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Sécheresse : la préfète s’est rendue sur une exploitation

29 aout 2019

Sécheresse : la préfète s’est rendue sur une exploitation

La FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture ont invité la préfète de l’Aveyron, jeudi 22 août, à La Terrisse, pour l’alerter de la situation dans certaines zones du département tant pour ce qui concerne les récoltes fourragères que la pâture des animaux.

Catherine Sarlandie de la Robertie a été accueillie sur la ferme bovins lait de Serge Franc à La Terrisse, par Laurent Saint-Affre, président FDSEA, Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, Benoît Fagegaltier, vice-président et responsable régional de la FDSEA, Jean-Claude Anglars, vice-président du Conseil départemental, Pauline Cestrieres, suppléante du député Stéphane Mazars, Vincent Alazard, conseiller départemental, et des élus locaux.

«La faiblesse des précipitations depuis le début d’année, associée à des épisodes de fortes températures, a impacté les récoltes fourragères et la pâture des animaux» relèvent la FDSEA et les JA. «La situation est déjà très problématique pour bon nombre d’exploitations. Le manque d’herbe implique l’achat de fourrages supplémentaires et imprévus, ce qui n’est évidemment pas du tout bienvenu alors que les trésoreries sont extrêmement tendues du fait de la conjoncture et des charges». Le but de cette visite préfectorale était en effet de «mesurer l‘impact de ces conditions climatiques sur une ferme et envisager les mesures à engager».

De lourdes pertes

Selon l’étude de la Chambre d’agriculture, les pertes de fourrage sont jugées préoccupantes pour ce système de production à base d’herbe. «Du fait de la sécheresse, aucune seconde coupe n’a été réalisée. A ce jour, il manque également 40 à 45 jours de pâture compensés par de la distribution de fourrage. Si l’on compare la récolte de 2019 à celle d’une année normale, le différentiel s’établit à 71 tonnes, soit un taux de perte de 38 %». Pour faire face à cette situation, 36 tonnes de foin ont déjà été achetées. Une commande complémentaire de 20 tonnes est d’ores déjà envisagée pour compenser l’absence de foin de seconde coupe. Elle sera à moduler en fonction de la pâture qui sera possible à l’automne. Par ailleurs, il est à noter que, compte tenu de la sécheresse de 2018, il n’y avait aucun report de stock, sur cette exploitation bovins lait. Les achats de fourrages induits pourraient déjà représenter un coût de 13 000 €.

A ces charges supplémentaires, est venue se rajouter une baisse de la production laitière d‘environ3 000 litres en juillet et août.

Pour l’heure, les conséquences financières pourraient se situer dans une fourchette comprise entre 14 000 et 15 000 €.

Au-delà de cette situation et de celle de ce secteur, des agriculteurs de d’autres zones du département également touchées sont intervenus pour témoigner appelant là aussi à toute l’attention des pouvoirs publics.

La FDSEA et les JA n’ont enfin pas manqué de rappeler la situation dans laquelle sont plongés nombre d’agriculteurs. Ils sont en train d’évaluer les pertes de 2019 alors que les dossiers de calamité de 2018 n’ont encore induit aucun versement pour les communes reconnues en commission nationale.

En complément de cet état des lieux inquiétant, la profession agricole a reposé la question des retenues colinaires, dénonçant «la réglementation contraignante, même pour les petites réalisations» selon Jacques Molières. «Il est essentiel que tout le monde aille dans le même sens pour sécuriser les stocks de fourrage. Les agriculteurs doivent continuer à porter de type de projets».

Une attention toute particulière sera portée dans les semaines à venir sur l’évolution de la situation dans les zones du département les plus impactées à cette heure afin d’étudier la possibilité de l’engagement d’une démarche de demande de reconnaissance en calamité agricole au regard des taux de perte minimum à atteindre sur la campagne.