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Rencontres en campagne : défendre tous les vignobles !

27 décembre 2018

Rencontres en campagne : défendre tous les vignobles !

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, a été accueilli à la cave coopérative des vignerons du Vallon, à Valady, vendredi 21 décembre, dans le cadre des «Rencontres en campagne» FDSEA-JA, en lien avec les élections Chambre d’agriculture de janvier prochain.

Viticulteur dans l’Hérault, Jérôme Despey a succédé au poste de secrétaire général FNSEA à l’Aveyronnais Dominique Barrau, qu’il a salué à Valady, en aparté de son intervention. Elle s’est déroulée en présence de vignerons aveyronnais, de représentants agricoles FDSEA-JA et de la filière viticole départementale. Le groupe a été accueilli par Philippe Teulier, président de la Fédération des vins de l’Aveyron, et de l’AOP Marcillac, Jean-Marc Gombert, président de la cave viticole de Valady (groupe UNICOR), Patrice Falip, délégué régional FDSEA, Jean-Pierre Cabantous, vigneron et président cantonal FDSEA, les vignerons Michel Laurens (section bailleurs FDSEA) et Patrick Auréjac, Vincent Laurens, vigneron (JA), René Debons (section employeurs FDSEA), Germain Albespy (FDSEA), puis Valérie Imbert, secrétaire générale FDSEA et Laurent Saint-Affre, président FDSEA. Patrice Falip a souligné la diversité de l’agriculture aveyronnaise, mise en avant lors des différentes «rencontres en campagne» FDSEA-JA, avec un focus sur la filière viticole aveyronnaise.

Aménagement des terrasses

Jérôme Despey a rappelé qu’il défendait l’ensemble des vignobles français, et que, même en dehors des périodes électorales, «il restait un homme de terrain», se souvenant de son passage sur le secteur de Marcillac il y a environ trois ans, à propos de l’aménagement des terrasses de vignes. Philippe Teulier est revenu sur ce déplacement du président du Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer sur l’aire AOP Marcillac : «nous avions travaillé sur des soutiens accompagnant les surcoûts d’investissements nécessaires à l’aménagement des terrasses. Nos premiers dossiers sont toujours sur le bureau de FranceAgriMer». Il a aussi cité d’autres dossiers de cas particuliers aveyronnais, de soucis administratifs relatifs au cadastre de parcelles et des photos aériennes notamment.

Dysfonctionnement de l’administration

Jérôme Despey a rendu compte des difficultés rencontrées au sein de FranceAgriMer concernant «ces mesure spécifiques, face à une administration réticente pour des surfaces viticoles jugées peu importantes au niveau national, au regard du coût des moyens de contrôles mis en face. Pour moi, il est important que tous les territoires soient considérés» a t-il lancé.

Jérôme Despey insiste : «il y a danger de voir disparaitre une économie importante dans ces vignobles. Nous avons réussi a obtenir une aide à hauteur de 50 % des investissements avec une limite de plafond. Mais dans le même temps, l’UE a imposé des exigences nouvelles avec l’OMC viti-vinicole engendrant des contrôles et pénalisations. Nous sommes aujourd’hui empêtrés sur la difficulté à ne pas avoir droit à l’erreur, et d’être sanctionnés sur des règles que nous ne connaissions alors pas. Je vais me battre pour corriger cette injustice, ne pas subir le dysfonctionnement de l’administration. Nous voulons régler ce dossier lors d’une réunion programmée le 3 janvier». Jean-Marc Gombert a enchaîné sur le dossier MAE terrasses et le surcoût d’aménagement, les aides à la plantation, l’impact du gel 2017 avec le dégrèvement de la TFNB à hauteur de 80 % pour les parcelles classées en vigne sur le cadastre.

Epargne de précaution

Jérôme Despey a plaidé pour «la mise en place de différents outils, comme l’épargne de précaution permettant de mieux se prémunir contre les risques climatiques», ou le dispositif assurantiel «sur lequel nous travaillons à propos du seuil de déclenchement» a t-il précisé. «Il est question de mettre en place une référence du rendement butoir en lien avec le territoire AOP, et sa capacité à produire. Il existe aussi une aide de restructuration du vignoble de 250 euros/ha, versée lorsqu’il y a un contrat d’assurance gel afin d’inciter les producteurs à mieux se prémunir contre ces aléas climatiques».

PAC et Régions

Autre sujet, les discussions sur la future PAC. «La France doit défendre un budget fort, malgré le contexte actuel autour du Brexit, les mouvements migratoires, la Défense, etc. L’agriculture ne peut pas pâtir de ce contexte qui peut menacer le maintien du budget actuel» a prévenu Jérôme Despey. «Il faut préserver la PAC. La tentation de ramener de la nationalisation sans imposer le sens commun de l’UE peut générer moins de régulation, plus de distorsions de concurrence entre les Etats membres. Dans ce même débat, il est nécessaire de garder une OCM viti-vinicole spécifique car la tentation est grande là-aussi de mettre cette OCM avec les autres secteurs agricoles. Nous voulons conserver des soutiens forts pour la restructuration et les investissements, la promotion des vins français, en lien avec le plan filière issu des Etats généraux de l’alimentation. A la FNSEA, nous refusons que les Régions s’occupent de la totalité de la PAC. Car des sujets comme l’ICHN par exemple sont d’ordre national. Mais les Régions, comme c’est le cas en Occitanie, peuvent accompagner ce qui relève des investissements». Ce volet investissement a également été évoqué par Vincent Laurens, vigneron sur le vallon de Marcillac, représentant les JA, en lien avec les projets d’installation. Jérôme Despey juge indispensable «ce coup de pouce» régional donné aux jeunes agriculteurs en guise de complément.

D.B.