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16 Septembre 2021 | Actus Aveyron | Actus élevage

 Innov’action : Maîtriser les coûts de la finition en bovin viande


La Chambre d’agriculture, sous l’égide d’Innov’action, a organisé une journée d’ateliers et d’échanges. Au GAEC de l’Estivenque de Romain Chassaly et ses parents, les participants ont pu échanger autour de la maîtrise des coûts sur la finition en bovin viande.

Une belle matinée ensoleillée à Saint-Saturnin-de-Lenne. L’équipe de la Chambre d’agriculture, autour du label Innov’action, accueille à 10h une trentaine d’éleveurs. Ils sont tous venus se nourrir du savoir des techniciens présents. Et de l’exemple proposé aujourd’hui par Romain Chassaly et ses parents, associés du GAEC de l’Estivenque depuis 2013. Un élevage qui s’étend sur 300 hectares, à Saint-Saturnin et dans l’Allier. Au total, 35 vaches grasses sont vendues chaque année, la moitié en vente directe et le reste en boucherie traditionnelle. Au total, 160 vaches Aubrac, croisées avec des Piémontaises à 50%, vêlent au sein de leur ferme.
«Ce matin nous allons beaucoup parler de finition. Le but de la journée est vraiment de comprendre, grâce à quatre ateliers animés par toute l’équipe bovins viande de la Chambre d’agriculture, comment optimiser la finition. D’abord via des signes extérieurs, les bouses et les urines. Ensuite de cibler tout ce qui touche à la performance : mesurer des GMQ ou du temps de présence. Nous parlons évidemment de l’aspect économique. S’assurer que l’atelier finition soit rentable. D’aller jusqu’au bout de l’engraissement c’est très important. Par contre, il faut savoir combien cela coûte. Et si le prix est trop cher, nous trouvons des alternatives, comme le pré-engraissement à l’herbe, qui est, pour moi, fondamental», développe Frédéric Mazars, responsable de l’équipe bovins viande à la Chambre d’agriculture.

Le DAC pour une ration adaptée

Ici, les bêtes vont tour à tour chercher leur ration. Certaines mangent toutes les heures de petites portions, d’autres ingurgitent de plus grosses quantités à un rythme plus lent. Le tout, sans l’intervention de leurs propriétaires. Ou presque. «Le DAC, distributeur automatique de concentré, propose une ration adaptée à chaque vache. Je peux régler l’ensemble du dispositif. Que ce soit mettre un objectif quant à la quantité de rations dans 10 jours. La ration va augmenter petit à petit. C’est vraiment génial pour l’engraissement. Je peux régler une barrière basse et une barrière haute, pour que la quantité disponible s’adapte. Mais également définir des heures précises pour les repas», développe Romain Chassaly, une poignée de participants à ses côtés lors de l’atelier d’échange autour du DAC. Même si la philosophie de la machine est de laisser la vache venir s’alimenter à sa convenance, dans la limite de sa ration disponible, visible et réglable dans le logiciel adéquat.


Un peu plus loin, le long de la barrière et des vaches venant chercher le foin, trois autres ateliers sont proposés par l’équipe de la Chambre d’agriculture. Première interrogation : quelles informations contient la bouse de vache ? «La technique et les engins améliorent toujours plus la rentabilité. Mais pour certains aspects, le regard de l’éleveur est irremplaçable. La bouse, suivant sa consistance par exemple, informe de la qualité de digestion et d’assimilation de la nourriture. Le type de bouse dévoile si l’engraissement est idéal ou non. Ce sont autant de signes de bonnes pratiques ou au contraire, qu’il faut changer certains éléments de l’alimentation», explique devant les participants Eric Bregou, technicien bovin viande.
Sur les deux derniers ateliers, l’équipe est également à l’écoute des participants. D’une part grâce au calcul du gain moyen quotidien et à son optimisation. «La méthode s’adapte à chacun. Il n’y a pas de baguette magique. L’idée c’est : j’observe mes animaux, je regarde ce qu’ils mangent et nous essayons de voir si la marge est faite. Beaucoup de systèmes en Aveyron mettent des vaches trop maigres en engraissement, sans maîtriser, et donc ils ne margent pas», note Frédéric Mazars.

Jérémy Duprat