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24 Janvier 2022 | Actus nationales

Cap Protéines : l’autonomie alimentaire dans les élevages de ruminants

Les élevages de ruminants français produisent du lait et de la viande essentiellement avec des aliments produits sur la ferme. Il y a cependant des gains possibles pour leur autonomie en protéines. Explication chiffrée.

En France, la ration des ruminants est très majoritairement composée d’aliments produits sur l’exploitation. Les données d’Inosys-Réseau d’élevage donnent une autonomie alimentaire moyenne des systèmes herbivores à 83 %. Mais l’autonomie varie selon les systèmes d’élevage. Les ateliers viande sont en moyenne plus autonomes que les ateliers lait : 84 % d’autonomie alimentaire en bovins lait contre 89 % en bovins viande ; 77 % en ovins lait contre 83 % en ovins viande. Avec 54 % d’autonomie alimentaire, les élevages caprins sont les moins autonomes.

On retrouve cette dichotomie dans l’autonomie en protéines où les élevages français sont autonomes à 75 % en moyenne. Les bovins viande (86 % d’autonomie protéique) et les ovins viande (83 %) sont plus autonomes que les élevages laitiers : 70 % pour les bovins lait, 68 % pour les ovins lait et 47 % pour les caprins.

Si l’alimentation est essentiellement basée sur l’herbe pâturée ou conservée (65% de la ration des bovins en moyenne, avec un assez bon équilibre énergie-protéines) et de maïs ensilage (19 %, très riche en énergie mais pauvre en protéines), les fourrages ne peuvent pas toujours couvrir la totalité des besoins énergétiques et protéiques. Les éleveurs complémentent alors la ration par des aliments concentrés.

Si l’on ne regarde que les concentrés, l’autonomie protéique n’est que de l’ordre de 15 à 20 % dans les systèmes bovins laitiers et de 25 à 30 % dans les systèmes viande et de 4 % en caprins. La complémentation se fait par des matières riches en protéines, notamment de tourteaux de colza (d’origine française, européenne ou internationale) et de tourteaux de soja provenant d’Amérique du Sud et des Etats-Unis. Pourtant, il est possible d’accroître la production de protéines en élevage grâce à des prairies à base de légumineuses ou des légumineuses pures et des mélanges céréales-protéagineux. De même, on peut valoriser en élevage les tourteaux et graines d’oléoprotéagineux produits en France et en Europe en lieu et place des tourteaux de soja importés.

Damien Hardy, Institut de l’élevage

 élevage+ruminants+protéines

20 Janvier 2022 | Actus nationales

«Contractualiser pour prendre en compte nos coûts de production»

Eleveur en Saône-et-Loire et coordinateur du Berceau des races à viande, Christian Bajard invite les éleveurs à faire sans tarder une proposition de contrats à leurs acheteurs. Dans leur intérêt et comme le prévoit désormais la loi.

Pourquoi les éleveurs doivent-ils proposer un contrat à leur acheteur ?

Christian Bajard : L’enjeu est très important. Jusqu’à présent, au sein de la filière nous avons essayé beaucoup de choses pour permettre aux éleveurs d’être rémunérés au juste prix. C’est une demande incessante que nous avons porté au sein de nos sections bovines départementales, régionales, du Berceau des races à viande, de la Fédération nationale bovine. Force est de constater que souvent nous nous sommes heurtés aux mêmes réticences, et à des résultats très mitigés. Aujourd’hui, avec la contractualisation obligatoire, la situation change profondément car elle redonne la main aux éleveurs. C’est une opportunité inédite pour enrayer le déclin de la production bovine, pour donner envie et de la lisibilité aux jeunes, et surtout sortir d’une spirale de crises successives.

Comment promouvoir la contractualisation auprès des éleveurs ?

