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Cornus-Millau : le préfet référent Loup sur le terrain

27 février 2020

Cornus-Millau : le préfet référent Loup sur le terrain

Jean-Paul Celet, préfet référent sur le plan national d’action sur le «loup et les activités d’élevage», accompagné de la préfète de l’Aveyron, Catherine Sarlandie de La Robertie, a été accueilli jeudi 20 février au GAEC de Caussenuéjouls à Cornus par l’ensemble de la profession agricole.

L’ancien haut fonctionnaire découvrait l’Aveyron dans le cadre de sa mission : «c’est la première fois que je visite une exploitation agricole en dehors de la zone alpine», a confié Jean-Paul Celet à la ferme ovins lait du GAEC de Caussenuéjouls, à Cornus. Cette exploitation de 530 brebis de la filière AOP Roquefort a été touchée par des attaques de loup dès mai 2016, a rappelé Nicolas Fabre, l’un des quatre associés du GAEC familial rassemblant sa mère Régine Fabre, Nadine Fabre et son fils Romain Fabre, cousin de Nicolas.

Agropastoralisme

Dans ce système de production fondé sur le pâturage, sur des terres de causse inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son agropastoralisme, dresser des clôtures de protection ou poster des chiens patou sont impossibles. Le dispositif a même été chiffré à 33 millions d’euros pour 2 400 patous et les clôtures... Le classement en zone difficilement protégeable finalement reconnu l’an dernier, avec l’autorisation du tir de défense simple, est la seule parade proposée aux éleveurs qui réclament tous, et unanimement, le «zéro attaque».

Le GAEC de Caussenuéjouls a connu «trois années de cauchemar», selon Nicolas Fabre. «Un loup au milieu de 520 ha de SAU, dont près de 400 ha de parcours, ça complique notre travail», lâche l’éleveur. «Sans compter les soucis de production. Nous avons eu 40 brebis improductives en 2016, puis 130 l’année suivante, pour un cheptel de 530 Lacaune. C’est un manque à gagner important, car nous n’avons pas pu produire le volume contractualisé avec Roquefort-Société. La perte économique est significative. Nous avons peur pour l’avenir. Nous voulons que le loup vive loin de nous !».

Des élus locaux et départementaux ont relayé une nouvelle fois le désarroi des éleveurs, comme le maire de Cornus, Christophe Laborie, ou bien celui de Saint-Affrique, Alain Fauconnier, par ailleurs président du Parc naturel régional des Grands Causses. Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Département, a lui aussi témoigné sa solidarité pour les éleveurs et la filière.

Poids économique

La préfète Catherine Sarlandie de La Robertie, a mis en avant «le bien-être animal» malmené par les blessures, les souffrances d’agneaux dont il manque une partie de la cuisse, celles de brebis «perdant leurs viscères», comme l’a exprimé Nicolas Fabre. Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA Aveyron, a indiqué que «le loup n’avait peur de rien, qu’il était parfois aux portes des bergeries, et que la sécurité publique était ainsi remise en cause. La brigade loup est venue quatre fois en Aveyron, sans résultat. Mais cette présence est rassurante pour les éleveurs, et peut leur apporter de bonnes idées».

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a rappelé le poids économique de la filière ovins lait sur ce secteur, «les 400 exploitations agricoles en zone AOP Roquefort, où un agriculteur génère quatre emplois !». Jean-Paul Celet s’est montré à l’écoute de tous lors de la visite du GAEC de Caussenuéjouls, en attendant la réunion du comité Loup programmée l’après-midi à Millau. Cette rencontre à Cornus s’est déroulée en présence de représentants de la DDT, de l’Office français de la biodiversité et de lieutenants de louveteries, auxiliaires de l’État nommés par le préfet.

D.B.