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11 000 chasseurs aveyronnais fin prêts

29 aout 2019

11 000 chasseurs aveyronnais fin prêts

A la veille de l’ouverture générale de la chasse programmée dimanche 8 septembre, Jean-Pierre Authier, président de la Fédération départementale des chasseurs, fait le point.

- Combien y-a-t-il de chasseurs en Aveyron aujourd’hui ?

«Nous comptons environ 11 000 permis de chasser cette année. La baisse est plus sensible suite à la réforme du permis de chasser départemental et national. Nous avons en effet perdu le permis bi-départemental. Notre Fédération est la deuxième d’Occitanie en nombre de permis de chasser, derrière l’Hérault. La moyenne d’âge est autour de 55 ans. A noter que nous comptons plus de 200 femmes et leur nombre est en hausse régulière de 10 % chaque année, en Aveyron comme en France. Il faut aussi préciser qu’une association de chasseresses existe dans notre département. Nous observons que beaucoup de femmes découvrent la chasse par le biais des concours de chiens et viennent à la chasse en suivant leur conjoint ou par la passion des chiens de chasse.

- Comme se passe cette ouverture 2019-2020 ?

Il y a du gros gibiers, cerfs, chevreuils, sangliers... Pour le petit gibier, c’est plus compliqué à évaluer, mais le lièvre est bien présent notamment. Nous sommes dans un département d’élevage et cela peut être un handicap pour ce type de population animale. Les périodes d’ensilage, les travaux des champs, sont désormais réalisés très vite. Mais des agriculteurs qui sont également chasseurs sont sensibilisés à l’usage des barres d’effarouchement permettant de limiter la mortalité.

- Votre Fédération connait d’importants changements cette année, avec la loi chasse en particulier...

C’est en effet un grand bouleversement avec l’instauration d’un permis de chasser national de 200 euros, au lieu de 400 euros. Cela entraine la disparition du fonds de péréquation destiné aux indemnités de dégâts de gibiers. Et se traduit par la perte d’environ 50 000 euros cette année pour notre Fédération. Ce permis national rencontre le succès. Nous sommes passés de 4 % à 50 % de détenteurs ! Nous perdons aussi le timbre sanglier du permis national, c’est encore 134 000 euros en moins cette année. En conséquence de quoi, cette réforme instaure la mise en place d’une taxe à l’hectare pour les unités de gestion, en lien avec les dégâts de gibiers, sur le principe pollueur-payeur. Là où il y aura moins de dégât, la taxe sera plus faible, et inversement pour les secteurs touchés par plus de dégâts. Cette taxe/ha sera ajustée chaque année selon les dégâts constatés, à la hausse ou bien à la baisse. Elle est en vigueur depuis le 1er janvier.

- Justement, quelle est la situation actuelle en Aveyron pour les dégâts de gibiers ?

Ils sont cette année en forte diminution, grâce à la forte pression de chasse sur le sanglier. Nous en avons prélevé environ 14 000 lors de la campagne 2018-2019, un chiffre stable. Des départements comme le Gers, les Landes, Les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Atlantiques ont vu globalement le nombre de dégâts de gibiers multiplié par vingt à quarante ! Et ce, sans aucune explication. Je rappelle que la chasse au sanglier avec les chiens est ouverte en Aveyron le samedi, dimanche, lundi et le mercredi. Même si les conditions sont très difficiles actuellement du fait des fortes chaleurs, il faut sans attendre faire l’effort de chasser les maïs.

- Que devient la loi chasse ?

Nous attendons les décrets d’application pour cette rentrée. Cette loi concerne le permis de chasser national, le financement des dégâts de gibiers, avec un volet sécurité renforcé avec plus de contraintes, comme le port obligatoire d’un gilet fluo, des panneaux de signalisation de battues, et des formations tous les dix ans.

- Comme se passent les relations entre chasseurs et agriculteurs ?

Elles sont en général bonnes et il est important de maintenir le dialogue, comme nous le faisons régulièrement lors de réunions de terrain, lorsqu’il y a un problème sur un secteur. Je précise ici que lorsqu’il y a des dégâts de gibiers sur les cultures, c’est toujours le chasseur qui paie et non la collectivité. Nous avons aussi beaucoup de chasseurs qui sont agriculteurs actifs ou retraités !».

D.B.