C.J. : Parce qu’avec la loi Egalim 2, la contractualisation d’une part devient obligatoire et qu’elle implique le respect des coûts de production des éleveurs, et pas n’importe lesquels, ceux de l’Idèle validé par l’interprofession établis tous les semestres. Nous avons bien conscience que cela constitue une révolution dans notre secteur, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. On ne peut pas d’un côté se plaindre que les prix sont trop bas, et de l’autre ne rien faire pour que les choses changent.

Que répondez-vous à certains qui considèrent la contractualisation comme une atteinte à leur liberté ?

C.J : La liberté est assez limitée quand on ne couvre pas ses coûts de production. On ne peut pas refuser d’aller chercher un outil qui permet d’être mieux rémunéré. Une fois le contrat proposé par l’éleveur, on entre dans un processus de négociation avec les opérateurs, qui eux-mêmes, vont devoir porter les contrats auprès des abatteurs et distributeurs. Le processus n’a rien de figé bien au contraire. Tout le monde a peur du changement, et chacun l’aime le plus souvent pour les autres. Si la responsabilité de proposer des contrats incombe à chacun, c’est collectivement que nous serons en mesure de dépasser les difficultés.

Sur le terrain, les questions sont nombreuses. A qui les éleveurs peuvent-ils s’adresser pour se faire aider ?

C.B. : Les éleveurs ne doivent pas rester seuls face à leurs interrogations. C’est pourquoi, depuis l’automne, des réunions d’information sont organisées dans la plupart des départements par le réseau syndical. Certaines chambres d’agriculture devraient proposer un accompagnement, tout comme certaines organisations de producteurs non commerciales. Aujourd’hui, la plupart des éleveurs savent qu’ils ont ce contrat à remplir et à proposer à leurs premiers acheteurs et sont donc plus réceptifs aux réunions. A terme, plus personne ne devrait pouvoir acheter de gros bovins sans un contrat. En revanche, foires et marchés, concours d’animaux de boucherie et animaux reproducteurs en sont exemptés. L’éleveur a la liberté de signer son contrat avec qui il veut. Il peut signer plusieurs contrats pour la même catégorie d’animaux avec plusieurs acheteurs.

En quoi cette nouvelle donne a-t-elle un intérêt pour tous les acteurs de la filière ?

C.J : Si on ne bouge pas, on continuera à faire le constat d’un appauvrissement du secteur de la viande bovine, avec des revenus toujours en queue de peloton, et une décapitalisation du cheptel qui pourrait être dramatique pour nos zones où il est difficile de faire autre chose que de l’élevage. De l’éleveur à l’abatteur, demeure un intérêt commun de maintenir un niveau dynamique de production.

La contractualisation va amener plus de transparence y compris au bout de la chaîne alimentaire avec la GMS…

C.J. : L’avantage de ces contrats, c’est effectivement que nous pourrons vérifier les allégations de la grande distribution en faveur d’une juste rémunération des producteurs. Les GMS surfent sur cette vague car les consommateurs y sont sensibles. A eux désormais de se donner les moyens de la respecter.

Propos recueillis par S.Chatenet

bovin+viande+contractualisation+bajard

04 Janvier 2022 | Actus nationales

Les priorités de Julien Denormandie pour 2022

Dans sa conférence de presse de rentrée le 4 janvier, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a dressé un bilan de l’année 2021 et esquissé quelques perspectives pour 2022, notamment dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne.

Résumer en quelques mots la conférence de Julien Denormandie pourrait tenir en deux (maîtres) mots pour 2022 :« souveraineté alimentaire » que celle-ci soit française ou européenne. Cette souveraineté passe en premier lieu par une juste rémunération des agriculteurs et par conséquent par « la mise en œuvre de la loi Egalim 2 qui crée de nouveaux équilibres parce qu’elle change les rapports de force (…) Je ferai en sorte qu’elle soit pleinement appliquée », a insisté le ministre qui entend que « l’inflation soit prise en charge par les industriels et la grande distribution ». Très attaché à ce que l’origine des viandes, qu’elles soient françaises ou étrangères s’affiche clairement pour informer le consommateur en restauration hors domicile (RHD- cantines, restaurants, restaurant d’entreprise…), le ministre souhaite aussi que l’année 2022 s’inscrive dans l’adaptation au changement climatique. Ainsi, le Varenne de l’eau va trouver une première application à travers la loi sur l’assurance-récolte qui, après être étudiée en Commission économique de l’Assemblée nationale le 6 janvier sera examinée par les députés dans la semaine du 10 au 14 janvier puis au Sénat le 10 février, avant un passage en Commission mixte paritaire à la mi-février. L’objectif est une application avant la fin de la mandature, a indiqué Julien Denormandie.

