'en sera que meilleure. Et le consommateur n'en sera que plus satisfait. C'est cela que nous défendons», insiste le président de la FDSEA 12.

Troisième point clef des critiques envers les mesures, la base de données des animaux reproducteurs AB. Celle-ci est obligatoire pour tout éleveur souhaitant acheter un animal reproducteur référencé bio. «Ce choix exclut, dans la filière ovine, les centres conventionnels qui garantissent des normes sanitaires et génétiques des animaux. Chose que ne prévoit pas la base de données bio. Ce que nous souhaitons c'est que ces critères là soient inclus dans la nouvelle réglementation, nous permettant l'accès à des animaux sains et dont la production sera convenable», explique David Argentier.

Pour les trois hommes, se pose également la question de la rémunération. Interrogation parallèle aux normes AB mais tout de même étroitement liée, la loi EGAlim ne serait pas appliquée, forçant de nombreux éleveurs à vendre à perte. «On fait passer l'offre avant la demande. Il faut garder un équilibre pour garantir un revenu rémunérateur pour l'éleveur mais aussi un prix correct pour l'acheteur. Entre le moment où je m'engage en bio et le moment où je vend effectivement du lait bio, 2 à 3 ans passent. Cela crée des inerties. L'agriculture s'inscrit par nature dans un temps long alors que le marché lui est beaucoup plus réactif. Il faut bien faire attention à protéger cet équilibre», prévient Nicolas Bosc.