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Journée départementale Prim’Holstein : des solutions pour lutter contre la Mortellaro et les mycotox

28 novembre 2019

Journée départementale Prim’Holstein : des solutions pour lutter contre la Mortellaro et les mycotox

Une centaine de personnes ont participé jeudi 21 novembre, à la journée technique départementale organisée par l’association Prim’Holstein Aveyron, sur le thème des mycotoxines et de la Mortellaro, à Colombiès.

Thierry Domergue, président de Prim’Holstein Aveyron avait le sourire devant la belle participation à la journée organisée par son association, chaque année. «C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les éleveurs laitiers du département et même des alentours !», souligne-t-il. Preuve en est, ils étaient une centaine à Colombiès pour venir parler de deux problématiques bien connues dans les élevages : les mycotoxines et la Mortellaro.

Pour éclairer sur ces thématiques, les organisateurs emmenés par Alexandre Tayac et toujours Jean-François Alary, avaient convié des intervenants venus de Barcelone. Mélania Calle, ingénieur agronome de la société Logicomex accompagnée de Cyrille Vray et Brigitte Eclancher. «Notre intervention est totalement neutre, nous sommes venus pour véhiculer des bonnes pratiques qui répondent aux attentes en matière de sécurité alimentaire», introduit Brigitte Eclancher. Ils se sont employés à expliquer ce que sont les mycotoxines : «on en parle peu mais elles représentent de vraies problématiques dans les élevages», souligne Cyrille Vray.

«Ce sont des substances générées par des champignons, présentes dans les céréales à paille, le maïs, le soja et donc dans la ration animale», détaille Mélania Calle. «Même si elles sont en petite concentration, les effets restent importants». Bien sûr des contrôles sont réalisés à différents échelons de la filière (analyses dans le champ, à l’entrée du silo, dans le silo, à la sortie...), chez les fabricants d’aliments pour garantir une alimentation saine et exempte de risques. «Ces toxines peuvent indirectement se retrouver dans le lait et la viande produits par les animaux», avertissent les intervenants.

La présence de mycotoxines dans la ration alimentaire des animaux entraîne des conséquences importantes dans un élevage : problème de croissance des animaux, de reproduction, baisse de production de lait ou de viande, possibilité d’avortements,... Les intervenants ont présenté quelques pistes pour se prémunir des mycotoxines : la réalisation d’analyses régulières dès le champ, l’isolement d’une zone de collecte en cas de contamination pour mettre en place un traitement, assurer des bonnes pratiques de stockage (veiller à la bonne température, au taux d’humidité, au niveau de pH acide, à la présence de rongeurs, d’insectes...). «Il faut s’en prémunir à la base car dès qu’une mycotoxine est présente dans un produit, on ne peut plus l’éliminer», ont averti Melania Calle et Cyrille Vray.

Stevenn Clec’h de Synthèse Elevage en Bretagne, responsable de la partie ruminants, a partagé son expertise sur la dermatite, cause des boiteries. «80% des élevages sont touchés en Europe et aux Etats-Unis par cette problématique», a-t-il assuré. «La dermatite est une maladie complexe, un seul détail peut suffire à la provoquer et c’est une maladie très contagieuse», poursuit-il. Dans un élevage, elle trouve de nombreux réservoirs potentiels. «Le bâtiment peut être parfait mais un endroit contaminé où la vache ne reste que quelques minutes peut suffire à attraper une dermatite».

Stevenn Clec’h a donné plusieurs conseils appelant les éleveurs à la vigilance sur l’ambiance dans les bâtiments, la qualité des sols dans les parcours (extérieurs et intérieurs), l’accès au pâturage, la propreté et l’absence d’humidité dans les zones à forte fréquentation, le parage et le lavage des pattes. «On ne peut pas gérer une dermatite en ne gérant qu’un seul facteur. D’ailleurs les dermatites ne s’éradiquent pas, elles se maîtrisent», avance le spécialiste.

Enfin pour terminer les interventions, Gaël Gautier et Thomas Donaint société Haut les pattes, pédicures indépendants, ont présenté les soins et le parage, qui soulagent les animaux dans les élevages.

«C’était une journée très intéressante avec des thématiques qui touchent l’ensemble des éleveurs laitiers», a conclu Thierry Domergue. Encore une journée technique départementale réussie pour l’association Prim’Holstein Aveyron qui réfléchit déjà à de nouveaux thèmes pour l’édition 2020 !

Eva DZ