PSN : 12 pays manquants

Concernant la présidence française de l’Union européenne (PFUE), le ministre réunira un premier conseil agricole le 17 janvier. Il y sera notamment question d’aller « vers une Europe agricole et alimentaire plus souveraine ». Pour ce faire, il compte « combattre les distorsions de concurrence au sein de l’UE, en renforçant les conditions d’écorégimes ». Il va aussi demander au Commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, le détail des Plans stratégiques nationaux. Au 1er janvier 2022, seuls quinze pays sur les 27 avaient fait parvenir leur PSN. Le ministre a transmis le PSN français le 23 décembre et a confirmé ne pas avoir la liste des 12 manquants. Toujours sur le dossier de la souveraineté, Julien Denormandie entend faire de la réciprocité des normes « une croisade », notamment sur le volet des clauses miroirs. Il veut faire en sorte que les normes de production européenne s’imposent y compris à l’international « et qu’on ne se laisse plus dicter des normes que nous ne voulons plus », notamment sur les antibiotiques de croissance. Enfin, Julien Denormandie a indiqué qu’il organiserait un grand événement autour de la captation carbone agricole le 1er février prochain. Il ne s’est en revanche pas prononcé sur la tenue ou non du prochain salon international de l’agriculture qui doit se tenir du 26 février au 6 mars.

Une conférence aux accents présidentiels

L’élection présidentielle est dans presque trois mois et c’est avec un accent satisfait et parfois militant que le ministre de l’Agriculture a fait le bilan non seulement de son action à la tête de l’Hôtel de Villeroy depuis 18 mois. Un bilan qui met aussi au crédit du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, qu’il a convoqué à plusieurs reprises au cours de sa conférence de presse. Il a ainsi évoqué le discours de Rungis de 2017, et son allocution télévisée du 20 mars 2020 quand il évoquait la souveraineté alimentaire. Le ministre a aussi tiré un bilan très positif de l’action gouvernementale indiquant avoir déjà mis plus de 4 milliards d’euros sur la table quand le président ambitionnait un plan à 5 milliards. Interrogé sur un éventuel deuxième mandat à la tête du ministère si Emmanuel Macron devait être réélu, le ministre a botté en touche.

Grippe aviaire : 41 foyers détectés

Au 4 janvier, la France comptait 41 foyers de grippe aviaire en élevage, principalement dans le Sud-Ouest et dans les zones de concentration, a indiqué le ministre dans sa conférence de presse. Un foyer a été détecté en Vendée, a-t-il ajouté soulignant « sa grande préoccupation » vis-à-vis de ce phénomène. Il a essayé de positiver en remarquant qu’à la même époque en janvier 2021, ce sont plus de 60 foyers qui avaient été comptabilisés, ce qui représente 35 % de moins. « Les mesures de protection étaient nécessaires. Si nous ne les avions pas prises la situation que je vous décris aujourd'hui serait beaucoup plus dramatique », a-t-il estimé.

La rédaction

27 Décembre 2021 | Actus nationales

«Les Raisins de Pierre-Joseph Redouté»

La genèse du livre « Les Raisins de Pierre-Joseph Rebouté », publié aux éditions Paulsen est en soi un conte de Noël. Il y a trois ans, en faisant du rangement dans les locaux de l’Académie d’Agriculture de France, un membre de l’Académie, André Fougeroux, découvre, oubliés sous des tas de chiffons, de magnifiques dessins de raisins. Il vient de mettre la main sur un trésor. Il s’agit de 83 aquarelles sur papier vélin représentant des raisins et leur morphologie foliaire.

Leçon d’histoire. Jean-Antoine Chaptal (1756-1832), scientifique et ministre de Bonaparte sous le Consulat, décide en 1802 de créer, dans les Jardins du Luxembourg, une pépinière de tous les cépages utilisés en France à cette époque. L’objectif est de les étudier, de les classer et de choisir les meilleurs, afin d’améliorer la qualité du vignoble et d’éliminer « les mauvais vins, piquettes de soif. » 670 cépages sont ainsi plantés dans les Jardins du Luxembourg.

Chaptal va demander à Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), l’un des plus grands peintres botanistes de l’époque, « le Raphael des fleurs », « l’aquarelliste de Joséphine de Beauharnais », de représenter ces cépages. C’est ce qu’il fera avec quelques amis peintres. Ce sont ces aquarelles, véritables oeuvres d’art par la richesse de leurs détails et la justesse de leurs teintes, qui furent donc découvertes en 2018 par André Fougeroux.

Les originaux ont été mis à l’abri pour assurer leur conservation dans les meilleures conditions. Mais dans son souci de transmettre, l’Académie d’Agriculture a choisi d’en faire un ouvrage de patrimoine prestigieux, tiré à quatre mille exemplaires. « Un ouvrage qui associe l’art, l’histoire et la science » selon les mots de Constant Lecoeur, secrétaire perpétuel de l’Académie d’Agriculture. La moitié des cépages dessinés dans ce livre ont aujourd’hui disparu. Et l’on comprend mieux la richesse de la biodiversité en découvrant ces reproductions de plants de vigne, « Blanquepie », « Clairette », « Joly », « Gamet », « Gros Rouge », « Pied de Perdrix », Pineau de Bourgogne » aussi appelé « Pineau à la Demoiselle »

Des termes poétiques qui révèlent l’intérêt et la richesse des recherches agronomiques à l’époque des Lumières et la naissance d’une nouvelle science, l’ampélographie. « Un ouvrage à admirer avec passion et sans modération » selon Constant Lecoeur.

La rédaction

23 Décembre 2021 | Actus nationales

Laurent Guerreiro, nouveau président du Directoire de RAGT

Le Conseil de surveillance du Groupe RAGT a nommé, vendredi 17 décembre, Laurent Guerreiro, président du Directoire du Groupe.


Membre du Directoire depuis 2015 et directeur général de RAGT Semences depuis 2017, il succède à Claude Tabel, qui a fait valoir ses droits à la retraite et poursuivra ses actions dans la profession semencière.
Laurent Guerreiro revendique sa filiation. Il entend s’inscrire dans la droite ligne de l’action engagée par Daniel Segonds puis Claude Tabel, ses prédécesseurs.  
« Une évolution des modèles agricoles s’impose à nous. Les attentes sociétales sont fortes. RAGT continuera à apporter des solutions aux agriculteurs sur tous les territoires. Le Groupe RAGT est riche de talents et son organisation, tant au niveau de RAGT Plateau  Central que de RAGT Semences, a été pensée pour qu’il ait les moyens de son ambition», indique Laurent Guerreiro.
«RAGT est dans une dynamique positive et a les atouts pour construire son avenir», se félicite le nouveau président du Directoire.
Biologiste moléculaire de formation, Laurent Guerreiro, âgé de 48 ans, a débuté sa carrière professionnelle dans la création variétale, avant de rejoindre l’institut technique Arvalis, où, pendant 15 ans, il fut immergé dans la diversité des problématiques auxquelles se confrontent les cultivateurs en grandes cultures. Laurent Guerreiro a rejoint RAGT en 2013 en prenant la direction de RAGT 2n, la filiale recherche de RAGT Semences.

La rédaction

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